Chapitre 31AdrianJe l'entraîne loin du café, loin de Matteo Lamberti et de son sourire de prédateur, loin des regards curieux des passants qui se retournent sur notre passage. Ma main serre son bras plus fort que je ne le voudrais, et je sens sa résistance, sa colère, sa confusion. Elle ne comprend pas ce qui m'a pris, elle ne comprend pas que j'aie surgi de nulle part pour la soustraire à cet homme comme un voleur arrache un bijou des mains d'un rival. Elle ne comprend pas, et c'est tant mieux. Si elle comprenait, si elle savait la vérité, elle voudrait rester, elle voudrait se battre, et ce combat la tuerait.— Lâchez-moi, Adrian ! dit-elle en se débattant. Vous me faites mal !Je la lâche aussitôt, comme si sa peau m'avait brûlé. Nous sommes dans une ruelle déserte, à l'écart du boulevard, et le silence qui nous entoure est oppressant, chargé de tout ce que nous n'avons pas pu nous dire depuis des jours. Elle se frotte le bras, les yeux emplis de larmes de rage, et elle me regard
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