LOGINCaleb désigna le notaire d’un geste négligent de la main, sans même daigner le regarder directement.
— J’ai ici mon ami qui me répète sans cesse que je suis complètement stupide de vouloir recourir à une mère porteuse pour avoir un enfant.
Un silence lourd, presque palpable, s’installa alors dans la pièce. Romy sentit son souffle se bloquer dans sa gorge. Le notaire, visiblement surpris par cette formulation abrupte, tourna la tête vers Caleb, attendant manifestement une explication ou une précision. Mais Caleb, lui, ne quittait pas Romy des yeux. Il y avait dans son regard une intensité particulière, profonde, qui la fit frissonner malgré elle.
Elle se raidit sur sa chaise, consciente que son cœur battait maintenant plus vite, plus fort. Pourquoi la fixait-il avec une telle insistance ? Qu’attendait-il d’elle exactement ?
— Et vous ? demanda-t-il soudain, baissant légèrement la voix, la rendant presque intime, comme un murmure destiné à elle seule.
Romy cligna des paupières, déstabilisée.
— Moi ?
— Oui, vous. Qu’en pensez-vous, personnellement ?
Elle sentit une nouvelle vague de chaleur inonder ses joues. Elle n’était absolument pas préparée à une telle question, à être placée au centre de son attention de cette manière. Être celle dont il sollicitait l’opinion sur un sujet aussi intime la laissait sans voix.
— Je... hésita-t-elle, cherchant désespérément ses mots. Je ne sais pas vraiment. C’est une décision extrêmement importante, très personnelle.
Caleb ne détourna pas les yeux. Il attendait clairement plus qu’une réponse évasive.
— Vous éludez la question, observa-t-il calmement.
Elle sentit son estomac se nouer. Il la connaissait déjà trop bien pour qu’elle puisse se cacher derrière des généralités.
— Je ne sais pas quoi vous dire précisément.
— Si, vous le savez, insista-t-il en croisant les bras.
Elle baissa les yeux, crispant ses doigts sur ses genoux. Oui, elle savait ce qu’elle en pensait au fond d’elle. Mais l’avouer ici, devant lui, devant cet étranger qu’était le notaire... C’était bien trop risqué, trop exposéLe notaire observait Caleb avec une attention accrue, attendant la suite des événements. Mais Caleb, imperturbable, continuait à fixer Romy avec cette même intensité qui la mettait si mal à l’aise.
— Et vous ? répéta-t-il une nouvelle fois, comme pour la pousser dans ses retranchements.
Elle cligna à nouveau des paupières, encore plus surprise.
— Moi... ?
— Oui, précisément vous.
Le notaire se redressa légèrement sur sa chaise, semblant prêt à intervenir.
— Caleb—
— Laisse-moi, coupa Caleb net, sans même accorder un regard à son ami.
Il posa ses avant-bras sur le bureau massif, joignit les mains, et la regarda avec une intensité accrue qui lui donna presque envie de se lever et de fuir la pièce.
— Si je vous posais la question directement, là, maintenant, sans aucun détour... Est-ce que vous accepteriez ?
Le mot tomba comme une pierre dans l’eau calme : accepter.
Romy sentit son cœur rater un battement, puis repartir de plus belle.
— Accepter... quoi ? balbutia-t-elle, même si elle avait parfaitement compris.
— De porter mon enfant.
Le notaire se figea complètement, comme statufié.
L’air lui-même sembla se figer dans la pièce, rendant l’atmosphère étouffante.
Romy laissa échapper un petit rire nerveux, bref et presque ridicule, qui résonna bizarrement dans le silence.
— Vous... vous plaisantez, forcément.
Caleb resta de marbre, sans l’ombre d’un sourire.
— Non, je suis on ne peut plus sérieux.
Elle sentit la chaleur envahir son visage, puis refluer brutalement, laissant place à une sensation glacée.
— Je... je ne sais pas, répondit-elle enfin d’une voix plus basse, presque un chuchotement. Je n’ai jamais envisagé une telle chose. Je... je ne peux pas vous répondre comme ça, sur-le-champ.
Il hocha lentement la tête, comme s’il avait anticipé cette réaction.
— Bien.
Elle releva les yeux, surprise par cette réponse laconique.
— Bien ?
— Réfléchissez-y calmement, expliqua-t-il simplement. Et donnez-moi votre réponse demain.
Le notaire ouvrit la bouche, prêt à protester.
— Caleb, c’est vraiment—
— Demain, répéta Caleb d’une voix ferme mais sans élever le ton. Pas ce soir. Pas dans l’instant. Demain.
Romy resta figée sur place, incapable du moindre mouvement.
— Vous pouvez disposer, maintenant.
Elle se leva mécaniquement, les jambes encore tremblantes et peu assurées. Chaque pas vers la porte lui parut interminable, comme si le temps s’était ralenti. Elle posa enfin la main sur la poignée, mais avant d’ouvrir, elle se retourna une dernière fois.
Les deux hommes la regardaient toujours.
Caleb n’avait même pas cligné des yeux.
— Oui, Romy ? demanda-t-il d’une voix calme, presque trop posée.
Elle sentit sa gorge se serrer davantage.
— Pourquoi... pourquoi moi ?
Le trajet vers la soirée de gala s’étire dans une atmosphère glaciale, seulement troublée par le ronronnement feutré du moteur de la Bentley. Je suis assise à l'extrémité de la banquette en cuir, drapée dans une robe en soie vert émeraude dont les reflets sombres rappellent la profondeur des bois la nuit. Le tissu, pourtant fluide, semble peser une tonne sur mes épaules, comme si chaque fil de soie avait été trempé dans du plomb. Caleb me scrute du regard. Ce n'est pas le regard d'un homme admirant une femme, mais celui d'un collectionneur vérifiant l'état d'une pièce rare avant une exposition. Il n'y a aucune chaleur dans ses prunelles, juste une évaluation technique, froide et implacable.— Pourquoi m'infliger ça ? je demande enfin, ma voix trahissant une fragilité que je déteste.Mes doigts lissent nerveusement la soie sur mes hanches, un geste répétitif pour occuper mon angoisse. Je sais qu'il déteste la nervosité, il la considère comme une faille.— Tu sais que je déteste ces mon
— Le temps est le seul luxe que je ne peux pas m’offrir, réplique-t-il froidement en se versant un verre de whisky ambré. L’urgence au bureau va me prendre tout mon temps. Je veux que tout soit prêt pour que, dès que j’ai une fenêtre de tir, nous puissions passer à la phase de conception. Tu savais ce que tu signais.— Je pensais que nous avions... une connexion, je tente, ma voix tremblante de colère et de déception. À Amsterdam, c’était différent.Caleb pose son verre avec un bruit sec sur la table de verre. Il s’approche à nouveau, cette fois plus menaçant. Il m’attrape par la taille et me plaque doucement mais fermement contre lui.— Amsterdam était une parenthèse, Romy. Une délicieuse distraction. Mais ici, c’est le monde réel. Et dans mon monde, les sentiments sont des variables que je ne peux pas me permettre d’inclure dans l’équation. Tu es ici pour me donner un héritier. C’est ta seule fonction.Ses mots sont des poignards. Je sens les larmes monter, mais je refuse de les lai
ROMYLe vrombissement sourd des réacteurs du jet privé de Caleb est le seul son qui remplit l’habitacle luxueux. À travers le hublot, les lumières de Paris défilent comme des traînées de diamants jetées sur un velours noir. Mais pour moi, ces lumières ressemblent à des barreaux.Amsterdam semble déjà appartenir à une autre vie. Là-bas, sous le ciel gris et près des canaux, j’avais presque oublié les termes du contrat. J’avais presque oublié que ma main dans la sienne n’était pas un geste d’affection, mais une marque de propriété. Le retour est brutal. L’urgence dont il a parlé au restaurant a transformé l’homme prévenant en une machine de guerre.Caleb est assis en face de moi, les yeux rivés sur sa tablette. La lueur bleue de l’écran accentue la dureté de ses traits, rendant son visage aussi froid que le marbre de ses bureaux. Il n’a pas décroché un mot depuis que nous avons quitté l’hôtel. Ses doigts tapotent nerveusement contre le cuir du fauteuil.— Caleb ? je murmure, ma voix étr
RomyJ’ai choisi une robe-pull en cachemire gris perle, col roulé, manches longues, qui tombe juste au-dessus des genoux. Des bottes en cuir noir à talons plats – pas question de me tordre une cheville aujourd’hui. Mes cheveux sont lâchés, légèrement ondulés par l’humidité de la douche, et j’ai mis un rouge à lèvres nude. Rien de trop voyant. Rien qui crie « regardez-moi ». Juste… présentable. Oubliée, la nuit dernière. Oubliée, la gifle. Oubliée, la façon dont il m’a prise contre le mur, le sang sur mes cuisses, ses promesses murmurées à mon oreille. C’est mieux comme ça. C’est plus sûr.Lorsque je sors de la chambre, il est déjà là, dans sa chambre. Il a pris sa douche dans sa propre chambre ; ses cheveux sont encore mouillés, quelques gouttes glissent le long de sa tempe et viennent mourir dans le col de sa chemise bleu nuit. Ça lui donne un air encore plus… troublant. Plus vivant. Plus dangereux. Décidément, je ne m’arrange pas. Avant de lui proposer mon corps, j’étais amoureuse d
CalebJe referme la porte de la salle de bain derrière moi sans un bruit. Le couloir est silencieux, seulement troublé par le lointain murmure de l’eau qui continue de couler dans la baignoire. Je m’appuie une seconde contre le mur, les yeux fermés, et je laisse échapper un souffle long, presque douloureux.Elle est là-dedans. Nue, rougie, encore tremblante de ce que je viens de lui faire. Et moi, je suis ici, le cœur battant trop fort, la queue encore à moitié dure dans mon pantalon malgré l’orgasme qui m’a traversé comme un train de marchandises. Je devrais être satisfait. Calme. Maître de moi, comme toujours.Mais je ne le suis pas.Je passe une main dans mes cheveux, tire dessus jusqu’à ce que ça fasse mal. Ça m’aide à réfléchir. À remettre de l’ordre.Je l’ai baisée comme un animal. Sans douceur, sans préliminaires, sans même lui laisser le temps de respirer. Elle saignait, elle pleurait presque, elle murmurait entre deux gémissements qu’elle avait ses règles… et moi, je l’ai pri
RomyLe silence retombe, lourd, poisseux, seulement troublé par nos respirations encore saccadées. Je reste collée contre le mur, les jambes flageolantes, le sang et son sperme coulant lentement le long de mes cuisses. Mon corps tremble, mélange de choc, de plaisir résiduel et d’épuisement. Caleb s’est écarté, a rajusté sa chemise d’un geste précis, presque mécanique, comme si rien ne s’était passé. Il me regarde, calme, attentif, presque tendre – et c’est ça qui me terrifie le plus.Je glisse lentement le long du mur, mes genoux cèdent. Je m’assois par terre, dos au plâtre froid, robe relevée, cuisses ouvertes, incapable de me relever tout de suite. Mon souffle est court, mes mains tremblent sur mes genoux. Je fixe le sol, incapable de croiser son regard.Il s’accroupit devant moi, lentement, sans brusquerie. Ses doigts effleurent ma joue, repoussent une mèche de cheveux collée par la sueur.— Tu comptes rester là toute la nuit ? demande-t-il d’une voix basse, presque douce.Je ne ré







