AmélieLe réveil ne ressemble pas aux films. On n'ouvre pas les yeux d'un coup sur un plafond net. On émerge par couches, comme d'une eau épaisse. D'abord les sons, qui existent sans source, des bips réguliers, un souffle d'air, des pas étouffés sur un sol qui n'est pas du marbre. Puis la lumière, qui fait mal même à travers les paupières closes, une lumière blanche, froide, médicale. Puis le corps, en dernier, et le corps est une mauvaise nouvelle : il pèse une tonne, il pique de partout, et quelque part en dessous des côtes, il y a un creux.Un ventre plat.La mémoire revient toute seule, sans merci, en une seule décharge électrique qui me traverse de la tête aux pieds. Le gala. Le regard de Gabriel. Les contractions. La pluie. Les phares. Le camion. Le verre. Le sang. Et avant tout ça, avant la douleur et la terreur, il y avait cette sensation, cette présence, cette vie qui bougeait en moi. Cette vie qui n'est plus là. Ce creux.Le premier mot que je prononce n'est pas un mot, c'es
Última atualização : 2026-09-08 Ler mais