Je ne veux pas voir la fin. Je la vois quand même. Les photos de bain et de douche s'enchaînent, puis la musique fait une pause , une mesure de silence, une seule, le monteur est vraiment doué, je le déteste et l'écran se remplit d'une dernière image : Margaux. Margaux en émeraude, Margaux sur l'escalier du domaine, Margaux souriante, droite, nette, éclairée comme une madone, et au-dessus d'elle, en lettres discrètes, presque timides : La maison se transmet. — C'est beau, non ? dit Margaux. Le vert rend bien, tu trouves ? Et là, je fais une chose que je ne me pardonne pas encore : je ris. Pas un grand rire. Un rire nerveux, bref, échappé, le rire qu'on a quand on a vu quelque chose d'atroce et de parfaitement exécuté, le rire du mécanicien devant le piège bien réglé. Margaux rit plus fort, ravie, et elle rembobine pour me remontrer la transition, et je ris encore, et il y a dans ce rire quelque chose que je n'ai pas envie
Last Updated : 2026-09-07 Read more