Isadora C'est dimanche soir, vingt et une heures passées. La première semaine est close, je suis lessivée, heureuse, vidée, ces trois mots ensemble n'ont jamais existé dans ma vie, je les écris ici pour qu'ils existent, et je descends à la boutique chercher la tisane qu'Étienne me prépare le soir, mélisse et aubépine, le rituel de la maison. La boutique est éteinte. La porte de l'arrière-boutique est entrouverte, trois doigts, peut-être quatre, et une voix en sort. La voix d'Alexandre. Je m'arrête. Je m'adosse au mur du passage, dans l'ombre, entre l'étagère des bocaux et la portière, et j'écoute. Je devrais préciser une chose, pour être honnête avec moi-même, je l'ai écrite une fois déjà, dans un autre couloir, devant une autre porte, et elle reste vraie : au début, je m'arrêtais par peur. Puis je me suis arrêtée par métier. Ce soir, je m'arrête par amour, parce que c'est mon cousin derrière cette porte, et que j'aime mon
Last Updated : 2026-09-26 Read more