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Suis-je heureuse ? La dernière fois que je me suis posé cette question remontait à plusieurs mois. Étourdie, je quittai l’entreprise un peu plus tôt que d’habitude.
Il sonnait environ dix-neuf heures. Je descendis sur le parking pour récupérer ma moto et je me mis en route. Il me faudrait trente minutes de route environ pour aller chez moi. Dix minutes après mon départ, je stationnai devant un petit restaurant afin de me mettre quelque chose sous la dent. Un serveur vint me remettre le calendrier des menus et je décidai de prendre un demi-plat de frite au poulet. Je m’apprêtais à déguster mon plat quand mon téléphone se mit à sonner. Je vis le nom de Christy s’afficher sur l’écran. – Je me demande si toutes les meilleures amies sont aussi collantes et têtues comme toi Christy, lançai-je à mon interlocuteur au bout du fil. – Où est-ce que tu es ? Tu vas bien ? demanda-t-elle. – Pour la énième fois, oui, je vais bien. Actuellement je suis dans un restaurant et je m’apprêtais à remplir mon ventre quand un individu décida de m’interrompre, répondis-je avec un semblant de reproche. Je l’entendis rire à l’autre bout du fil avant de me répondre. – Envoie-moi ta localisation tête de mule, je te rejoindrai. Et ne t’avise pas de finir le plat sans moi, dit-elle en riant. – Pour ça c’est déjà perdue. Mon ventre n’a pas d’amis, sœurette. À plus et de grâce dépêche-toi si tu ne veux pas me manquer. – T’inquiète. Bon, à plus. Elle raccrocha et j’attaquai ma fourchette sans plus attendre. Christy mit près de quinze minutes environ avant d’arriver, un temps suffisant pour que je termine mon plat. Je demandai à ce qu’on me serve un jus de citron frais que je commençai à siroter. – Alors ? lança Christy en s’asseyant. – Alors quoi ? - Tu vas divorcer ? – Quoi? Mais ça ne va pas la tête ? On n’en est pas encore arrivée là voyons. – Peut-être mais tu n’es pas heureuse Flore. – Qu’en sais-tu, Christy ? Tu n’es pas mariée. – Toi et moi, on a grandi ensemble alors je te connais mieux que quiconque. Et bien mieux que ton imbécile de mari. – Arrête. Tu sais bien qu’il n’a rien fait. – Quoi ? Il n’a rien fait ? Ton mari est incapable de te faire jouir au lit et tu me dis qu’il n’a rien fait ? Je déposai mon verre de citron sur la table et je respirai une grande bouffée d’air. – Christy, je ne pense pas que le problème vienne de Richard. Je pense que ça vient de moi. Elle me toisa du regard un bon moment, l’air curieux. – Et bah alors tu vas m’expliquer ou quoi ? Qu’est-ce qui te fais dire ça ? – Je ne saurai trop l’expliquer mais parfois j’ai l’impression d’être en manque. Un manque de je ne sais quoi. C’est... C’est difficile à expliquer. – Écoute-moi, chérie. S’il y a bien une chose que j’ai appris depuis le jour où j’ai commencé par baiser, c’est qu’il faut un travail bien fait des deux partenaires pour que chacun puisse atteindre son orgasme jusqu’à une jouissance totale. Alors si ton mari se sent satisfait à chaque fois alors que toi non, c’est qu’il est juste un connard. Je fixai Christy quelques instants et on éclata de rire simultanément. – Christy t’es vraiment chiante des fois, dis-je en riant. – Bah ouais je sais. C’est bien pour cela que tu m’aimes non ? – Je te l’accorde. T’as un degré de folie incomparable. – Écoute Flore, commença-t-elle en prenant ma main dans la sienne. Dans un mariage, on est censé être rempli de bonheur, de vivre des moments fantastiques et tout, même si les moments de tensions ne manquent pas. Alors tu devrais réfléchir à ce que tu veux vraiment. Veux-tu continuer une relation dans laquelle t’es obligée de simuler un orgasme juste pour satisfaire ton homme ? Ou, penses-tu que le mieux serait de prendre un autre chemin ? Tu n’as que vingt-cinq ans, encore très jeune et ravissante. Tu es à la tête d’une entreprise. Tu mérites d’être véritablement heureuse aux côtés d’un homme.Christy me jeta un regard complice et on se mit à rire.– Ah encore une chose, Flore. – Oui? Quoi?– Plusieurs personnes, des femmes surtout, après une rupture du genre, je veux dire après un divorce, sollicite des aides.– Aides? Comment ?– Elles suivent des thérapies. Ça aide beaucoup à vite se remettre après tout ça quoi.– Tu veux que je suive une thérapie ?– Je pense que ça te ferait du bien Chérie, affirma-t-elle avec certitude. Mais c’est juste une proposition, tu n’es pas...– Je suivrai une thérapie. Je suis consciente d’en avoir besoin après tout ce qui s’est passé.– D’accord. Bon allons manger maintenant. J’étais venu ici pour ça et avec la durée qu’on vient de faire dans la chambre, je crains que le repas ne se soit déjà refroidi.– Ce n’est pas grave. Allons-y!Nous prîmes le déjeuner puis je retrouvai la douceur de mon matelas. La maison de Christy n’avait rien de similaire à la grande villa que je venais de quitter. Mais
Je passai le reste de la journée chez Christy puis je décidai de rentrer à la maison, le soir.– Quoi? Mais pourquoi veux-tu rentrer ? – Il le faut. Pour mettre les choses au clair avec Richard. Demain très tôt je viendrai ici. Je pourrais loger ici quelques temps, n’est-ce pas ?– Mais oui bien sûr, chérie. Tout le temps que tu voudras.– Merci Christy. Faut que j’y aille maintenant, dis-je en me dirigeant vers la sortie.– Attends, attends, je te dépose. – Non. Ne te gêne pas. Je prendrai un zem.– J’insiste. Allons-y.Quand on stationna quelques minutes après, devant le portail de ma maison, je pris le temps d’inspirer une grande bouffée d’oxygène avant de descendre de la voiture.– Ça ira? demanda Christy, l’air inquiet.– Oui ça ira. Merci. Passe une bonne soirée.– Merci ma belle. J’espère avoir un signe de toi très tôt demain.– Oui, sans faute.On se fit un au-revoir avant qu’elle ne s’en aille. J’appuyai ensuite sur la sonnerie et le gardien vint m’ouvrir.– Bonne ar
Mon mari me trompait vraiment mais avec un homme. Mon regard s’accrocha à cette scène d’une violence inouïe : mon mari agenouillé, la bouche autour de l’intimité de cet inconnu, comme si c’était la chose la plus naturelle au monde. Un hurlement resta coincé dans ma gorge. Mon esprit refusait de traiter l’information, comme un disque rayé incapable d’assimiler la réalité.Mon entrée subite avait stoppé leur fameux moment intime. Richard se figea en me voyant, les yeux écarquillés de panique. Mais j’étais bien plus horrifiée par ce que je venais de voir. – Flore, balbutia-t-il.J’eus un mouvement de recul, comme si sa voix elle-même me brûlait.Non. Non. Non.Je tournai brutalement les talons et m’élançai hors de la chambre, mon souffle saccadé, mes jambes vacillantes. L’air me sembla soudainement irrespirable, et avant même de comprendre ce qui m’arrivait, un haut-le-cœur me prit. Je vomis violemment contre le mur, incapable de contenir le dégoût qui me submergeait.– Flore? Je r
Je descendis dans le séjour. J’étais totalement perdue après tout ce que mes yeux venaient de lire. Je m’empressai d’essuyer mes larmes quand j’entendis ses pas s’approcher. – Bon, je m’en vais chérie. – Ok. À ce soir, répondis-je en faisant l’effort de cacher mon trouble. Il me lança un regard interrogateur. – Tu vas bien ? Tu as l’air paniqué. – Moi ? Non, c’est juste que j’ai un mal de tête atroce. Je ne sais pas pourquoi. J’irai chercher du paracétamol puis me reposer. Ne t’inquiète pas. – D’accord. À plus. – Oui. À plus Il s’en alla. Que devrais-je faire maintenant ? Le suivre, oui il fallait que je le suive pour savoir avec quelle pétasse il s’envoyait en l’air. Je montai prendre rapidement mon sac et sortis. Il ne fallait pas que je prenne ma voiture ou ma moto au risque de me faire repérer. Je téléphonai à Christy. – Allô! Christy? J’avais raison. Il a une maîtresse. – Richard? Comment l’as-tu su ? Et où est-ce que tu es actuellement ? – Il a rendez-vous avec el
Il déposa son téléphone sur la table et je fis mine de m’éloigner vers la cuisine après l’avoir servie. Je m’arrêtai à quelques centimètres derrière lui, espérant qu’il prenne son téléphone. Ce qu’il ne tarda pas à faire. Je vis clairement le schéma qu’il avait saisi, que je mémorisai rapidement. Je montai prendre mon bain et je redescendis quelques minutes plus tard. Il était déjà parti. J’arrangeai la table et vint m’allonger dans le canapé. Oui, il fallait que j’aille au boulot mais je n’avais pas envie de quitter la maison. Peut-être parce que c’était déjà le week-end ? Ou peut-être parce qu’il fallait que je reste à la maison ce jour-là. Je pris mon téléphone et appela ma secrétaire pour la prévenir que je n’allais pas être présente au boulot. J’allumai un film que je regardai pendant près de deux heures avant d’être emportée par le sommeil. Je ne sais pendant combien d’heures je dormis mais ce qui me réveilla, c’était le bruit d’une voiture. Je me levai et regardai par la
– T’es vraiment folle Christy. Le sexe est vraiment très important pour toi. – Bah ouais. Le tout ne suffit pas de vivre une relation. Il faut surtout bien vivre la relation. – Parfois, quand je t’entends parler ainsi de sexe avec autant d’énergie et de saveur, j’ai l’impression d’être une vraie ignorante dans le domaine. – Sans te blesser chérie, tu es vraiment ignorante. Ce que tu vis là, avec ton ‘‘Richard’’, dit-elle en pesant ses mots sur ‘‘Richard’’, ce n’est pas une vraie passion sexuelle. Le sexe c’est bien plus paradisiaque, c’est bien plus que ce que tu vis. Mais bon, tu aimes ton homme et c’est le plus important aussi je crois. – Oui. Même si je ne suis plus aussi heureuse qu’au début, répondis-je avec tristesse. – Je n’aimerais vraiment pas être à ta place ma belle. Maintenant tu sais ce que tu as à faire. – Oui. Enquêter. Découvrir la vérité. – Voilà. Tu sais quoi ? – Quoi? – J’ai hyper faim alors on ira manger. – Oh non désolée Christy. J’ai encore du boulot,







