— ChiaraL'homme apparaît un mardi. Je le remarque d'abord en sortant de la fac, une silhouette immobile de l'autre côté de la rue, manteau gris, casquette, un visage ordinaire, trop ordinaire, le genre de visage fabriqué pour être oublié. Je ne m'en formalise pas. Paris est pleine d'hommes immobiles.Mais mercredi, il est devant le Velours au début de mon service, et je le retrouve à la sortie du métro à une heure du matin. Jeudi, il est assis sur un banc en face de la bibliothèque, avec un journal qu'il ne tourne jamais. Vendredi, en plein jour, sur le boulevard, je fais demi-tour brusquement, et il fait demi-tour aussi, à quarante mètres derrière moi, avec une fluidité qui me glace le sang.Ce n'est pas une coïncidence. C'est une filature.La panique me prend dans la rue, en plein jour, comme une noyade. Mon cœur cogne si fort que j'ai du mal à respirer. Je m'engouffre dans une pharmacie, je fais mine de regarder des rayonnages, et les mains tremblantes, je compose le numéro de Rya
Last Updated : 2026-09-19 Read more