Samedi, 13 septembre Camille Il joue du piano. Ce n'est pas nouveau, il joue tous les matins, à l'aube, depuis que l'accordeur est passé, et moi, je me suis habituée à ce réveil-là, le plus doux des réveils, celui qui monte du salon comme une lumière. Mais ce matin, quelque chose est différent. La mélodie, d'abord : ce n'est pas la mélodie mélancolique des débuts, celle qui parlait de solitude et de porcelaine fêlée. C'est autre chose. Quelque chose de plus lent, de plus calme, de plus posé, une chose qui ressemble à ce qu'on joue quand on a trouvé ce qu'on cherchait. Je me lève. Je descends, pieds nus, en silence, et je m'arrête sur le seuil du salon, dans l'embrasure de la porte, comme cette première fois, comme le vingt-cinq juin, quand je l'ai surpris jouant pour personne. Il est là, assis au piano, en chemise, les manches retroussées, les yeux fermés, et il joue cette mélodie neuve, et je reste
Last Updated : 2026-10-05 Read more