Althéa Le délire est un océan sans rivages. Je flotte dans ses eaux troubles, ballottée par des vagues de feu et de glace, incapable de distinguer le rêve de la réalité. Les visages tournent autour de moi, se déforment, se dissipent. Celui de ma mère, surtout. Elle est là, debout au pied du lit, vêtue de sa robe bleue à fleurs, celle qu'elle portait le dimanche pour aller au marché. Elle me sourit, me tend les bras. J'essaie de l'atteindre, mais mes membres sont de plomb, ma bouche est pleine de coton. — Maman, dis-je, ou crois-je dire. Maman, reste. Ne pars pas. Elle ne répond pas. Elle continue de sourire, puis s'efface lentement, absorbée par les ombres. Un autre visage apparaît, se superpose au sien. Un visage aux yeux noirs, à la mâchoire dure, aux cheveux en désordre. Aris. Il est penché sur moi, un linge humide à la main, un pli d'inquiétude entre les sourcils. Je le vois, je ne le vois pas,
Dernière mise à jour : 2026-07-01 Read More