Il avait attendu que Gabriel fût parti, qu’Élise fût montée se coucher, que Catherine eût éteint les lumières du salon. Puis il était monté dans son bureau, avait fermé la porte à clé, et il était resté debout devant la fenêtre, à regarder la nuit.Le parc était silencieux. Les tilleuls dessinaient des ombres mouvantes sur la pelouse, agitées par un vent léger. Au loin, les lumières du village clignotaient, petites et fragiles, comme des bougies dans le noir. Armand repensa au visage de Gabriel, à sa poignée de main franche, à sa façon de le regarder droit dans les yeux sans jamais se dérober. Il repensa à ses mots, à sa voix calme, à cette simplicité qui n’était pas feinte mais profondément, essentiellement vraie.Ce garçon ne ressemblait pas à Étienne Moreau. Il n’en avait ni la nervosité, ni l’amertume, ni la colère rentrée. Il avait quelque chose de plus paisible, de plus solide, comme un arbre qui a poussé à l’abri du vent. Mais il avait ses yeux. Ces yeux gris, profonds, qui sem
Última actualización : 2026-07-16 Leer más