LOGINChapitre 69
Alexander
Le temps a passé, les jours se sont écoulés comme l'eau d'une rivière qui reprend son cours après un long hiver, et je contemple le château qui s'éveille autour de moi avec un sentiment d'étrangeté mêlé de soulagement. Thornfield n'est plus la forteresse de ténèbres que j'avais bâtie sur les cendres de ma vengeance, il est devenu autre
Chapitre 75AlexanderLa voix de Livia s'est tue, le poème s'est achevé, et le silence est retombé sur la bibliothèque comme un manteau de velours, chaud et apaisant. Le feu crépite doucement dans la cheminée, les flammes dansent dans l'âtre en projetant des lueurs dorées sur les murs tapissés de livres, et je sens une fatigue immense s'abattre sur moi, une fatigue qui n'a rien de la lourdeur épuisante des nuits sans sommeil, mais qui ressemble à une langueur paisible, à un abandon confiant, à une reddition consentie. Mes paupières sont lourdes, mes membres sont engourdis, et je me laisse glisser sur le canapé de cuir qui fait face à la cheminée, sans résister, sans lutter, sans craindre ce qui m'attend de l'autre côté du sommeil.Livia est toujours près de moi, je sens sa pr&ea
Chapitre 74LiviaLa nuit est tombée sur Thornfield, une nuit fraîche et claire où les étoiles percent enfin le manteau de nuages qui recouvre la lande depuis des semaines, et je suis assise devant la cheminée de la bibliothèque, dans le grand fauteuil de cuir qu'Alexander a fait rapprocher du feu, le recueil de poésie d'Elara ouvert sur mes genoux. Les flammes dansent dans l'âtre, elles projettent des lueurs dorées sur les murs tapissés de livres, elles font briller les reliures de cuir et les titres gravés en lettres d'or, elles caressent les visages des ancêtres peints sur les murs comme des bénédictions silencieuses, et l'air est chargé de l'odeur du bois qui brûle, de la cire d'abeille et du papier ancien, cette odeur que j'ai appris à aimer et qui est devenue l'odeur de ma maison. Alexander est assis en face de moi, dans s
Chapitre 73AlexanderLa nuit est tombée sur Thornfield, une nuit calme et silencieuse où le vent s'est tu et où la mer ne gronde plus qu'en sourdine au pied de la falaise, et je suis allongé dans mon lit, les yeux fermés, le corps lourd de fatigue mais l'esprit étrangement paisible. Livia est restée avec moi dans la bibliothèque jusqu'à ce que les bougies achèvent de se consumer, elle m'a écouté raconter mes cauchemars, elle a tenu mes mains dans les siennes, elle a posé son front contre le mien, et quand elle s'est retirée dans sa chambre, elle m'a laissé avec une sensation nouvelle, une sensation que je n'avais pas ressentie depuis des années, une sensation de paix, de sécurité, de confiance.Je me suis couché sans appréhension, sans ce sentiment de terreur sourde qui m'étr
Chapitre 72LiviaLe soir est tombé sur Thornfield, un soir doux et clair où le vent s'est calmé et où la mer ne gronde plus qu'en sourdine, comme une bête repue qui s'endort au pied de la falaise, et je suis assise près de la cheminée dans la bibliothèque, le recueil de poésie d'Elara ouvert sur mes genoux, les yeux perdus dans les flammes qui dansent dans l'âtre. Alexander est assis en face de moi, dans le fauteuil de cuir usé qu'il a rapproché du feu, et le silence qui nous enveloppe est un silence chaud et apaisé, un silence de fin de journée, un silence de confiance partagée. Eleanor est déjà montée se coucher, elle a embrassé son frère sur le front et m'a serré la main avant de se retirer, et nous sommes seuls, tous les deux, dans la pénombre dorée de la bibliothèque.
Chapitre 71AlexanderLivia a pris l'habitude de sortir chaque matin, de parcourir la lande et les falaises, de s'aventurer dans les parties sauvages du domaine que je n'avais pas visitées depuis des années, et je l'observe parfois de la fenêtre de la bibliothèque, silhouette solitaire qui marche dans le vent, cheveux bruns dénoués, cape de laine claquant derrière elle comme un étendard. Elle est libre maintenant, je lui ai donné sa liberté, et elle en use avec une joie qui me serre le cœur, une joie simple et pure qui illumine son visage quand elle rentre au château, les joues rougies par le vent, les yeux brillants, les mains pleines de fleurs sauvages ou de coquillages ramassés sur la plage en contrebas.Et puis un matin, je me décide, je passe mon manteau, j'enfile mes bottes, et je la suis dans le parc, puis sur la lande, sans me cacher cette fois, sans l'épier comme un voleur, mais en marchant à ses côtés comme un compagnon, comme un époux. Elle me voit arriver, elle se tourne v
Chapitre 70LiviaLe document signé par Alexander est posé sur la coiffeuse de ma chambre, je l'ai relu cent fois avant de m'endormir hier soir, et ce matin, pour la première fois depuis mon arrivée à Thornfield, je franchis les portes du château sans escorte, sans Gideon qui me suit comme une ombre, sans personne pour me dire où je peux aller et ce que je peux faire. L'air du dehors est vif et piquant, chargé d'une odeur de sel et de bruyère, et je le respire à pleins poumons comme un noyé qui refait surface après avoir passé trop longtemps sous l'eau. Le ciel est gris, comme toujours, d'un gris d'argent et de perle qui donne à la lande des reflets changeants, et le vent du nord fouette mes joues, fait voler mes cheveux dénoués, s'engouffre sous ma cape de laine et me donne l'impression de voler.Je marche dans
Chapitre 7AlexanderLa question de Livia flotte dans l'air glacé de la chambre, et je la vois, cette femme qui me défie du regard malgré la terreur qui fait trembler ses mains, malgré la pâleur de ses joues, malgré les cernes violettes qui soulignent ses yeux verts et trahissent une nuit de larmes
Chapitre 6LiviaLe nom claque dans l'air glacé de la chambre comme un coup de fouet, et tout mon être se fige, se cristallise, se transforme en une statue de sel et d'effroi. Blackthorn. Ashford. Les deux noms sont une seule et même malédiction dans la bouche de cet homme, et je les reconnais avec
Chapitre 5AlexanderL'aube est grise, une aube sans soleil, sans éclat, une simple dilution de l'obscurité en un jour pâle et maladif qui semble hésiter à se lever tout à fait. Je n'ai pas dormi, je n'ai même pas essayé, et mon corps tout entier est tendu comme la corde d'un arc juste avant la déc
Chapitre 4LiviaJe me réveille dans une chambre inconnue.L'odeur est la première chose qui me frappe. Une odeur de pierre humide, de cendre froide, de métal rouilli et de renfermé. Mes narines se pincent. Ma gorge se serre. J'ouvre les yeux lentement, avec peine, comme si mes paupières étaient en







