Chapitre 71AlexanderLivia a pris l'habitude de sortir chaque matin, de parcourir la lande et les falaises, de s'aventurer dans les parties sauvages du domaine que je n'avais pas visitées depuis des années, et je l'observe parfois de la fenêtre de la bibliothèque, silhouette solitaire qui marche dans le vent, cheveux bruns dénoués, cape de laine claquant derrière elle comme un étendard. Elle est libre maintenant, je lui ai donné sa liberté, et elle en use avec une joie qui me serre le cœur, une joie simple et pure qui illumine son visage quand elle rentre au château, les joues rougies par le vent, les yeux brillants, les mains pleines de fleurs sauvages ou de coquillages ramassés sur la plage en contrebas.Et puis un matin, je me décide, je passe mon manteau, j'enfile mes bottes, et je la suis dans le parc, puis sur la lande, sans me cacher cette fois, sans l'épier comme un voleur, mais en marchant à ses côtés comme un compagnon, comme un époux. Elle me voit arriver, elle se tourne v
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