Hermine continua de sortir.Elle ne se cachait plus vraiment. Elle prétextait encore des courses, du travail, des rendez-vous, mais ses excuses sonnaient faux, de plus en plus faux. Elle partait le matin, rentrait le soir, parfois tard, très tard. Elle ne rapportait plus d’argent, ou si peu. Elle ne parlait plus de la patronne, du marché, des inventaires. Elle parlait de moins en moins, tout court.Michaël le savait. Il savait qu’elle retournait voir Koffi, ou un autre, ou les deux. Il le voyait à ses yeux brillants quand elle rentrait, à sa peau qui sentait le savon – elle se lavait avant de revenir, il l’avait remarqué —, à cette façon qu’elle avait de fredonner des chansons qu’il ne connaissait pas. Il le voyait à tout cela, et il ne disait rien.Il ne disait rien parce qu’il n’avait plus la force de se battre. Plus la force de l’accuser, de la confronter, de la supplier. Les mots s’étaient usés, les larmes s’étaient taries, la colère s’était éteinte. Il ne restait plus que le sile
Última actualización : 2026-09-21 Leer más