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La chute

Author: Heart flower
last update Last Updated: 2026-01-05 00:32:35

Octobre glissa vers novembre dans un ballet de feuilles mortes et de ciels gris. Je n'avais pas déménagé. Comment l'aurais-je pu sans éveiller les soupçons de maman ? Sans briser son bonheur fragile ? Alors je restai, prisonnière volontaire d'une maison qui était devenue mon purgatoire personnel.

Mais quelque chose avait changé après notre conversation dans la cuisine. Une ligne invisible avait été franchie. Les mots avaient été prononcés, la vérité mise à nu. Et maintenant, nous ne pouvions plus faire semblant de ne rien ressentir.

C'était dans les regards furtifs que nous échangions par-dessus la table du petit-déjeuner. Dans la façon dont il détournait les yeux quand je passais devant lui dans le couloir. Dans la tension électrique qui envahissait la pièce dès que nous nous retrouvions seuls, même quelques secondes.

Nous étions deux funambules marchant sur un fil de plus en plus ténu.

✿*:・゚

Ce fut un mercredi soir que tout bascula.

Maman avait une garde de vingt-quatre heures. Lucas était parti en week-end prolongé avec des amis. Gabriel et moi nous retrouvions seuls dans l'appartement pour toute la soirée et toute la nuit.

J'avais envisagé de m'inventer un rendez-vous, une soirée chez une amie. Mais une partie masochiste de moi voulait rester. Voulait voir jusqu'où nous pouvions tenir avant de craquer.

Je travaillais dans ma chambre depuis deux heures quand j'entendis frapper à ma porte.

— Élise ? Je peux entrer ?

La voix de Gabriel, hésitante.

— C'est votre appartement, répondis-je sans lever les yeux de mon livre.

Il entra, referma doucement la porte derrière lui. Je sentis mon pouls s'accélérer.

— Je voulais vous parler de votre dernière dissertation. Celle sur les femmes de la cour des Médicis.

Je levai enfin les yeux. Il tenait mon devoir à la main, couvert d'annotations rouges.

— C'est la meilleure chose que vous ayez écrite cette année. Peut-être même la meilleure dissertation que j'aie jamais lue d'un étudiant de première année.

Ses yeux brillaient d'une fierté sincère. Malgré tout, malgré le chaos de notre situation, il restait mon professeur. Et j'étais toujours son étudiante.

— Merci, murmurai-je.

— Mais il y a un problème.

Il s'assit sur le bord de mon lit, gardant une distance prudente.

— Votre écriture... elle est devenue plus sombre. Plus désespérée. Regardez ce passage sur Lucrezia Borgia. Vous écrivez : "Elle était prisonnière d'un amour qu'elle ne pouvait avouer, condamnée à vivre dans l'ombre de ce qui aurait pu être." Ce n'est pas vraiment historiquement exact, Élise.

Il me regardait intensément, et je compris qu'il ne parlait pas seulement de ma dissertation.

— Peut-être que je m'identifie à elle, dis-je doucement. À toutes ces femmes piégées par les circonstances. Par les règles d'une société qui ne leur laissait aucun choix.

— Vous avez des choix, Élise. Vous avez toute la vie devant vous.

— Vraiment ? Parce que de là où je suis, j'ai l'impression d'être coincée. Entre ce que je veux et ce que je devrais vouloir. Entre ce qui est juste et ce qui est... réel.

Il posa la dissertation sur le lit, se passa une main dans les cheveux.

— Je ne dors plus, avoua-t-il soudain. Depuis cette conversation dans la cuisine. Je reste allongé à côté de votre mère, et tout ce à quoi je peux penser, c'est à vous. De l'autre côté du mur. Si proche et si inaccessible.

Mon cœur cognait si fort que j'avais peur qu'il l'entende.

— Gabriel...

— Non, laissez-moi finir. Il faut que je dise ça. Que je le dise une fois, même si c'est la pire erreur de ma vie.

Il se leva, faisant les cent pas dans ma petite chambre.

— Vous êtes tout ce que je ne devrais pas vouloir. Trop jeune. Trop brillante. Trop... tout. Vous êtes la fille de la femme que j'aime, l'amie de mon fils, mon étudiante. Chaque raison pour laquelle je devrais vous fuir. Et pourtant...

Il s'arrêta devant moi, ses yeux plongeant dans les miens.

— Et pourtant, quand je vous regarde, j'oublie tout ça. J'oublie la morale, la raison, les conséquences. Je ne vois que vous. Votre intelligence qui m'électrise, votre passion qui m'inspire, votre vulnérabilité qui me brise. Vous êtes devenue mon obsession, Élise. Et je me déteste pour ça.

Les larmes roulaient sur mes joues maintenant. Je me levai, réduisant la distance entre nous.

— Vous croyez que c'est facile pour moi ? Vous croyez que je ne me déteste pas aussi ? Maman est tout pour moi. C'est la personne la plus importante de ma vie. Et vous... vous la rendez heureuse comme je ne l'ai pas vue depuis des années. Comment puis-je vouloir vous arracher à elle ? Quel genre de monstre ça fait de moi ?

— Ça fait de vous un être humain. Avec un cœur qui bat et des désirs qu'elle ne contrôle pas.

— Alors qu'est-ce qu'on fait ? On continue à se torturer ? À vivre dans cette maison en faisant semblant que rien ne se passe ?

— Je ne sais pas. Je ne sais plus rien.

Nous étions si proches maintenant que je pouvais sentir la chaleur de son corps, voir les reflets dorés dans ses yeux, compter les battements de son pouls à la base de son cou.

— Gabriel, murmurai-je. Si nous étions n'importe qui d'autre. Si les circonstances étaient différentes. Est-ce que vous...?

— Oui.

Le mot sortit comme une confession arrachée.

— Sans l'ombre d'une hésitation. Oui.

Le temps se suspendit. Nous étions au bord du précipice, sachant tous les deux qu'un pas de plus nous ferait basculer dans l'irréparable.

Ce fut moi qui franchis cette ligne.

Je posai ma main sur son torse, sentant son cœur battre aussi vite que le mien. Il ferma les yeux, comme si mon toucher lui causait une douleur physique.

— Élise, ne faites pas ça. Je vous en supplie.

— Pourquoi ? Vous allez me repousser ? Me dire que vous ne me voulez pas ?

— Je ne peux pas vous dire ça. Parce que ce serait un mensonge. Et je vous ai promis de ne jamais vous mentir.

Sa main se posa sur la mienne, non pas pour la repousser, mais pour la presser plus fort contre lui.

— Mais si nous franchissons cette ligne, reprit-il d'une voix rauque, il n'y aura plus de retour en arrière. Nous trahirons tout le monde. Votre mère. Lucas. Nous-mêmes.

— Et si je suis prête à vivre avec ça ? Et si une nuit avec vous vaut toute la culpabilité du monde ?

— Vous ne savez pas ce que vous dites.

— Si. Je sais exactement ce que je dis. J'ai dix-huit ans, Gabriel, pas douze. Je suis assez grande pour savoir ce que je veux. Et ce que je veux, c'est vous. Au moins une fois. Au moins pour pouvoir me souvenir de ce que c'est que de ne pas avoir à me cacher.

Ses yeux s'assombrirent. Je vis la bataille se livrer en lui, la raison contre le désir, le devoir contre le besoin.

— Si nous faisons ça, murmura-t-il, je ne pourrai jamais vous oublier. Vous comprenez ? Chaque fois que je toucherai Catherine, ce sera vous que je verrai. Chaque nuit que je passerai dans ses bras, ce sera vous que je voudrai. Vous allez me détruire, Élise Moreau.

— Alors nous nous détruirons mutuellement.

Je ne sais pas lequel de nous deux fit le dernier pas. Peut-être fut-ce les deux en même temps. Mais soudain, ses lèvres étaient sur les miennes, et le monde explosa en mille fragments de lumière.

Le baiser fut tout ce que j'avais imaginé et tellement plus. Doux au début, presque révérent, puis de plus en plus désespéré, comme si nous essayions de nous dévorer mutuellement, de fusionner en une seule entité.

Ses mains s'emmêlèrent dans mes cheveux, m'attirant plus près. Les miennes agrippèrent sa chemise, craignant qu'il ne disparaisse si je le lâchais.

— Dieu, Élise, murmura-t-il contre mes lèvres. Qu'est-ce que vous me faites ?

— La même chose que vous me faites.

Il me souleva, me porta jusqu'au lit mon lit, dans la maison que je partageais avec ma mère. L'ironie était cruelle, mais plus rien n'avait d'importance. Plus rien n'existait en dehors de nous deux, de cette bulle suspendue hors du temps et de la morale.

— Dernière chance, souffla-t-il en me regardant dans les yeux. Dites-moi d'arrêter. Dites-moi de partir. Je le ferai. Je vous le promets.

Pour toute réponse, je l'embrassai à nouveau, versant dans ce baiser tout ce que je ne pouvais exprimer avec des mots. Mon désir, ma peur, ma culpabilité, mon amour impossible.

Ce qui se passa ensuite fut à la fois magnifique et terrible. Magnifique parce que c'était tout ce que j'avais rêvé. Terrible parce que je savais, même dans les moments les plus intenses, que nous venions de franchir un point de non-retour.

✿*:・゚

Plus tard, beaucoup plus tard, nous restions allongés côte à côte dans le noir, n'osant pas nous toucher maintenant que l'urgence du désir était retombée.

— Qu'est-ce qu'on vient de faire ? murmura Gabriel, sa voix chargée d'horreur croissante.

— On a fait une erreur. La plus belle et la plus terrible erreur de nos vies.

Il se tourna vers moi, et dans la pénombre, je vis les larmes briller dans ses yeux.

— Je vous aime. Dieu me pardonne, mais je vous aime. Et ça me rend malade.

Mon cœur se brisa et s'envola en même temps.

— Je vous aime aussi. Et je nous déteste pour ça.

— Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

C'était la question à un million de dollars. Celle qui n'avait pas de bonne réponse.

— Je ne sais pas. On ne peut pas continuer comme ça. Mais on ne peut pas non plus...

Je ne terminai pas ma phrase. Nous savions tous les deux ce que nous ne pouvions pas faire. Nous ne pouvions pas être ensemble. Pas vraiment. Pas de manière qui ne détruirait pas des vies innocentes.

— Je dois partir, dit-il en se levant, cherchant ses vêtements dans le noir. Catherine va appeler bientôt. Elle le fait toujours pendant ses pauses.

Le retour brutal à la réalité fut comme un coup de poing dans l'estomac. Catherine. Maman. La femme qu'il aimait, qu'il avait trahie avec sa propre fille.

— Gabriel...

— Ne dites rien. S'il vous plaît. Laissez-moi juste... partir.

Il s'habilla rapidement, évitant mon regard. À la porte, il s'arrêta, la main sur la poignée.

— Cette nuit n'a jamais existé. Elle ne peut pas avoir existé. Vous comprenez ?

— Oui.

— Mais je ne l'oublierai jamais. Aussi longtemps que je vivrai, je me souviendrai de vous. De ce moment. De ce que nous avions, même si ce n'était qu'une illusion.

Puis il sortit, refermant doucement la porte derrière lui.

Je restai seule dans le noir, mes draps sentant encore son eau de cologne, mon corps portant encore l'empreinte de ses mains.

Qu'avions-nous fait ?

Mon téléphone vibra. Un message de maman.

"Ma chérie, tout va bien à la maison ? Gabriel prend soin de toi ? Je vous aime tous les deux tellement fort. Vous êtes ma famille. ❤️"

La culpabilité me submergea comme une vague, me coupant le souffle. Je courus à la salle de bain et vomis, encore et encore, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien.

Dans le miroir, je ne reconnus pas la personne qui me regardait. Ses yeux étaient ceux d'une étrangère. D'une traîtresse.

J'entendis la voix de Gabriel dans le salon, au téléphone avec maman.

— Oui, mon amour, tout va bien... Élise va bien, elle travaille dans sa chambre... Tu me manques aussi... J'ai hâte que tu rentres... Je t'aime.

Chaque mot était un poignard.

Je glissai le long du mur de la salle de bain, me recroquevillant sur le carrelage froid.

Certaines erreurs ne peuvent jamais être corrigées. Certaines lignes, une fois franchies, vous changent à jamais.

Cette nuit, nous avions détruit quelque chose de précieux. La confiance. L'innocence. L'intégrité.

Et le pire, c'était que malgré toute la culpabilité, malgré toute l'horreur de ce que nous avions fait, une partie de moi ne regrettait rien.

Une partie de moi voulait déjà recommencer.

Et c'était ça, le vrai enfer.

Pas la punition pour nos péchés, mais le fait de les aimer assez pour vouloir les répéter.

✿*:・゚

Le lendemain matin, je trouvai Gabriel dans la cuisine, préparant le café comme si de rien n'était. Comme si le monde n'avait pas basculé la veille.

Nos regards se croisèrent une seconde. Une seule. Mais dans cette seconde, je vis tout : le désir, la culpabilité, l'amour impossible, la certitude que nous venions de tout gâcher.

— Bonjour, Élise, dit-il poliment. Bien dormi ?

— Très bien, mentis-je. Et vous ?

— Comme un bébé.

Nous étions redevenus des étrangers. Des acteurs jouant une pièce pour un public absent.

Mon téléphone sonna. Maman.

— Ma chérie ! Je rentre plus tôt que prévu ! Dans une heure. J'ai tellement hâte de vous voir tous les deux. On pourrait faire un brunch en famille ?

— Oui, maman. Ce serait parfait.

Je raccrochai. Gabriel me regardait, le visage cendreux.

— Elle rentre, dis-je inutilement.

— J'ai entendu.

Le silence s'étira, lourd de tout ce que nous ne pouvions pas dire.

— Ça recommencera ? demandai-je finalement.

Sa main se crispa sur sa tasse.

— Non. Jamais. C'était une erreur. Une terrible, terrible erreur.

— Alors pourquoi ai-je l'impression que vous mentez ? Pourquoi ai-je l'impression que vous aussi, vous savez que c'est loin d'être fini ?

Il ne répondit pas. Il n'avait pas besoin de le faire.

Nous savions tous les deux la vérité.

Ce qui avait commencé la nuit dernière ne pouvait pas s'arrêter aussi facilement.

Nous avions ouvert la boîte de Pandore.

Et il n'y avait plus moyen de la refermer.

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