AlthéaJe ne comprends pas tout de suite. La voix est nouvelle, plus calme, presque douce. Ce calme est pire que la brutalité des autres. Il contient une menace plus profonde, une assurance qui me glace jusqu'aux os. Mais je ne m'agenouille pas. Je reste debout, les jambes écartées pour ne pas tomber, le menton relevé malgré le sac qui m'aveugle.Une main arrache le sac de ma tête. Un autre que celui qui a parlé, un subalterne, un exécutant. La lumière m'agresse, crue, blanche, impitoyable. Je cligne des yeux, éblouie, les paupières douloureuses, mais je ne les ferme pas. Les larmes tracent des sillons dans la poussière qui macule mes joues. Je distingue des formes floues, une silhouette devant moi, d'autres sur les côtés.— Regarde-moi.Je lève la tête. Mes yeux s'habituent, accommodent lentement. Et je le vois.Il est assis derrière un bureau métallique, dans un fauteuil qui ressemble à un trône de pacotille. La cinquantaine, le visage buriné, les cheveux grisonnants coupés ras. Un
Dernière mise à jour : 2026-06-18 Read More