Chapitre 58 Alexander Je tombe à genoux. Mes jambes se dérobent sous moi, mes muscles cèdent, mes os ne me portent plus, et je m'effondre sur le sol de pierre froide comme un homme qui vient de recevoir la grâce après avoir passé dix ans dans le couloir de la mort, comme un condamné qui voit s'ouvrir les portes de sa cellule au moment où il avait perdu tout espoir. Elle est là, devant moi, vivante, réelle, palpable, à quelques pas de moi, assise dans ce fauteuil usé près du feu qui lutte contre le froid, et je ne peux pas détacher mon regard de son visage, de ce visage que j'ai cru perdu à jamais, de ce visage que j'ai pleuré pendant dix ans, de ce visage qui est celui de ma sœur, de mon sang, de la seule famille qui me reste au monde. La lumière de la bougie vacille sur ses traits, elle caresse les cicatrices qui marqu
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