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CHAPITRE 7

Author: RS WILD
last update publish date: 2025-12-15 06:30:17

Romy traversa le couloir d’un pas mesuré, le plateau en équilibre dans ses mains, tout en se répétant intérieurement que ce café accompagné de lait ne changerait absolument rien à la situation. Pourtant, quand le patron exprimait un désir, aussi anodin soit-il, il obtenait toujours satisfaction. C’était une règle implicite dans cette entreprise, une de ces lois non écrites que tout le monde respectait sans discuter. Elle ajusta légèrement le broc chaud contre sa paume, sentant la chaleur se diffuser à travers la porcelaine, et frappa trois coups rapides à la porte du bureau.

Sans attendre une réponse explicite, elle poussa la poignée et entra. L’atmosphère de la pièce était chargée, lourde d’une conversation sérieuse. Ni Caleb ni son notaire ne relevèrent la tête à son arrivée. Ils étaient plongés dans leurs échanges, les voix basses et concentrées.

— Tu es vraiment certain, Caleb, que c’est bien ce que tu souhaites ? demanda le notaire d’un ton prudent, presque hésitant.

— Absolument certain, répondit Caleb avec une fermeté tranquille.

— Mais aucune des candidates que nous avons vues jusqu’à présent ne semble te convenir. Aucune ne passe le cap de tes exigences.

— C’est parfaitement normal d’être aussi exigeant dans une telle affaire. Après tout, il ne s’agit pas seulement de louer un ventre. C’est aussi d’un enfant dont il est question, un enfant qui portera une partie de mes gènes, n’est-ce pas ?

— Oui, bien sûr, sans doute, concéda le notaire avec un léger soupir.

— Donc, nous sommes d’accord sur ce point essentiel : il faut trouver une personne véritablement équilibrée. Or, ces jeunes femmes qu’on me présente jusqu’ici n’ont pas l’air particulièrement brillantes. On dirait qu’elles n’ont pas inventé le fil à couper le beurre, si tu vois ce que je veux dire.

Le notaire éclata d’un rire franc, spontané, qui brisa un instant la tension.

— J’avoue que tu n’as pas tort... Et leurs intermédiaires, ces mères maquerelles modernes, ne valent guère mieux.

Romy, discrète comme à son habitude, s’approcha du bureau et posa délicatement le broc de café fumant ainsi que le petit pot de lait. Pendant un court instant, fugace, le regard de Caleb croisa le sien. Dans cette fraction de seconde, elle crut percevoir l’esquisse d’un sourire sur ses lèvres, quelque chose de chaleureux et inattendu. Son cœur fit un bond, et elle sentit une chaleur traîtresse monter à ses joues, la faisant se sentir soudain stupide et maladroite. Décidément, Émelyne n’aurait jamais dû lui confier qu’elle pensait que Caleb la regardait parfois d’une certaine façon. Parce que c’était manifestement faux, une illusion, et depuis cette confidence, Romy se ridiculisait à chaque interaction, guettant des signes qui n’existaient pas.

Elle s’apprêtait à tourner les talons pour quitter la pièce quand sa voix l’arrêta net.

— Romy.

Elle se retourna lentement, le cœur battant un peu plus fort.

— Oui, monsieur ?

— Fermez la porte, s’il vous plaît.

Une rougeur intense envahit son visage, le faisant virer au rouge écarlate. Elle obéit néanmoins, refermant la porte derrière elle, non sans croiser le regard amusé et curieux de sa collègue Émelyne, postée un peu plus loin dans l’open space.

Une fois la porte close, elle se tourna de nouveau vers les deux hommes.

— Approchez-vous et asseyez-vous, ordonna Caleb d’une voix calme mais autoritaire.

Romy sentit ses jambes flageoler légèrement. Qu’avait-elle bien pu faire de mal pour mériter une telle convocation ? Son esprit tournait à toute vitesse, cherchant une erreur récente, un oubli. Elle avança et s’installa d’abord sur la chaise placée au milieu de la pièce, comme pour une visiteuse ordinaire. Caleb fronça les sourcils, visiblement mécontent.

— Non, pas là. Venez avec nous, à la table. Et prenez un café, si vous le souhaitez.

— Non, merci, ça ira très bien, murmura-t-elle poliment.

Elle se releva promptement et vint s’asseoir à côté du notaire, qui la dévisagea avec une expression d’incompréhension totale, comme s’il ne saisissait pas pourquoi elle était soudain intégrée à leur discussion privée.

— J’ai besoin de l’avis d’une femme sur cette question. D’une femme jeune, précisa Caleb. Et je sais que vous, Romy, saurez rester discrète. Ce n’est pas toujours le cas d’Émelyne, même si elle est charmante.

Romy hocha la tête, encore sous le choc de cette invitation inattendue.

— Je vous écoute, monsieur.

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