Il ne buvait plus, ou presque. L’alcool lui avait été interdit par les médecins, après son hospitalisation forcée. Son foie, son estomac, son cœur – tout son corps portait les stigmates de ces années d’excès et de dépression. Il vivait au ralenti, comme un automate, accomplissant machinalement les gestes du quotidien sans y penser, sans y croire. Se lever, se laver, manger un morceau de pain rassis, boire un verre d’eau. Attendre que le jour passe, puis la nuit, puis le jour suivant. Survivre, sans plus savoir pourquoi.La seule chose qui le rattachait encore au monde, c’était le journal. Chaque matin, il descendait jusqu’au kiosque du quartier, achetait le quotidien le moins cher, et remontait dans sa chambre pour le lire. Pas les nouvelles politiques, pas les faits divers, pas les cours de la bourse. Une seule rubrique l’intéressait : la chronique mondaine. Celle qui racontait la vie des gens heureux, des gens qui avaient réussi, des gens qui s’aimaient.Ce matin-là, comme tous les
最終更新日 : 2026-09-03 続きを読む