หน้าหลัก / Romance / Aime-moi, détruis moi ! / CHAPITRE 2 — Le réveil sans nom 2

แชร์

CHAPITRE 2 — Le réveil sans nom 2

ผู้เขียน: Les plumes de Jenn ink
last update วันที่เผยแพร่: 2026-05-12 23:55:11

Déesse 

Elle recule d'un pas. Son ombre glisse sur le mur de pierre , trop grande, trop déformée, une ombre qui n'appartient pas à un corps humain.

— Repose-toi. Demain, des gens viendront te voir. Des gens qui te connaissent mieux que tu ne te connais toi-même.

— Attends ...

— Des gens qui t'ont aimée. Des gens qui t'ont trahie. Des gens qui ont versé ton sang et pleuré sur ton corps. Ils viendront. Ils te parleront. Ils te mentiront. Et toi, tu devras choisir qui croire.

— Attends, je t'en supplie ...

Mais la porte est déjà fermée.

Je ne l'ai pas entendue se refermer. Je ne l'ai pas entendue s'ouvrir non plus, d'ailleurs. La femme au masque est partie comme elle était venue , sans bruit, sans trace, sans réponse, sans pitié.

Je reste debout au milieu de la pièce.

Mes mains tremblent. Mes jambes tremblent. Tout mon corps tremble, secoué par quelque chose entre l'orage et l'agonie.

La douleur dans ma poitrine s'est calmée, mais elle n'a pas disparu. Elle attend. Tapie. Patient. Elle sait quelque chose, elle aussi. Elle connaît mon nom. Elle connaît mon passé. Elle connaît la raison pour laquelle je suis dans cette chambre, dans cette cité, dans ce monde.

Et elle ne me le dira pas.

Je retourne m'asseoir sur le lit.

Le bois du cadre gémit sous mon poids. Les draps rugueux grattent ma peau. La lumière bleutée palpite autour de moi, indifférente à ma détresse.

Demain.

Des gens viendront.

Des gens qui me connaissent mieux que moi.

Je serre les poings sur les draps jusqu'à ce que mes jointures blanchissent.

— Alors qu'ils viennent.

Ma voix est à peine un souffle, mais elle remplit toute la pièce.

— Qu'ils viennent tous. Kael. Eryon. La Silencieuse. Et tous les autres. Qu'ils viennent avec leurs mensonges et leurs vérités, avec leurs amours mortes et leurs trahisons vivantes. Je ne reculerai pas. Je ne fermerai pas les yeux. Je ne les laisserai pas me voler ce qui me reste.

Je relève la tête.

— Je saurai qui je suis. Même si je dois brûler Elyndor pour le découvrir.

La pierre noire ne répond pas.

Mais la lumière bleutée, elle, vacille une seconde. Fortement. Comme si quelque chose, très loin, très profond, venait d'entendre mon défi et souriait.

Déesse

Elle revient le lendemain matin.

Je ne l'ai pas entendue venir. Je ne l'ai pas entendue frapper. Je ne l'ai pas entendue respirer derrière la porte. Pourtant, elle est là , la femme au masque blanc. Toujours aussi silencieuse, toujours aussi impossible à lire, toujours aussi dangereusement calme.

Elle entre sans frapper , évidemment et pose un plateau sur la table en bois brut. Du pain. Un liquide chaud dans une coupe de métal noir. Et le même fruit violet que la veille, mais en plus gros, plus mûr, presque trop brillant.

— Mange.

Sa voix traverse le masque comme de l'eau à travers une passoire , filtrée, adoucie, dépossédée de toute émotion.

— Tu en auras besoin.

Je la regarde sans toucher au plateau. Je n'ai pas faim. Ou plutôt, j'ai faim de quelque chose qu'elle ne pose pas sur la table. J'ai faim de réponses. De noms. De visages. De la sensation que ma vie m'appartient, ne serait-ce qu'une seconde.

— Qui es-tu ?

La question sort plus dure que je ne le voulais. Presque un ordre.

— On m'appelle la Silencieuse.

— Ce n'est pas un nom.

— Non.

Elle incline la tête. Le geste est étrangement fluide, comme si sa nuque était faite d'eau plutôt que d'os.

— Mais c'est suffisant. Pour toi. Pour maintenant.

— Pourquoi portes-tu un masque ?

Silence.

— Pourquoi ne veux-tu pas me dire qui je suis ?

Silence.

— Pourquoi suis-je enfermée ici ?

— Tu n'es pas enfermée.

Sa réponse vient trop vite, trop lisse.

— Les murs ne sont pas verrouillés. La porte n'a pas de serrure. Tu peux partir quand tu veux.

— Alors pourquoi je ne pars pas ?

— Parce qu'au fond de toi, tu sais que tu n'as nulle part où aller.

Le coup est précis. Chirurgical. Elle m'a touchée là où ça fait mal et elle le sait.

Je prends une bouchée du pain. Non par faim, mais pour avoir une raison de baisser les yeux, de cacher mon visage, de ne pas lui donner la satisfaction de voir ce que ses mots m'ont fait.

Le pain a un goût étrange. Pas mauvais, mais différent. Plus lourd. Plus dense. Comme si le blé avait poussé sous une autre lumière, une lumière plus ancienne, une lumière qui n'appartient pas à mon ciel. Une lumière bleutée, peut-être. Une lumière comme celle qui remplit cette chambre.

— Elyndor.

Je répète le mot en le mâchant, en le faisant rouler sur ma langue, en cherchant s'il déclenche quelque chose, une émotion, une image, un frisson.

Rien.

Juste la douleur. La douleur ancienne qui pulse, une fois, deux fois, en signe de reconnaissance, puis se rendort.

— Qu'est-ce que c'est ?

La Silencieuse s'assoit en face de moi.

Ou plutôt, elle flotte.

Pendant une fraction de seconde , un battement de cils, un souffle , ses pieds quittent le sol. Elle plane à quelques centimètres au-dessus des dalles de pierre noire. Puis elle se pose sur une chaise qui n'était pas là une seconde plus tôt.

Je cligne des yeux. Une fois. Deux fois. Trois fois.

La chaise est là. Solide. En bois sombre. Elle a toujours été là, apparemment. Elle était là quand je me suis réveillée. Elle était là toute la nuit. N'est-ce pas ?

Ou peut-être pas.

Peut-être que rien n'est fixe, ici. Peut-être que les meubles apparaissent et disparaissent selon la volonté de cette femme masquée. Peut-être que les murs eux-mêmes pourraient s'écarter comme des rideaux si elle le décidait.

— Elyndor est un monde.

Sa voix est douce. Patiente. Comme celle d'une institutrice qui explique à un enfant très lent.

— Mais ce n'est pas un pays. Ni un royaume. Ni une planète, dans le sens où tu l'entendrais.

— Alors quoi ?

Elle se penche légèrement en avant. Le masque blanc capte la lumière bleutée et la réfléchit en petits éclats sur le mur derrière elle.

— Une respiration.

Je pose le pain. J'attends.

— Il y a des mondes où la magie est une exception. Une anomalie. Quelque chose de rare, de précieux, de dangereux. Quelque chose qu'on cache, qu'on contrôle, qu'on redoute, qu'on enferme dans des tours ou qu'on brûle sur des bûchers.

Sa voix ne change pas, pourtant je sens le mépris affleurer. Le mépris pour ces mondes pauvres, ces mondes aveugles, ces mondes qui ne savent pas voir la magie quand elle danse sous leur nez.

— Elyndor n'est pas comme ça. Ici, la magie est naturelle comme le vent. Elle n'a pas besoin d'être invoquée. Elle n'a pas besoin d'être apprivoisée. Elle coule sous les pierres, dans les rivières, entre les mots qu'on prononce. Elle est dans le pain que tu manges et dans l'eau que tu bois. Elle est dans la lumière qui te caresse le visage.

Elle tend la main. Entre ses doigts gantés , des gants fins, presque transparents, qui laissent deviner la peau en dessous , une petite flamme apparaît.

Pas orange. Pas jaune. Bleue. La même couleur que la lumière dans ma chambre. La même couleur que les veines dans la pierre noire.

La flamme danse. Elle grandit, rétrécit, change de forme , d'abord une étoile, puis un oiseau, puis un visage, un visage que je ne reconnais pas mais qui me donne froid.

Puis elle s'éteint.

— Tu es dans la Cité Haute.

La Silencieuse baisse la main.

— Le cœur d'Elyndor. Ici vivent ceux qui guident la magie sans la posséder. Les Gardiens. Les Scribes. Les Silencieux, comme moi. Nous ne contrôlons pas la magie , personne ne contrôle la magie , mais nous l'écoutons. Nous l'orientons. Nous la protégeons contre ceux qui voudraient l'utiliser.

— Utiliser pour quoi ?

— Pour tout. Pour rien. Pour le pouvoir. Pour la vengeance. Pour l'amour. Pour la mort.

Sa voix se fait plus grave sur le dernier mot.

— La magie n'est ni bonne ni mauvaise. Elle est. C'est celui qui la prend qui décide ce qu'il en fait. Et certains... certains prennent trop.

— Et en bas ?

La Silencieuse marque une pause.

Une vraie pause. Pas une hésitation calculée, pas un silence théâtral. Une vraie hésitation, comme si elle n'était pas sûre de vouloir répondre.

— En bas...

Sa voix change. Devient plus douce. Presque triste.

— En bas vivent les autres. Ceux que la magie traverse sans les choisir. Les marchands, les artisans, les simples. Ceux qui ne se souviennent pas qu'Elyndor a un cœur, parce qu'ils ne voient que la surface. Ils vaquent à leurs vies, à leurs amours, à leurs petites morts quotidiennes, sans jamais lever les yeux vers la Cité Haute. Sans jamais se demander pourquoi le ciel est bleuté la nuit. Sans jamais écouter les pierres.

— On dirait que tu les méprises.

— Non.

อ่านหนังสือเล่มนี้ต่อได้ฟรี
สแกนรหัสเพื่อดาวน์โหลดแอป

บทล่าสุด

  • Aime-moi, détruis moi !    Chapitre 145 — La carte des marques  

    DéesseLe vaisseau des sables est une merveille dont je n’avais jamais soupçonné l’existence.Coque longue et basse, bois sombre renforcé de cuivre, trois mâts inclinés portant des voiles d’un tissu gris qui capte aussi bien le vent que la lumière des soleils. Sous la coque, pas de quille : des patins larges, gravés de runes de glisse, qui permettent au navire de survoler le sable comme s’il flottait. Et à la proue, une figure sculptée , un visage de femme aux yeux clos, qui ressemble étrangement à une Silencieuse en paix.Nous quittons le royaume d’Aldrik au matin du septième jour.Kael est debout à la barre, encore pâle, encore bandé sous sa tunique, et plus heureux que je ne l’ai vu depuis Elyndor. Le vent du désert lui plaît. Le mouvement lui plaît. Il a passé trop de sa vie d

  • Aime-moi, détruis moi !    Chapitre 144 — Le nouveau monde  

    DéesseIl faut trois jours à Aldrik pour prononcer une phrase complète.Pendant ces trois jours, le royaume du Saigneur s’effondre doucement, comme un édifice dont on retire la clef de voûte. Les gardes déposent les armes — la plupart étaient tenus par la peur du sang, et la peur du sang est morte avec la marque. Les geôles de verre s’ouvrent une à une. Les esclaves des carrières remontent vers la lumière en clignant des yeux. Dans la capitale, on ne crie pas victoire. On marche dans les rues en silence, comme des gens qui se réveillent d’un très long coma et doivent réapprendre les couleurs.Moi, je passe ces trois jours entre deux veilles.La première, c’est Kael. Il s’est effondré dès que nous avons quitté la salle du trône — ses blessures, le sang drainé, l’effort

  • Aime-moi, détruis moi !    Chapitre 143 — Le court-circuit  

    DéesseSa marque hurle avant lui.Je la sens sous ma paume — la pierre rouge plantée dans son front vibre, chauffe, s’affole. Elle est conçue pour absorber : une bouche, une pompe, un entrepôt. Elle sait tirer la force vitale, la stocker, la convertir en puissance brute. Mais ce que je lui verse n’est pas de la force vitale.C’est la conscience de tout ce qu’elle a jamais pris.Et elle ne sait pas quoi en faire.Le flux inverse monte en lui comme une crue. La douleur volée d’un peuple entier — compressée pendant des années dans les strates de sa marque — remonte le long du canal d’aspiration, sans dénominateur, sans filtre, sans fin. Sa marque essaie de la traiter. Elle ne peut pas. On ne stocke pas la douleur qu’on a causée quand elle vous revient entière, en une seule vague, avec chaque nom et chaque dernier regar

  • Aime-moi, détruis moi !    Chapitre 142 — La guérison par saturation  

    DéesseKael fait la chose la plus folle de sa vie — et il en a fait beaucoup.Il fonce sur le Saigneur, non pas pour frapper, mais pour s’accrocher. Il se jette sur le bras du colosse comme un homme qui escalade un pont qui s’effondre. Le Saigneur ricane et le saisit par la gorge, le soulève, et je vois le sang de Kael affluer vers cette main immense, sa force s’écouler en torrent —— Vite, première sœur, gronde le Saigneur sans me regarder. Viens le sauver. Tu ne fais jamais que ça.C’est exactement ce que je fais.Je cours. Je traverse la mare. Je m’élance — et au lieu de frapper, au lieu de le blesser, au lieu de nourrir sa marque d’une goutte de plus, je fais la chose que personne n’a jamais faite au Saigneur.Je lui prends la main.Ma paume se plaque contre le dos de sa main immense, celle qui étrangle Ka

  • Aime-moi, détruis moi !    Chapitre 141 — Le refus  

    Déesse— Non.Le mot tombe dans la salle comme une pierre dans un puits.Le Saigneur ne bouge pas tout de suite. Puis il hoche lentement la tête, presque respectueux, et sa main retombe le long de son corps.— Alors tu es exactement ce que Maëva a toujours dit de toi, dans ses rêves de prison. Une femme qui choisit la perte et appelle ça de l’amour.Il s’avance.— J’aurais préféré une reine. Je me contenterai d’un festin.Le monde bascule.Je n’ai jamais rien vu d’aussi rapide qu’une chose aussi grande. Il traverse la salle en trois bonds, et le premier coup — un revers du poing — pulvérise l’endroit où je me tenais une demi-seconde plus tôt. Kael me pousse, roule, se relève entre moi et le colosse, et la bataille commence.Elle est titanesque, et elle est perd

  • Aime-moi, détruis moi !    Chapitre 140— Le trône de sang  

    DéesseLa salle du trône occupe le sommet de la pyramide inversée ou son fond, selon la manière de regarder, car tout est renversé ici : on descend vers le pouvoir, on monte vers les geôles.Nous franchissons les doubles portes de verre, et je m’arrête net.Le trône est fait de corps.Je le savais. Je l’avais senti à travers la pierre, pendant ma captivité , un amoncellement de présences figées, des vies arrêtées en plein cri. Mais le sentir et le voir sont deux choses différentes. Le siège du Saigneur est une architecture d’hommes et de femmes cristallisés dans leur sang, vidés, durcis, polis jusqu’à la transparence, empilés en un fauteuil immense. Certains ont encore les yeux ouverts.Le Saigneur est assis dessus.Il nous attend. Il n’a pas appelé ses gardes. Devan

  • Aime-moi, détruis moi !    CHAPITRE 6— L'homme au regard de guerre

    DéesseIl n'entre pas par la porte.Il n'entre par rien.Un battement de cils. Une respiration. Une seconde où je regarde le mur et la seconde suivante où je regarde autre chose et soudain il est là.Debout au milieu de ma chambre.Comme s'il avait toujours été là. Comme si c'était moi qui venais d

  • Aime-moi, détruis moi !    CHAPITRE 5 — Le vide dans la mémoire 2

    Une tristesse si vieille qu'elle a poussé des racines dans mes os. Une tristesse qui n'a pas besoin de cause, parce qu'elle est la cause elle-même. Une tristesse qui a traversé des vies, des morts, des résurrections, et qui est toujours là, fidèle au poste, comme une amie qu'on n'a pas invitée mais

  • Aime-moi, détruis moi !    CHAPITRE 4 — Le vide dans la mémoire

    DéesseAprès le départ de la Silencieuse, je reste assise sur le lit sans bouger.Longtemps.Très longtemps.Le temps passe — je ne sais pas combien. Les heures n'ont pas de sens, ici. La lumière bleutée ne change pas d'intensité. La pierre noire ne se réchauffe ni ne refroidit. Le monde, dehors, p

  • Aime-moi, détruis moi !    CHAPITRE 1 — Le réveil sans nom

    DéesseJ'ouvre les yeux.Le plafond est noir. Pas noir comme la nuit dehors, non ,noir comme une pierre polie depuis des siècles, veinée de reflets bleutés qui coulent lentement, comme des souvenirs liquides qui auraient oublié leur propre sens. Je fixe ces veines pendant un long moment. Elles boug

บทอื่นๆ
สำรวจและอ่านนวนิยายดีๆ ได้ฟรี
เข้าถึงนวนิยายดีๆ จำนวนมากได้ฟรีบนแอป GoodNovel ดาวน์โหลดหนังสือที่คุณชอบและอ่านได้ทุกที่ทุกเวลา
อ่านหนังสือฟรีบนแอป
สแกนรหัสเพื่ออ่านบนแอป
DMCA.com Protection Status