Tatiana C'est la cinquième nuit dans la datcha. Dehors, une tempête de neige s'est levée, la première du printemps, une tempête tardive et violente qui hurle dans les branches et secoue les murs de rondins. Le vent s'engouffre par les interstices, la cheminée tire mal, et des rafales de fumée envahissent parfois la pièce. Léonid a calfeutré la porte avec des chiffons et de la mousse, et il a passé la soirée à alimenter le feu, entassant bûche sur bûche pour maintenir une chaleur suffisante. Mais malgré le feu, il fait froid. Un froid mordant, insidieux, qui s'infiltre sous les couvertures, qui glace les pieds et le bout du nez, qui transforme notre souffle en buée. Je suis recroquevillée dans le lit, sous trois épaisseurs de peaux de mouton, et je grelotte malgré tout. Lui, il est allongé sur le sol, près de la porte, comme chaque nuit, son manteau sur les épaules, son arme à portée de main. — Léonid, je murmure dans le no
Huling Na-update : 2026-07-15 Magbasa pa