Kael hoche la tête. Il ne demande pas pourquoi. Il ne demande pas ce que cela coûte. Il prend sa veste, son couteau, sa cape.— Ma dame.— Kael.— Il ne lui arrivera rien.— Je le sais. Parce que tu seras là.Il incline la tête, une fois, puis il sort. Je reste seule dans la chambre minuscule, éclairée par une chandelle de suif. L'odeur de pierre, d'huile, de cuir. La pluie revient doucement contre la vitre. Je ferme les yeux.Ryven croit qu'il peut m'écarter, m'isoler, me retirer ce qui m'est cher. Mais il ne sait pas que plus il me prend, plus je me renforce. Il ne sait pas que chaque enfant qu'il m'enlève, chaque main qu'il serre trop fort, chaque ordre qu'il signe sans me consulter, devient une brique de plus dans le mur qui, un jour, l'écrasera.J'ouvre les yeux. Je souffle la chandelle. Je remonte dans mes appartements.Ce soir, je ne dors pas.J'attends l'aube.Et quand l'aube vient, grise, froide, chargée de brume, je me tiens à la fenêtre de ma chambre, immobile, et je regard
Last Updated : 2026-08-23 Read more