Raphaël me conduit à la salle de bains, fait couler l'eau chaude, me tend une serviette propre. Il ne me quitte pas des yeux, comme s'il craignait que je ne m'effondre d'un instant à l'autre. Je prends une douche, longue, interminable. L'eau brûlante coule sur mon crâne, sur mes épaules, sur mon dos, et j'ai l'impression qu'elle lave non seulement la crasse des trois derniers jours, mais aussi quelque chose de plus profond. Une couche de honte, de peur, de dégoût de moi-même. Quand je sors de la douche, propre, réchauffé, enveloppé dans un peignoir blanc, je me sens différent. Plus léger. Plus vulnérable aussi, mais d'une vulnérabilité qui n'est pas honteuse. Une vulnérabilité acceptée, embrassée. Raphaël m'attend dans la chambre bleue. Il a posé un plateau-repas sur la table de chevet, une soupe de légumes, du pain frais, du fromage. Et il est assis dans le fauteuil près de la fenêtre. Il ne dit rien. Il attend. Il respecte mon silence, mon rythme, ma douleur.
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