Le dîner commença. Hélène servit le bœuf bourguignon, parla de la pluie et du beau temps, du jardin, des tomates cerises qui donnaient plus que d’habitude. Gabriel raconta une anecdote du garage, un client qui avait confondu le liquide de frein et le lave-glace, et qui avait failli causer un accident. Élise rit, posa des questions, se montra charmante et intéressée.— Gabriel m’a dit que vous aimiez Proust, dit Hélène en servant une seconde tournée. Moi aussi, je l’ai lu, étant jeune. Enfin, j’ai essayé. Je n’ai jamais dépassé la première partie. Trop de phrases, trop de souvenirs, trop de tout.— C’est vrai qu’il faut s’accrocher, répondit Élise en riant. Mais une fois qu’on entre dans son rythme, c’est comme une musique. On se laisse porter.— Une musique. C’est joliment dit. Gabriel, tu entends ça ? Une musique. Tu devrais lire Proust.— Je lis des manuels de mécanique, dit Gabriel. C’est plus court, et il y a des schémas.Le rire d’Élise fusa, clair et joyeux, et Hélène se surprit
آخر تحديث : 2026-07-16 اقرأ المزيد