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Baise-moi encore 3
Baise-moi encore 3
Author: Déesse

Chapitre 1 — La porte interdite

Author: Déesse
last update Last Updated: 2026-02-17 22:33:07

Luna

Je n’aurais jamais dû venir.

Je me répète cette phrase encore et encore en fixant mon reflet dans la vitre sombre de la voiture, comme si ces mots pouvaient me forcer à redémarrer le moteur et à rentrer chez moi. La rue est calme, presque trop élégante pour ce que je m’apprête à faire. Des maisons impeccables bordent l’avenue, leurs jardins parfaitement entretenus respirent la richesse discrète. Les lampadaires diffusent une lumière douce qui donne à la nuit un air irréel, comme si tout était figé dans un décor trop parfait.

Rien ne laisse deviner ce qui se cache derrière la grande bâtisse au bout de l’allée.

Le Velours Noir.

Même penser ce nom me donne l’impression de franchir une ligne invisible. Comme si les syllabes elles-mêmes étaient interdites.

Je vérifie mon téléphone pour la quatrième fois. L’écran reste muet. Aucun message. Aucune notification. Rien.

Mon copain croit que je suis chez une amie. Une soirée films, pizza, discussions interminables et éclats de rire. Une version de moi douce, simple, prévisible. La version de moi qu’il connaît. Celle que tout le monde connaît.

Pas celle qui est assise dans cette voiture, les mains tremblantes, le cœur affolé, prête à sonner à la porte d’un club libertin.

La culpabilité me serre la poitrine au point de me couper la respiration.

Je pourrais encore partir.

Je devrais partir.

Mais mes doigts tremblent déjà sur la poignée de la portière.

Je descends.

Le bruit sec de la portière qui se referme me fait sursauter. Comme si je venais d’annoncer ma présence à tout le quartier. L’air de la nuit est frais, chargé d’une odeur de jasmin qui flotte doucement. Chaque pas sur le gravier résonne trop fort. Mes talons me trahissent, marquant ma progression vers la maison comme un compte à rebours irréversible.

Mon cœur bat si fort que j’ai l’impression qu’il résonne dans mes oreilles.

La façade du manoir apparaît derrière les arbres. Élégante. Silencieuse. Presque respectable. Les grandes fenêtres éclairées diffusent une lumière chaude et dorée, comme une invitation polie.

Si je ne savais pas ce qui se passe ici, je penserais qu’il s’agit d’une réception mondaine.

Une femme sort du portail en riant doucement avec un homme en costume. Il pose une main dans son dos avec une familiarité tendre. Ils ont l’air détendus. Heureux. Normaux.

C’est ce mot qui me trouble le plus.

Normal.

Rien ne semble étrange. Rien ne semble dangereux. Et pourtant, tout en moi hurle que je suis sur le point de franchir une limite.

Je serre mon sac contre moi comme une bouée.

Je ne suis pas normale.

Pas ce soir.

Je m’arrête devant la porte noire. Immense. Imposante. Elle semble absorber la lumière autour d’elle. Une seconde suffit pour comprendre qu’elle marque une frontière invisible. Un passage entre deux versions du monde.

Derrière cette porte, personne ne me connaît.

Derrière cette porte, je ne suis plus la fille raisonnable.

Derrière cette porte, je peux poser des questions que je n’ose même pas formuler à voix haute.

Ma main hésite au-dessus de la sonnette.

Respire.

Je ferme les yeux une seconde. Des images me traversent l’esprit. Toutes ces nuits où je suis restée éveillée trop tard, à lire, à chercher, à essayer de comprendre pourquoi certaines choses m’intriguent autant. Pourquoi l’idée du contrôle me fait peur… et me rassure en même temps. Pourquoi je ressens ce mélange de honte et de fascination.

Pourquoi j’ai besoin de comprendre ce qui se cache derrière cette curiosité.

Je rouvre les yeux. Ma main appuie enfin sur la sonnette.

Le son est discret, presque élégant. Et pourtant, il résonne en moi comme un coup de tonnerre.

Le déclic de la serrure arrive presque immédiatement. Trop vite pour que je puisse changer d’avis. La porte s’ouvre lentement sur une femme élégante en robe noire. Elle me regarde comme si elle m’attendait. Son sourire est calme, rassurant, parfaitement maîtrisé.

— Première visite ?

Sa voix est douce. Aucune surprise. Aucun jugement. Comme si elle avait vu des centaines de femmes trembler devant cette porte avant moi.

Je hoche la tête, incapable de prononcer un mot.

Elle s’écarte légèrement pour me laisser entrer.

— Bienvenue au Velours Noir.

Je franchis le seuil.

La porte se referme derrière moi dans un murmure feutré.

Et à cet instant précis, je comprends que je viens de franchir une limite dont je ne connais pas encore les conséquences… et que je n’ai aucune idée de la femme que je serai lorsque je ressortirai d’ici.

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