Le cou. Les mains. Je les tourne devant la glace, paumes vers moi : la main gauche a gardé, sur le poignet, une auréole plus pâle, à peine visible, là où les doigts de l'homme de la rivière se sont refermés, non, ce n'est pas une marque, c'est probablement une idée, mais je la note quand même, parce que les idées aussi laissent des traces quand elles sont tenues assez fort. Et les cheveux. Voilà. Nous y sommes. Les cheveux. Je les défais, ils étaient remontés, comme toujours, à la va-vite, à la convalescente, et ils tombent, et c'est pire que tout le reste. Ils sont longs, abîmés par l'eau de la rivière que je n'ai jamais vraiment lavée qu'à la hâte, ternes, fourchus, et surtout, surtout, ils sont coiffés comme elle me les coiffait. Pas coiffés par elle : coiffés dans son style. Douze ans de coiffeuses de la maison, douze ans de leçons, douze ans de Bérénice qui ajustait mon épaulette, mes cheveux portent la signature Vane
Last Updated : 2026-09-22 Read more