INICIAR SESIÓNGeorge. Notre George. George qui est mort il y a dix ans, paisiblement, dans sa maison au bord de la mer en Italie. George qui nous a protégés, sauvés, aimés. George qui était plus qu'un ami, plus qu'un employé, plus qu'un frère. George qui a veillé sur notre famille comme sur la sienne. Le garçon a ses yeux, son menton, sa façon de se tenir droit comme un soldat. Il a aussi sa cicatrice — une cicatrice presque identique à celle de George, sur la joue gauche. Et il regarde Rose comme George regardait Isabella, sa femme, avec cette intensité, cette tendresse, cette dévotion absolue. — Lucas, dit Ellie en se levant, les larmes aux yeux. Le petit-fils de George. Je ne savais pas que George avait un petit-fils. — Il ne parlait jamais de sa famille, vous savez, répond Lucas en souriant. Mais il parlait de vous. Tout le temps. Il disait que vous étiez la meilleure chose qui lui soit arrivée, avec sa femme et ses enfants. — Assieds-toi, dis-je en désignant une chaise. Raconte-nous tout.
Rose ferme le poing sur la bague, la serre contre son cœur. Ses yeux verts se remplissent de larmes, mais elle sourit. Un sourire lumineux, éclatant, qui me rappelle tellement son père. — Et un jour, je la donnerai à quelqu'un que j'aimerai ? demande-t-elle. — Oui. Un jour, tu la donneras à quelqu'un que tu aimeras à ton tour. Et ainsi de suite, pour toujours. C'est comme une chaîne, tu comprends ? Une chaîne d'amour qui ne se brise jamais. — Comme les promesses qu'on tient toujours ? — Exactement. Comme les promesses qu'on tient toujours. Elle se jette à mon cou, me serre de toutes ses forces, et je sens ses petites mains s'accrocher à mon dos. Je la serre contre moi, je respire l'odeur de ses cheveux , ce mélange de shampooing à la fraise et d'herbe fraîchement coupée, parce qu'elle passe ses journées dehors avec Fergus , et je ferme les yeux. Ma fille. Ma Rose. L'héritière d'une histoire d'amour qui a traversé les ténèbres pour trouver la lumière. — Maman ? murmure-t-elle c
Ellie Quelques jours après la demande en mariage , la deuxième, la troisième, je ne sais plus combien de fois James m'a demandée en mariage au cours de notre vie , j'appelle Rose dans ma chambre. C'est un après-midi d'automne, les feuilles des chênes commencent à jaunir, et une lumière dorée entre par les fenêtres, projetant des reflets chauds sur les murs tendus de soie ivoire. Rose a onze ans. Elle entre dans la chambre avec cette démarche hésitante qu'elle a depuis peu, cet entre-deux de la préadolescence où l'on n'est plus tout à fait une enfant mais pas encore une femme. Elle porte un jean troué aux genoux, un pull rouge trop grand qui appartenait à Thomas, et ses cheveux noirs et bouclés sont noués en une queue de cheval approximative. — Maman ? Qu'est-ce qu'il y a ? demande-t-elle en s'asseyant sur le bord du lit. — J'ai quelque chose pour toi. Quelque chose de très spécial. Elle me regarde avec cette intensité qu'elle tient de son père, ce regard vert perçant qui semble
L'écrin. Un petit écrin en velours noir, contenant une bague que j'ai fait créer spécialement pour Ellie. Une rose en diamant, avec des pétales d'or blanc et un pistil de saphir, montée sur un anneau de platine. Elle m'a coûté une fortune, mais ce n'est rien comparé à ce qu'elle représente. Elle représente notre histoire, notre amour, notre famille. La petite fille de l'orphelinat qui avait une bague en forme de rose, et le petit garçon qui ne l'a jamais oubliée. J'entends des pas sur le gravier de l'allée, et je me retourne. Ellie apparaît entre les cyprès, vêtue d'une robe bleu pâle qui flotte autour d'elle comme un nuage de soie, ses cheveux dénoués tombant en vagues sur ses épaules. Elle s'est maquillée légèrement, juste un peu de rouge à lèvres et de mascara, et elle est magnifique. Elle est toujours magnifique, même après toutes ces années. Surtout après toutes ces années. — Qu'est-ce que c'est ? demande-t-elle en découvrant la table, les bougies, les roses. — Un dîner. Just
Quand nous arrivons à la villa, la nuit est tombée. Les lumières du perron sont allumées, et Hawthorne nous attend sur le seuil, fidèle à son poste. — Monsieur Sullivan, madame Sullivan. Le dîner est servi. — Merci, Hawthorne. Nous dînerons plus tard. Pour l'instant, je vais coucher les filles. — Bien, monsieur. Je prends Lily dans mes bras, Ellie prend Rose par la main, et nous montons l'escalier de marbre. Les filles sont à moitié endormies, et elles se laissent déshabiller et mettre au lit sans protester. Je borde Lily, embrasse son front, éteins sa lampe de chevet. Ellie fait de même avec Rose, dans la chambre voisine. — Bonne nuit, ma puce. — Bonne nuit, papa. Tu crois que Thomas dort ? — Oui. Il doit être fatigué. — Moi aussi, je suis fatiguée. — Alors dors. Demain, on l'appellera. — Promis ? — Promis. Je referme la porte, rejoins Ellie dans le couloir. Elle me prend la main, et nous descendons au salon, où un feu crépite dans la cheminée. Nous nous asseyons sur le
Rose pleure. Elle a onze ans maintenant, et elle est en pleine crise d'adolescence précoce. Elle essaie de cacher ses larmes derrière ses cheveux, de faire semblant que tout va bien, mais ses épaules tremblent et sa voix s'étrangle quand elle parle. — Tu reviens quand ? demande-t-elle d'une voix brisée. — Bientôt. Je te le promets. — Comme à l'orphelinat ? — Comme à l'orphelinat. C'est devenu notre phrase rituelle, notre formule magique. "Comme à l'orphelinat." Cela signifie : je reviendrai, je ne t'abandonnerai pas, tu peux compter sur moi. Cela signifie que les promesses des Sullivan sont des promesses qu'on tient. Lily, sept ans, ne comprend pas vraiment ce qui se passe. Elle voit son grand frère s'en aller, elle voit les cartons, elle voit les larmes, et elle pleure aussi, par mimétisme, par solidarité, parce que c'est ce qu'on fait quand tout le monde pleure. — Pourquoi Thomas s'en va ? demande-t-elle en tirant sur ma manche. — Parce qu'il va à l'université, ma puce. Pou
Ellie Je ne lui parle pas pendant deux jours. Deux jours entiers. Quarante-huit heures qui s'étirent comme des semaines, comme des mois, comme des années-lumière. Deux jours où chaque minute est une bataille contre l'envie de l'appeler, contre le besoin d'entendre sa voix, contre c
EllieLe lendemain, la colère est revenue. Pas tout de suite. Pas au réveil, quand j'ai ouvert les yeux et que j'ai senti son bras autour de ma taille, sa chaleur contre mon dos, sa respiration régulière dans mon cou. Pas quand il s'est levé pour préparer le café, torse nu dans
JamesL'appartement d'Ellie est silencieux maintenant. Les gars de la sécurité sont en bas, dans une voiture banalisée, à surveiller les allées et venues autour de l'immeuble. J'ai posté deux hommes à chaque entrée, un dans la ruelle derrière, un autre dans le hall. Un déploiem
Je hoche la tête. Je ne sais pas si je dois être déçue ou soulagée. Un peu des deux, probablement. Mais je lui fais confiance. Je lui fais confiance comme je n'ai jamais fait confiance à personne. — D'accord. Bientôt. Il m'attire contre lui, m'enlace si fort qu







