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BAISE-MOI 3
BAISE-MOI 3
Author: Déesse

Chapitre 1 — Pacte de velours 1

Author: Déesse
last update Last Updated: 2025-10-30 20:16:08

EVA

Il y a des soirs qui vous arrachent à votre vie ordinaire. Des soirs où l’univers se penche sur vous et murmure : es-tu prête à basculer ?

Je n’étais prête à rien. Juste à survivre à une énième soirée mondaine, invisible dans ma robe noire trop serrée, les pieds en feu, le dos tendu, le plateau d’argent accroché à mes paumes comme une menotte élégante.

L’hôtel Bellamonte brillait comme un joyau sous les lumières dorées. Lustres immenses. Moquettes épaisses. Murmures feutrés d’un monde auquel je n’appartenais pas. Les invités ? Des banquiers arrogants, des femmes étincelantes de diamants, des héritiers oisifs et parfumés.

Et moi, serveuse de l’ombre. Une ombre avec un badge et un faux sourire.

J’avais appris à me fondre. À disparaître. Ne pas parler. Ne pas croiser les regards. Juste circuler. Verser , m'effacer .

Mais cette nuit-là, je n’ai pas su détourner les yeux.

Ils sont entrés sans bruit, comme des spectres trop réels pour appartenir à ce monde.

Deux hommes , deux mirages , deux tempêtes silencieuses dans des costumes hors de prix.

Le premier avait la bouche d’un ange et les yeux d’un démon. L’autre, l’inverse.

Leur ressemblance était troublante. Même mâchoire tranchante. Même regard glacé. Même aura de pouvoir. Pourtant, quelque chose d’opposé vibrait en eux. L’un était feu et l’autre, glace.

Ils avançaient avec une lenteur calculée. Comme s’ils avaient tout le temps du monde. Comme s’ils savaient que bientôt, le monde tournerait autour d’eux.

Et je ne pouvais plus respirer.

— Tu les connais pas ? chuchota Clara, une autre serveuse en se penchant vers moi sans lâcher son sourire professionnel.

— Non... soufflai-je.

— Les jumeaux Volkov. Sasha et Niko. Héritiers Volkov International. Ils possèdent des hôtels, des casinos, des clubs privés. Ils achètent ce qu’ils veulent. Et surtout… qui ils veulent.

Elle a disparu vers une autre table.

Et moi, je suis restée figée.

J’ai senti leur regard avant de le croiser. Une brûlure dans la nuque. Une tension dans l’air, presque électrique.

Puis ils m’ont regardée.

Et tout s’est figé.

Le premier , Sasha s’est avancé vers moi. Il avait l’élégance d’un félin, précis, souple. Un regard d’obsidienne, posé, calculateur.

— Tu t’appelles comment ?

Sa voix était grave, basse, presque une caresse dans le vacarme de la salle.

— Eva, dis-je d’une voix plus rauque que je ne l’aurais voulu.

— Joli. Et vraie, ajouta-t-il, comme s’il venait de lire mon âme.

Il prit une coupe sur mon plateau, effleurant mes doigts. Ce simple contact me fit l’effet d’un choc électrique. Un frisson glacé me remonta l’échine.

Puis l’autre jumeau s’approcha Niko. Plus brut, plus tranchant. Il s’arrêta à quelques centimètres de moi, et souffla quelque chose à l’oreille de son frère. Ses yeux ne me quittaient pas , intenses , inquisiteurs.

— Elle est vierge. Je le sens. Elle le cache mal.

Je blêmis. Mon cœur s’emballa. Une peur sourde, viscérale. Mais… aussi une chaleur, étrange, honteuse, dans le ventre. Comme si ses mots avaient allumé quelque chose que je n’avais jamais osé nommer.

— Est-ce vrai ? demanda Sasha, calmement, presque tendrement.

Je n’ai pas répondu. J’ai serré les lèvres. J’ai voulu détourner le regard. Mais leurs yeux m’avaient prise au piège.

Il tendit alors une enveloppe noire, élégante, épaisse. À l’intérieur, quelque chose de lourd.

— Prends. Lis ce soir. Si tu es curieuse.

Je ne bougeais pas.

— Et pourquoi je le ferai ? Et si je ne le fais pas ? murmurai-je.

— Alors tu rentreras chez toi. Tu reprendras ta petite vie. Tu oublieras tout. Mais un jour, tu te demanderas : et si j’avais osé ?

Ils sont repartis. Sans insister. Comme s’ils savaient déjà.

Et l’air autour de moi est redevenu tiède, inoffensif. Mais plus rien n’avait le même goût.

Chez moi , minuit passé.

L’enveloppe posée sur la table semblait me brûler du regard.

J’ai mis du temps à l’ouvrir. J’ai hésité. Tremblé. Prié, peut-être.

Mais je l’ai fait.

À l’intérieur : un chèque.

Trois millions d’euros.

Et une lettre manuscrite, tracée d’une encre noire aussi froide qu’élégante.

 « Nous te voulons. Pas pour une nuit. 

Tu choisis l’un de nous. L’autre regarde.

Tu nous offres ta première fois, ta confiance, ton abandon.

Nous t’offrons ton prix, ta liberté, ta transformation.

Ce n’est pas une vente. 

Nous serons doux. Ou pas.

Mais ce sera inoubliable.

Si tu acceptes, rejoins-nous demain soir. Suite 77.

Signé : S. & N. Volkov »

Je suis restée là, longtemps, le souffle court, les mains moites.

Ce n’était pas seulement indécent.

C’était… dérangeant. Irrésistible.

J’ai pensé à mon compte en banque vide. À ma vie en suspens. À mon corps, jamais touché, jamais exploré. À mon envie de sentir autre chose que la peur, que la fatigue, que le vide.

Et dans ce vide, ils étaient entrés.

Avec leurs regards de feu. Leur promesse trouble. Leur proposition immorale.

Et moi, la fille sage. La fille transparente. La fille vierge.

Je me suis surprise à avoir envie de dire oui.

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Comments (1)
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Binetou
J’ai adoré dés le départ
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