Le taxi-moto le déposa au coin de la rue.Michaël descendit, paya le conducteur, resta un instant immobile sur le trottoir défoncé. Devant lui, la rue s’étirait, bordée de boutiques aux rideaux de fer baissés, d’ateliers silencieux, de maisons basses aux façades crépies. Rien n’avait changé. Tout était exactement comme dans son souvenir. Les mêmes odeurs de friture et de poussière, les mêmes bruits de motos au loin, les mêmes enfants qui jouaient pieds nus dans le caniveau.Il fit quelques pas, s’arrêta au coin de la ruelle qui menait à la cour. Le portail métallique était là, à vingt mètres, gris et rouillé, avec sa peinture écaillée et ses gonds qui grinçaient. Le même portail qu’il avait franchi des centaines de fois. Le même portail par lequel il s’était enfui, une nuit, le corps brisé, le cœur en miettes.Son cœur battait à tout rompre. Ses mains étaient moites, ses jambes flageolantes. Il avait l’impression d’être un condamné qu’on mène à l’échafaud, et dont chaque pas rapproche
Última actualización : 2026-09-29 Leer más