Chapitre 42 Nyora Maman est partie depuis une heure, peut-être plus, je ne sais pas exactement, je n'arrive pas à lire l'heure sur la grande horloge du salon parce que les aiguilles sont trop hautes et que la pénombre les rend floues, mais je sais qu'elle est partie depuis longtemps, trop longtemps, et que chaque minute qui passe est une torture, une brûlure, un supplice. Je tourne en rond dans le salon comme une lionne en cage, je fais crisser le parquet sous mes pas, je soulève de minuscules nuages de poussière qui dansent dans le clair de lune, et Marguerite me dit de me calmer, de m'asseoir, de boire un verre de lait chaud et de manger un biscuit, mais je ne veux pas de lait chaud, je ne veux pas de biscuit, je ne veux qu'une seule chose, une seule chose au monde, et c'est d'être là-bas, avec maman, de voir ce qui se passe, de voir notre père, de savoir ce q
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