Combien de temps. Je fouille. La dernière chose dont je me souviens, c'est le goût du whisky, le dossier rouge posé sur le bureau, la porte qui s'ouvre, et une douleur à la nuque, une douleur tiède, comme une piqûre de guêpe. Après, le noir. Après, la terre. Entre les deux, il y a un trou de quelques heures, peut-être de quelques jours, et dans ce trou il y a des visages que je ne veux pas voir. Je me mets à genoux. La terre colle à ma chemise, à mon pantalon, à mes mains, elle entre dans les coupures que je ne sens même pas encore. Le froid me mord les pieds, les oreilles, le bout du nez. Je dois bouger. Si je reste là, l'hypothermie me tuera avant l'aube, et je refuse de mourir deux fois dans la même nuit. Je cherche la route. Elle est là, à cinquante mètres, une ligne grise sous la lune, bordée de peupliers dénudés. Je marche. Chaque pas est une découverte, le gravier qui entre dans la plante de mes pieds, la boue qui aspire mes chevilles, une boîte de conserve qui roule sous mes o
Última actualización : 2026-10-25 Leer más