Chapitre 4

Je marchais dans une rue animée en plein après-midi. Je portais une robe légère qui se soulevait à chacun de mes pas. Je souriais aux passants et ces derniers me rendaient mes sourires avec bienveillance. Cependant d'un coup le Soleil se cacha derrière les nuages. Un frisson me parcoura tandis que ma robe légère ne me protégeait plus de la température externe.

Les passants ne me souriaient plus quand je passais à côté d'eux. Ils baissaient le regard et leurs yeux ne croisaient même plus les miens. Je me sentais seule. Invisible. Isolée.

Je me mis à marcher en baissant le regard à mon tour. Je levais cependant vite mon regard et me retournais car je me sentais épiée. Je balayais la foule du regard et mon cœur se serra. Parmi les têtes baissées une me fixait. Je n'arrivais pas à voir son visage mais il n'y avait pas de doute la personne me regardait.

Je me retournais et accélérais le pas pour rentrer chez moi au plus vite. Sauf qu'au milieu d'une foule il était compliqué de fuir. Je n'arrivais pas à me frayer un chemin et j'étais ralentie. Mon cœur accéléra. Je me retournais et découvrais avec effroi que l'homme s'était rapproché de moi.

Je demandais aux passants de se dépêcher mais c'était comme si je n'existais pas. Soudain une main se posa sur mon épaule.

****

Je me réveillais en sursaut le cœur au bord de l'explosion. Lucas retira sa main de mon épaule comme si je l'avais brûlé.

«Tout va bien Mal. Ce n'était qu'un cauchemar. Tout va bien. C'est moi. Lucas.»

Je regardais autour de moi telle une hystérique. J'étais dans ma chambre tout allait bien. Je me tournais vers mon meilleur ami qui me fixait inquiet. Je me forçais à me calmer et me rallongeais dans le lit. Je cachais mon visage avec mes mains tout en expirant un grand coup.

«Il est qu'elle heure? demandais-je une fois calmée.

-Six heures du matin.»

Je grognais.

«Désolée...»

Lucas s'allongea à mes côtés et posa de nouveau sa main sur mon épaule.

«Eh c'est pas grave. Comment te sens tu?

-Ça va t'inquiète pas. J'ai juste fait un cauchemar.

-Je sais... Tu n'arrêtais pas de gémir alors j'ai essayé de te réveiller.

-Tu as réussi merci.

-Tu arriveras à te rendormir?

-Oui, oui t'inquiète pas. Essaye de dormir encore un peu.»

Lucas acquiesça avant de fermer les yeux. Il se rendormit en l'espace de quelques minutes et se mit à ronfler de manière régulière. Quant à moi je fixais mon plafond. J'avais menti. Je n'allais pas pouvoir me rendormir. Pas parce que Lucas ronflait. J'avais l'habitude du bruit il ne me dérangeait pas.

Je ne voulais pas qu'il s'inquiète pour moi. Se réveiller à six heures c'est trop tôt. Or il était très rare que je me rendorme après un cauchemar. Cela m'arrivait quand le cauchemar avait lieu en plein milieu de la nuit. Il suffisait que je lise un peu et la fatigue finissait par revenir la plupart du temps. Or il était relativement assez tard.

Je décidais donc de me lever et de me changer. J'enfilais un jogging et un vieux t-shirt à un de mes frères puis je sortais de la chambre pour me laver le visage. Je descendais ensuite dans la cuisine où je trouvais Mathieu assis entrain de lire un dossier. Mon frère aîné arrêta ce qu'il était entrain de faire et leva la tête vers moi à mon arrivée.

«Bonjour Mal.»

Je lui souris.

«Bonjour. Tu n'es pas fatigué?

-Non ça va. J'ai l'habitude de me lever tôt. Je n'arrivais plus à dormir.»

Je me pris un verre d'eau avant de m'asseoir à ses côtés.

«Tu veux en parler? me demanda Mathieu avec douceur.»

Je fixais mon verre en silence quelques instants.

«J'étais dans une foule. Je n'arrivais pas à m'enfuir à cause d'eux. Lucas m'a réveillée en posant sa main sur mon épaule.»

Mathieu m'écouta avec intérêt.

«Tu ne dois pas te mettre dans de tels états...

-Je sais...

-Je connais des professionnels si jamais tu as besoin de parler.»

Je secouais la tête.

«Ou on peut aller te chercher des médicaments si tu veux...

-Non merci. Je préfèrerais sans.»

Mathieu accepta ma décision ce qui me fit plaisir.

«Sinon tout va bien en cours? me demanda Mathieu.

-Tout va très bien. J'ai eu un 19 en SVT.

-C'est excellent.

-Merci.

-Tu es sûre que c'est ce que tu veux faire?

-Je pense oui. C'est la matière qui me passionne le plus. Il y a aussi les langues mais c'est trop facile pour moi. Je veux quelque chose qui me donne du fil à retordre.

-Je vois.

-Sinon je me suis fait une amie.

-Ah oui? Qui ça?

-Iris. C'est une nouvelle. Elle est arrivée mardi. Je lui ai foncée dedans alors que j'étais en retard pour aller en cours. Elle s'est retrouvée dans ma classe et elle est très gentille.

-Je suis content pour toi, Mal. Si tu veux tu peux l'inviter à manger chez nous un de ces jours.

-Oh je sais pas... On se connaît depuis seulement cinq jours et on ne parle pas non plus énormément.

-Et alors? Ça pourrait vous rapprocher.

-Oui... Pourquoi pas... Je lui proposerai la prochaine fois.

-Très bien.»

Mathieu proposa de me faire à manger. Je n'avais pas très faim alors je lui proposais plutôt qu'on fasse un gâteau pour les autres. Il accepta et nous nous mîmes à la pâte. Maladroite que j'étais j'ai renversé de la farine par terre plusieurs fois alors nous passâmes plus de temps à nettoyer qu'à cuisiner.

Quoi qu'il en soit les gâteaux furent prêts pile avant que Maxence ne se réveille. Ce dernier alléché par l'odeur de chocolat descendit immédiatement à la cuisine les yeux encore mi clos.

«Vous êtes des amours... dit-il d'une voix rauque.»

Il ne s'assit pas. Il tomba plutôt sur une des chaises et se servit du gâteau qu'il dévora en quelques bouchées. Chaque bouchée était suivie d'une moue de satisfaction qui faisait sourire Mathieu.

Manoé descendit à son tour alors que Maxence se servait sa deuxième part. Voyant notre gâteau Manoé posa une main sur son ventre dans un mouvement de recul.

«Non... Je dois résister...»

Il abandonna cependant bien vite et sauta à son tour sur le gâteau au chocolat. À les voir manger on aurait dit qu'ils n'avaient rien avalé depuis des semaines alors que la veille ils avaient mangé pour trois.

Mathis et Maxime arrivèrent simultanément et s'assirent pour se servir avec légèrement plus de retenue.

Voyant que les garçons ne s'arrêtaient pas après deux parts j'en prenais trois que je mettais sur une assiette à l'écart.

Lucas finit par pointer le bout de son nez. Il n'avait pas vraiment faim le matin alors il se contenta d'une demi part dont Maxime se fit un plaisir de manger l'autre moitié.

Marcus fut le dernier à faire son apparition. Il arriva peinant à ouvrir les yeux à cause de la lumière tendant les bras en avant pour ne pas tomber. Décidemment plus il se levait tard plus c'était dure. C'était aussi le cas des autres qui étaient moins bruyants que d'habitude. Sans pour autant être calmes. Cela arrivait presque jamais.

Voyant les miettes de gâteau Marcus se réveilla.

«Vous m'en avez pas laissé? demanda-t-il énervé.

-T'avais qu'à te lever plus tôt.

-Il est treize heures! Je ne peux pas me lever plus tôt!

-Désolé peut être une prochaine fois.»

Marcus se laissa tomber contre le dossier de sa chaise et croisa les bras sur son torse furieux.

«Putain vous êtes vraiment des bâtards.»

Je savais que j'avais bien fait. Je pris une des parts que j'avais mises de côté et je la déposais devant Marcus. Ce dernier regarda la part de gâteau comme si c'était un objet surnaturel.

Une fois la seconde de surprise passée Marcus goba la part en entier et se mit à mâcher avec difficulté.

«Ne dis pas merci surtout... lui dis Mathis d'un œil mauvais.

-Merchi!»

Je ris.

Une fois tout le monde réveillé les garçons retournèrent dans leurs chambres pour se changer. Mathieu en profita pour mettre toutes les assiettes dans l'évier. Tandis que je l'aidais à faire la vaisselle, Lucas nettoya les miettes qui étaient restées sur la table.

Maxence fut le premier à redescendre en tenue de sport. Il regarda la table propre perturbé.

«Vous auriez pu laisser comme ça on allait le faire après.

-Un merci aurait suffit Maxence... dit Mathieu avec douceur.

-Merci...»

Maxence se tourna vers Lucas d'un coup.

«Tu viens aussi?

-Oh non c'est gentil mais je fais une croix pour toujours sur le football.

-Pourquoi? demanda Maxence en fronçant les sourcils.»

Lucas me lança un regard comme pour me faire comprendre que je n'avais pas intérêt à me moquer. Cela eut l'effet inverse. Je ne pus m'empêcher de rire.

Lucas secoua la tête exaspéré.

«Bon je vais y aller. Appelez moi quand vous changez de sport.

-Ça marche.»

Sur ce Lucas partit toujours vêtu du pyjama que lui avait prêté Maxime. Je souris à la porte par laquelle il avait disparu. Lucas prenait certaines choses trop à cœur tandis que d'autres ne le touchaient absolument pas. Il n'y avait pas vraiment de juste milieux avec lui et cela me faisait rire.

Une fois que tout le monde fut prêt, Manoé attrapa le ballon de foot et nous marchâmes quelques minutes jusqu'au terrain le plus proche. Durant ces quelques minutes Mathis et Maxime furent désignés chefs d'équipes et commencèrent à choisir les membres de leurs équipes un par un.

Je me retrouvais dans l'équipe de Maxime ainsi que Mathieu. Mathis, Marcus, Manoé et Maxence se retrouvèrent donc contre nous. Aux cages nous mîmes Maxime et Maxence. L'équipe en face était plus nombreuse et tout le monde jouait, il n'y avait pas de remplaçants. Mathieu et moi devions donc être bons en travail d'équipe.

Trois heures. Nous avons joué trois heures durant en faisant seulement une pause vers la moitié pour boire de l'eau. Nous étions tous rouges et essoufflés. J'avais mal à tous mes membres et Maxime tremblait. Nous décidâmes de faire une pause et nous écroulâmes tous sur le sol. Le foot était déjà assez fatiguant en soit alors il fallait se dire que nous étions simplement deux dans mon équipe sur le terrain et que mes frères se rentraient dedans sans peur.

Mon équipe a perdu. Cela n'était pas si surprenant. Nous avions un joueur de moins après tout mais nous nous sommes quand même bien défendus. Nous avons perdu seulement de deux points et ce ne fut que dans la dernière demie heure que les autres prirent l'avantage.

Affamés nous décidâmes de rentrer. Les garçons utilisèrent leurs dernières forces pour courir à la salle de bain. Le plus rapide et donc celui qui eut la chance de se doucher en premier fut Maxence. Les autres descendirent à la cuisine pour boire tout en râlant.

Quant à moi j'attrapais mes affaires et décidais d'aller toquer chez Lucas. Ce dernier m'ouvrit les cheveux encore mouillés et me fit signe d'entrer. Connaissant parfaitement les lieux, je montais et prenais une douche rapide qui me fit énormément de bien.

Une fois prête je ramassais mes affaires salles et descendais retrouver Lucas dans sa chambre. Ses parents étaient encore une fois absents. J'avais l'habitude qu'ils ne soient pas là mais je lui demandais quand même où ils étaient.

«Papa est à la pharmacie et maman est partie faire les courses pour demain.

-Demain? demandais-je en fronçant les sourcils.»

Mais je savais de quoi il parlait aussitôt que ma question eut franchi mes lèvres. Je hochais la tête en pinçant les lèvres.

«Oui... Demain...

-Tu vas venir? demanda Lucas hésitant.

-Oui. Et toi?

-Je vais t'accompagner.

-Merci...

-Les gars viennent aussi?

-On va en profiter pour rendre visite à maman...

-Ouais je vois... Si tu veux que je vous laisse...

-Non tu peux venir t'inquiète. Ça nous fait plaisir.»

Sur ce je m'excusais auprès de Lucas mais je devais rentrer. Je lui proposais s'il voulait venir avec nous manger mais il déclina.

«On va manger ensemble avec mes parents. Mais merci quand même. D'ailleurs qui a gagné?»

Je soufflais.

«Pas moi.»

Lucas rit. Sur ce je tournais les talons et regagnais ma maison. Maxence n'était toujours pas sorti et les garçons campaient devant la porte impatients. Ils criaient à Maxence de se dépêcher parce qu'il n'y aurait plus d'eau chaude. J'entendis quelques insultes fuser parmi les cris.

Maxence finit par sortir et se fit attraper par le col par les autres qui se mirent à lui faire la morale. Mathis profita du moment pour se glisser dans la salle de bain et pour verrouiller la porte.

Je m'assis à côté de Mathieu qui regardait les garçons se chamailler exaspéré.

«T'inquiète pas Mal. La salle de bain devrait être finie d'ici jeudi. Ce ne sera pas la fin des disputes mais ça va être légèrement plus calme.»

Je souris. J'avais hâte que nous ayons de nouveau deux salles de bain. En avoir qu'une seule était dangereux.

Une fois tout le monde propre Mathieu envoya un message à Camille qui arriva en moins de dix minutes. Elle toqua avec douceur à la porte et je me levais pour aller lui ouvrir tout sourire.

Camille était la copine de Mathieu. Une jeune femme toujours souriante et amplie de patience et de bienveillance. On aurait dit Mathieu en femme. Quoi que un Mathieu légèrement plus bavard.

Cela faisait deux ans que ces deux là sortaient ensemble et ils s'aimaient énormément. Je pouvais le voir dans leurs yeux. Au tout départ quand Mathieu nous avait annoncé qu'il avait une copine et que c'était sérieux je l'avais mal pris. Mathieu était comme mon père. Je ne voulais le partager avec personne d'autre. Cependant Camille fut vite acceptée dans la famille et je commençais à la voir comme ma mère. Ce n'était qu'une question de temps pour que ces deux se marient. J'avais peur que Mathieu attende que je grandisse et sois assez grande pour me débrouiller seule avant de s'engager. Je ne voulais pas le retenir de vivre sa vie.

Camille me sourit de toutes ses dents avant de me faire la bise.

«Bonjour Mal comment ça va?

-Très bien merci et toi?

-Je vais très bien aussi merci beaucoup.»

Camille me tendit une boîte blanche que je pris.

«Je suis allée vous chercher un petit quelque chose pour le goûter.

-Oh merci mais il ne fallait pas...

-C'était avec plaisir.»

Je fis signe à Camille d'entrer. Elle me remercia et retira ses chaussures dans l'entrée avant de se tourner de nouveau vers moi.

«Alors qui a gagné?»

Je fis une grimace.

«C'est Mathis, Maxence, Manoé et Marcus...

-Oh... Ne t'en fais pas tu leur mettras la pâté la prochaine fois.

-Je compte bien!»

Camille rit devant mon entrain puis se retourna pour dire bonjour à tout le monde. Une fois qu'elle eut embrassé son petit ami, tout le monde mis ses chaussures et nous nous mîmes en route vers le fast food. Mathieu prit dans sa voiture Marcus, Maxime, Mathis et Manoé tandis que je montais dans la voiture de Camille avec Maxence.

«Malinda... dit Camille d'un coup.»

Je me tournais vers elle perplexe.

«Je ne veux pas t'embêter j'imagine que tu en as déjà assez entendu parler mais sache que si tu as besoin de parler je suis là aussi... Mathieu m'a dit que cette Emma était dans ta classe. Alors... Si jamais tu veux te confier à une personne féminine ou juste... Juste manger un gâteau et boire un chocolat chaud alors je suis là, d'accord?»

Je souris touchée.

«Merci beaucoup Camille. Je vais y penser.

-Super. Bon et sinon quoi de neuf? Le bac blanc n'était pas trop dure?

-Non ça va. J'ai eu de la chance je suis tombée sur mon texte préféré à l'oral.

-Et à l'écrit?

-Le corpus était dure je l'admets mais je me suis assez bien amusée lors de l'écris d'invention.

-Tant mieux alors. Maintenant que c'est passé tu peux décompresser un peu.

-Oui ça me laisse un peu de repos.

-D'ailleurs si tu veux j'ai trouvé le livre dont on a parlé la dernière fois. Je crois que je l'ai mis dans la boîte à gants pour ne pas oublier de te le donner.»

J'ouvrais la boîte à gants et en effet un petit livre de poche en tomba. Je regardais la couverture les yeux pétillants.

«Merci beaucoup Camille. Tu es sûre que ça ne te dérange pas de me le prêter?

-Évidemment que non. Lis le autant que tu en as envie.

-Merci.»

Camille regarda dans le rétroviseur pour ne pas que Maxence se sente mis de côté mais elle sourit en voyant qu'il s'était endormi.

Arrivés au fast food les gagnants commandèrent énormément puis allèrent chercher des places vides en nous laissant payer. Camille se moqua de Mathieu quand il sortit sa carte pour payer. Il lui lança un regard qui se voulait froid et Camille se mordit les lèvres pour arrêter de rire sans grand succès. Je souris en voyant la scène puis décidais de rejoindre les autres pour leur laisser un peu d'intimité. Maxime comprit mes intentions et me suivit avec un demi sourire sur les lèvres.

Les amoureux finirent par nous rejoindre et dû au peu de personnes nous fûmes servis très vite. Entre deux bouchées de hamburger Camille se tourna vers moi avec un petit sourire curieux.

«Au fait, Mal. Ton frère m'a dit que tu t'es faite une amie. Ça te gêne si je te demande qui c'est?»

Cette question piqua la curiosité de tous mes frères qui continuèrent à manger tout en me fixant.

«Non ça ne me dérange pas... T'inquiète pas.»

Je fixais la table légèrement gênée. Il n'y avait pas de quoi en faire tout un plat. J'avais juste discuté avec une nouvelle une ou deux fois. Bon je devais avouer que dans mon cas c'était incroyable. Je n'avais jamais tissé de lien avec personne à part Lucas. Cela devait être très perturbant pour mes frères.

«Elle s'appelle Iris. Elle est nouvelle dans ma classe et on a commencé à parler parce que je lui ai foncée dedans sans faire exprès. Elle est très gentille et je crois qu'elle veut devenir amie avec moi.

-C'est super.»

Camille me sourit bienveillante et je rougis.

«Est ce que par hasard le nom de famille de ton amie serait Iris Schneider? demanda Mathieu.»

Je fouillais dans mes souvenirs.

«Je crois mais je ne suis pas sûre. Pourquoi?»

Je voyais sur Mathieu qu'il hésitait s'il devait me dire ou pas ce à quoi il pensait. Camille lui fit signe que il pouvait me parler alors il se lança.

«Le père d'Iris était la première victime.»

Mon cœur se serra. Camille me sourit tristement.

«Elle doit avoir autant peur des meurtres que toi et même plus... dit Camille. Ça ne doit pas être facile pour elle alors il faut lui montrer qu'elle est bien entourée.

-Oui bien sûr...»

Cette révélation me laissait perplexe. La pauvre Iris... Quand on la regardait on voyait une jeune femme forte et on n'imaginait pas une seconde qu'une telle chose lui était arrivée. Je ne savais pas ce que je devais faire. Devais-je faire comme si je ne savais rien ou lui en parler? Je devais lui faire comprendre que si elle avait besoin d'aide j'étais là pour elle mais elle allait peut être mal prendre si elle apprenait que je savais pour son père.

Si moi j'avais peur des meurtres alors je ne pouvais imaginer ce qu'elle pouvait ressentir. C'était sûrement pour cela qu'elle s'était si bien habillée au discours du directeur. Le meurtre d'Emma la touchait indirectement. La pauvre. Dire qu'elle se retrouvait dans la classe de la dernière victime du meurtrier de son père.

Elle m'avait avouée qu'elle n'était pas du tout sensible mais cela aurait fait mal à qui que ce soit. Même si elle disait le contraire elle avait sûrement besoin de soutient et de réconfort.

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