La porte se referme.Je reste assise au bord du lit, les mains sur mes genoux, le regard fixe sur le plateau. Je ne touche pas au pain. Je ne touche pas au miel. Je prends la tisane, à deux mains, parce que mes doigts tremblent encore, et je bois. Gorgée par gorgée. La chaleur descend en moi, me réchauffe de l'intérieur, me rappelle que j'ai encore des entrailles, que je suis encore faite de chair et de sang, que je ne suis pas encore complètement devenue le fantôme qu'ils décrivent.Elle va tout détruire.Je repose la tasse. Je me lève. Lentement. J'ai mal partout. Mes muscles sont des cordes raides qu'il faut détendre un à un. Je marche jusqu'à la fenêtre. J'ouvre les stores.La cour s'étend en dessous. Déjà animée. Le matin d'une meute, c'est un orchestre qui s'accorde. Des pas, des voix, le bruit du bois qu'on fend, l'odeur du feu qu'on ranime, les aboiements lointains des patrouilleurs en forme de loup dans la brume du sous-bois. Tout ce ballet que je connaissais, que je dirigeai
Last Updated : 2026-07-23 Read more