BAISE-MOI 3
Béatrice
La salle de bain est un sanctuaire de marbre froid et de chromes brillants, un monde blanc et stérile à l’opposé de la chambre chaude et sombre. Je referme la porte derrière moi, le léger clic de la serrure résonnant comme un verrou sur une cellule. Je m’adosse contre le bois, les yeux fermés, essayant de reprendre le contrôle d’une respiration qui n’a jamais vraiment retrouvé son calme depuis la nuit. L’air est encore humide, parfumé au savon luxueux de l’hôtel et à une trace ténue, insistante, de son eau de toilette à lui. Ici, il n’est pas. Ici, je peux être seule avec les décombres.