Chapitre 65ElaraLe sang d'Adrian est partout, sur mes mains, sur mes vêtements, sur le marbre de la salle, et je ne peux pas le quitter des yeux, je ne peux pas cesser de le toucher, de lui parler, de lui répéter que tout va bien, même si rien ne va bien, même si le monde est en train de s'écrouler autour de moi. Mes mains sont crispées sur sa blessure, j'essaie de contenir l'hémorragie avec un morceau de tissu que quelqu'un m'a tendu, une veste, une écharpe, je ne sais plus, et je sens le sang qui coule entre mes doigts, chaud et poisseux, qui s'infiltre sous mes ongles, qui tache ma peau, qui imprègne mes vêtements. Il est pâle, si pâle, et ses yeux se ferment, se rouvrent, se ferment à nouveau, comme s'il luttait de toutes ses forces pour ne pas sombrer dans l'inconscience. Je lui parle, je ne sais même pas ce que je dis, des mots sans suite, des supplications, des promesses, des mots d'amour que je n'avais jamais osé prononcer à voix haute et qui jaillissent maintenant comme une
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