Masuk"MARIÉE PAR ERREUR AU FRÈRE DE MON FIANCÉ" Camille Bernard, fleuriste maladroite et romantique, s'apprête à épouser l'homme de ses rêves, Lucas Reinhardt. Cependant, une série d'événements malencontreux la conduit à épouser par erreur son frère jumeau, Adam, un milliardaire froid et sarcastique. Piégée dans un contrat de mariage de six mois pour sauver les apparences, Camille découvre que vivre avec Adam est de véritables montagnes russes émotionnelles et physiques. Ce qui avait commencé comme une erreur se transforme bientôt en une histoire d'amour passionnée où Camille apprend que les meilleurs chemins sont souvent ceux que l'on n'a jamais planifiés.
Lihat lebih banyakCamille
La robe est là, suspendue au crochet de la porte de ma chambre comme une promesse. Blanche, immaculée, parfaite. Je devrais être en train de pleurer de joie, ou de sauter partout, ou de faire n'importe quoi d'autre que rester figée sur le seuil, les bras ballants, à la regarder comme si elle allait soudainement se mettre à me parler. Mais voilà, c'est exactement ce qui se passe. Je la regarde, et elle me semble soudainement étrangère, comme si elle appartenait à une autre femme, une femme qui saurait marcher avec des talons sans trébucher, qui n'aurait jamais renversé de café sur un client important, qui n'aurait jamais confondu une commande de pivoines avec une commande de chrysanthèmes pour un enterrement. — Camille Bernard, tu vas te marier demain. Ma propre voix sonne faux dans la pièce trop calme de mon petit appartement. Je répète la phrase une deuxième fois, puis une troisième, espérant que la réalité finisse par s'infiltrer dans mon crâne. Demain, je serai madame Lucas Reinhardt. Demain, je dirai oui à l'homme que j'aime depuis trois ans. Demain, tout sera officiel, signé, scellé, irréversible. Alors pourquoi est-ce que je ressens cette boule étrange au creux de l'estomac, comme un pressentiment que je refuse d'écouter ? Je secoue la tête pour chasser ces pensées absurdes. C'est le stress, rien d'autre. Toutes les mariées stressent la veille de leur mariage. C'est normal. C'est même écrit dans tous les manuels de la future épouse, s'il existe un tel manuel. Je devrais peut-être en acheter un, tiens, il m'aurait peut-être expliqué comment gérer cette sensation de vertige qui ne me quitte plus depuis ce matin. La sonnerie de mon téléphone me fait sursauter, et je manque de renverser le vase de tulipes posé sur la commode. Mes doigts tremblent quand je décroche, et la voix de Chloé éclate dans mon oreille comme une fanfare. — Alors ? Tu es prête ? Tu as pensé à tout ? Le traiteur ? Les fleurs ? La musique ? Le plan de table ? Est-ce que tu as pensé au plan de table ? Parce que si tu ne l'as pas fait, je peux encore appeler le traiteur pour décaler l'heure du dîner, ou alors on peut mettre la tante Gertrude à côté de l'oncle Marcel, mais bon, tu sais qu'ils se détestent depuis l'histoire du chien, alors peut-être que ce n'est pas une bonne idée, mais d'un autre côté, si on les sépare, ils vont bouder dans leur coin, et ta mère va encore dire que l'organisation laisse à désirer, et... — Chloé. — Oui ? — Respire. Un silence. Puis un long soupir à l'autre bout du fil. J'imagine ma meilleure amie en train de s'affaler sur son canapé, ses cheveux roux éparpillés sur les coussins, son téléphone coincé entre l'oreille et l'épaule, une liste interminable de choses à faire posée sur les genoux. — Je respire, je respire. Mais quand même, Camille, c'est demain. Demain. Tu te rends compte ? Demain, tu seras mariée. Mariée. Toi. La fille qui a réussi à faire mourir une plante grasse. Une plante grasse, Camille. C'est censé être indestructible. — Merci de me rappeler mes exploits. — C'est un exploit, oui. Et c'est pour ça que je suis si fière de toi. Tu as réussi à garder Lucas en vie pendant trois ans. C'est un miracle. Je ris, et le son me surprend. Il est plus léger que je ne l'aurais cru possible ce soir. Chloé a ce pouvoir-là, celui de transformer les moments les plus angoissants en souvenirs drôles, de désamorcer les bombes émotionnelles avec une simple plaisanterie. — Tu es seule ? demande-t-elle soudainement, sa voix devenant plus douce. — Oui. Lucas est parti chez ses parents pour la soirée. Il voulait passer du temps avec son frère avant le grand jour. Enfin, c'est ce qu'il a dit. — Tu ne le crois pas ? Je m'assois sur le bord du lit, la robe blanche dans mon champ de vision. Elle est magnifique, vraiment. Une création sur mesure que Lucas a insisté pour m'offrir, malgré mes protestations. Je n'ai jamais été à l'aise avec l'argent, surtout pas avec celui des autres, et encore moins avec celui de la famille Reinhardt. Mais Lucas avait ce regard suppliant, ce sourire charmeur auquel je ne sais pas dire non, et j'ai fini par céder. — Je ne sais pas. Ces derniers temps, il est... distant. Préoccupé. Comme s'il y avait quelque chose qu'il ne me dit pas. — C'est normal, Camille. Le mariage, la pression familiale, tout ça. Tu sais comment est sa famille. Oui, je sais. La famille Reinhardt, avec ses conventions rigides, ses attentes impossibles, ses regards qui jugent sans un mot. Victoria, la matriarche, qui m'a toisée dès la première rencontre comme si j'étais une tache sur une nappe blanche. Et Adam, le frère jumeau de Lucas, cet homme froid et sarcastique qui semble toujours me regarder comme si j'étais une erreur de parcours. — Tu es encore en train de penser à Adam, pas vrai ? — Quoi ? Non. Enfin... pas exactement. — Camille. — D'accord, peut-être un peu. C'est juste qu'il est si... si... — Froid ? Arrogant ? Insupportable ? — Exactement. Comment Lucas peut-il être son jumeau ? Ils se ressemblent comme deux gouttes d'eau, mais intérieurement, ils sont si différents. Lucas est chaleureux, attentionné, drôle. Adam est... Adam. Chloé rit doucement. — Peut-être qu'il est juste timide, propose-t-elle sans conviction. — Timide ? Adam Reinhardt ? C'est comme dire qu'un iceberg est un peu frais. — Bon, d'accord, c'était une hypothèse absurde. Mais écoute, demain, tu n'auras pas à t'occuper d'Adam. Tu seras bien trop occupée à être la plus belle mariée du monde, à danser avec ton mari, à manger du gâteau. Et si Adam te regarde de travers, tu n'auras qu'à lui lancer une petite fleur. Au sens propre, évidemment. Tu es fleuriste, après tout. Je ris à nouveau, et cette fois, le rire est sincère. Chloé a raison. Demain est le plus beau jour de ma vie, et je refuse de laisser qui que ce soit le gâcher. Pas même Adam Reinhardt. — Bon, je dois te laisser, dis-je en me levant. Je n'ai pas encore fini de préparer mes affaires, et je veux vérifier la robe une dernière fois. — Vérifier la robe ? Pourquoi ? Elle est parfaite, non ? — Elle est arrivée de chez la couturière ce matin, et je n'ai pas encore eu le temps de l'essayer depuis les dernières retouches. — Quoi ? Camille, tu aurais dû l'essayer immédiatement ! Et si elle ne t'allait pas ? Et si... — Chloé. — Oui, je sais, respirer. Mais quand même. Vas-y, essaie-la. Appelle-moi si tu as besoin de quoi que ce soit. Et si elle a le moindre défaut, je jure que je vais aller botter le derrière de cette couturière moi-même. — Je n'en doute pas une seconde. — Et Camille ? — Oui ? — Tu es sûre que tout va bien ? Vraiment ?AdamAvrilIl faut que je décrive précisément ce qui s'est passé, parce que personne ne me croira sinon.Victoria Reinhardt, ma grand-mère, quatre-vingt-six ans, femme qui a fait trembler trois générations de dirigeants, femme qui n'a jamais porté un enfant de sa vie, pas même les siens, il y a des gens pour ça, disait-elle, cette femme-là est entrée dans la chambre de Lily le lendemain de la naissance, a pris le bébé dans ses bras avec une dextérité que personne ne lui connaissait, et n'a plus jamais été la même.— Elle a les yeux de la famille, a-t-elle déclaré.— Grand-mère, elle a quatre jours, elle a les yeux plissés.— Ne discute pas.Et depuis, Victoria a élu domicile chez nous. Pas officiellement, officiellement, elle passe en visite. En pratique, sa voiture arrive à huit heures du matin et repart après le dîner, et elle a installé, dans notre salon, sans demander la permission à personne, un fauteuil. Son fauteuil. Livré par deux employés de sa maison, un mardi, pendant que C
Camille Samedi 4 avril On me l'a posée sur la poitrine hier à seize heures quarante-trois, et je n'ai pas dormi depuis. Pas parce qu'elle pleure, parce que je ne peux pas m'arrêter de la regarder. Lily. Trois kilos deux. Des poings minuscules serrés comme si elle avait déjà des revendications. Une touffe de cheveux noirs improbable. Et ce visage, ce visage que tout le monde décrit comme un miracle et qui est, en vérité, la chose la plus ordinaire et la plus extraordinaire du monde : un visage. Adam est endormi sur le fauteuil convertible, dans une position qui lui vaudra trois semaines d'ostéopathe. Il ronfle doucement. Il a pleuré hier, il a pleuré comme je ne l'ai jamais vu pleurer, debout au pied du lit, Lily dans ses bras tremblants, répétant je suis là, je suis là, je suis là, comme si ces trois mots pouvaient suffire à une vie entière. Peut-être qu'ils suffisent. Je ne sais plus rien, ce matin, de ce qui suffit et de ce qui ne suffit pas. Vers sept heures, il se réveille e
AdamJeudi 22 janvierLa salle de presse est pleine à craquer. Quarante journalistes, des rangées de caméras, ce bourdonnement particulier des matinées où quelqu'un va saigner, et pour une fois, je sais que ce ne sera pas moi.Je monte sur l'estrade. Je n'ai pas de notes. Camille me l'a interdit : — Un homme qui lit des notes a quelque chose à cacher. Un homme qui regarde la salle a quelque chose à dire.— Bonjour, commencé-je. Vous avez tous lu les documents publiés cette semaine au sujet de Reinhardt. Je ne vais pas les commenter. Je vais faire mieux : je vais les confirmer.Le silence qui suit est un silence de cathédrale. Puis les stylos s'affolent.Je raconte tout. Les montages de mon père. Les comptes. Ma signature, innocente, sur une reprise que je n'avais pas auditée. J'annonce l'audit indépendant, le fonds de régularisation, le mandataire externe. Je donne des dates, des noms, des chiffres. Je regarde chaque journaliste dans les yeux, un par un, et je ne baisse la voix sur r
AdamMardi 13 janvierJe lis le dossier trois fois. Devant moi, sur le bureau, le passé de mon père étalé en photocopies, des montages que je soupçonnais, des chiffres que je refusais de voir, et ma propre signature, là, en bas d'un document de reprise, innocente et coupable à la fois.Camille est debout près de la fenêtre. Elle m'a tout raconté hier soir, et nous n'avons presque pas dormi.— Je peux lui céder le marché, dis-je enfin. Verlande, c'est quatre-vingts millions. Ce dossier, si elle le sort, c'est la fin de tout. La fin de la maison. La fin de…— Non.Un seul mot. Net. Je lève les yeux.— Adam. Si tu cèdes une fois, tu cèdes pour toujours. Elle reviendra. Il y aura un autre marché, un autre dossier, une autre exigence. Le chantage n'a qu'une règle : il ne s'arrête jamais de lui-même.— Camille, tu n'as pas vu le contenu. Si c'est authentique…— C'est authentique. Je l'ai vu dans tes yeux quand tu l'as lu. Elle s'approche, prend le dossier, le referme. Et je te dis quand mê












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