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Chapitre 46

Autor: KellyKarly
last update Fecha de publicación: 2026-05-20 00:39:32

Chapitre 46: Rocaille du parc

Miguel ne l'avait jamais vue rire. Il ne l'avait jamais vue autrement que raide et muette, les épaules crispées, le regard fuyant, dans la salle à manger ou le bureau de son père. Il l'avait crue terne. Effacée. Une souris grise, comme disait Madison. Une présence négligeable.

Mais cette femme-là, dans le jardin, n'avait rien d'effacé. Elle était… vivante. Radieuse, presque.

Il plissa les yeux, agacé par sa propre fascination. Il n'était pas censé la trouver belle.
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    Chapitre 50: L'éclat de rireVilla des Perrin à quelques soirs plus tard. Le crépuscule de décembre enveloppait la villa d'une lumière mauve, froide et silencieuse. Les journées raccourcissaient, le givre ourlait les pelouses à la tombée du jour, et les cèdres centenaires étiraient leurs ombres décharnées sur les allées désertes. Christiane rentrait de la Tour, fourbue mais apaisée par l'odeur de feu de bois qui flottait dans le hall.Depuis quelques jours, elle avait pris l'habitude de passer par le petit salon avant de monter dans sa chambre.Un détour discret, presque superstitieux, pour vérifier si la tasse de thé au jasmin apparaîtrait de nouveau sur la table basse.Ce soir-là, elle n'eut pas besoin d'aller jusque-là.En traversant la galerie qui menait à l'escalier, elle perçut un son.Un son si inhabituel, si étranger à la pesanteur de cette maison, qu'elle s'arrêta net. Cela venait de la bibliothèque, dont la porte était restée entrouverte. Une lumière tamisée filtrait par

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    Chapitre 49: Dîner en solitaireLa nuit était tombée depuis longtemps sur les collines. Un vent d'est s'était levé, faisant gémir les cèdres centenaires et claquer doucement les persiennes de l'aile Ouest. Dans la cuisine de la villa, Christiane Bennett non, Christiane Perrin, elle ne s'habituait pas à ce nom nouait un tablier de toile écrue autour de sa taille, les gestes empreints d'une détermination tranquille.Les domestiques étaient rentrés chez eux depuis une heure. Madame Hawthorne elle-même avait éteint les lumières des communs et s'était retirée dans ses appartements. Pour la première fois depuis son arrivée dans cette maison, la grande demeure était à elle. Ce silence n'était plus hostile ; il était simplement vide, et ce vide, elle pouvait peut-être le remplir.Elle avait passé l'après-midi à ruminer le dîner de la veille. L'humiliation publique, les piques de Madison, le mutisme de Miguel. À un moment, elle avait failli appeler Ernest pour vider son cœur dans la serre, ma

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    Chapitre 47 : L'humiliation publiqueVilla des Perrin à la salle à manger, le vendredi soir suivant. Le dîner familial hebdomadaire, imposé par Xavier Perrin avec la même rigidité qu'une réunion du conseil d'administration, battait son plein dans la grande salle à manger de la villa. Les lustres de cristal, allumés pour l'occasion, jetaient sur la table une lumière d'apparat qui soulignait le contraste entre le luxe du décor et la tension palpable qui y régnait.La table avait été dressée pour huit convives.Xavier présidait à une extrémité, le dos droit, le visage impassible, observant l'assemblée avec une attention de maître de cérémonie.À sa droite siégeait Christiane, dans une robe droite bleu marine qu'elle avait achetée quelques jours plus tôt pour ne pas déparer un vêtement simple, élégant sans ostentation, qui soulignait sa taille fine et la pâleur lumineuse de sa peau. À la gauche de Xavier, Miguel, affalé sur sa chaise, les doigts jouant avec le pied de son verre de vin,

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    Chapitre 46: Rocaille du parcMiguel ne l'avait jamais vue rire. Il ne l'avait jamais vue autrement que raide et muette, les épaules crispées, le regard fuyant, dans la salle à manger ou le bureau de son père. Il l'avait crue terne. Effacée. Une souris grise, comme disait Madison. Une présence négligeable.Mais cette femme-là, dans le jardin, n'avait rien d'effacé. Elle était… vivante. Radieuse, presque.Il plissa les yeux, agacé par sa propre fascination. Il n'était pas censé la trouver belle. Il n'était pas censé la regarder du tout. Elle n'était qu'une pièce rapportée, un pion dans le jeu de son père, une obligation contractuelle. Rien de plus.Et pourtant, il ne parvenait pas à détourner le regard.Ernest tendit une binette à Christiane, et elle la prit avec des gestes précis, presque experts. Elle se pencha sur le massif, ses doigts agiles dégageant la terre autour d'un rosier ancien. Le vieux jardinier lui dit quelque chose, et elle rit de nouveau, ce même rire limpide qui vrill

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    Chapitre 45 : Les mains dans la terreUne semaine plus tard. Octobre s'achevait dans un flamboiement d'or et de cuivre. Les érables du parc s'embrasaient, les pelouses se jonchaient de feuilles pourpres, et l'air vif du matin portait des odeurs de terre humide, de champignons et de fumée lointaine.C'était la saison où la nature se préparait au sommeil, mais dans la serre victorienne, quelque chose renaissait.Christiane avait pris l'habitude de s'y rendre chaque matin avant le petit-déjeuner, et chaque soir après son retour de la Tour. Ses mains, qui maniaient le clavier et les dossiers toute la journée, retrouvaient avec un soulagement presque charnel le contact de la terre, des outils, des feuilles fragiles.Les ampoules de la première semaine s'étaient transformées en cals. Ses ongles, qu'elle avait toujours portés nets et propres, étaient désormais soulignés d'un liséré brun qu'aucune brosse ne parvenait à effacer tout à fait.Ernest était toujours là. Fidèle comme une horloge, i

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