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CHAPITRE 3 – LES SERVANTES

last update Veröffentlichungsdatum: 21.09.2026 00:31:38

Théo s'approche. Il est plus jeune. Plus timide. Plus humain. Il me regarde. Il rougit. Ses oreilles deviennent rouges. Ses mains tremblent. Il ne sait pas où se mettre.

— Théo. Je suis le plus jeune. Si tu as besoin de quelque chose...

Il s'arrête. Il ne sait pas quoi dire. Il détourne le regard. Il a honte. De quoi ? De moi ? De lui ? De ses frères ?

Je souris. Un petit sourire. Un sourire vrai. Un sourire qui ne ment pas.

— Merci.

Il rougit encore. Ses joues deviennent rouges. Ses oreilles deviennent rouges. Son cou devient rouge. Il part. Il trébuche. Il se rattrape. Il part.

Kael me regarde. Il croise les bras. Ses muscles saillent. Ses veines ressortent. Il est puissant. Il est terrifiant. Il est beau.

— Tu as conquis mon frère cadet. Impressionnant.

— Je n'ai rien fait.

— C'est ça, le pire.

Il se retourne. Il part. Les autres le suivent. Dorian me regarde une dernière fois. Il sourit. Silas me regarde. Il hoche la tête. Ronan me regarde. Il note. Théo me regarde. Il rougit.

Je reste seule. Une servante s'approche. Elle me regarde. Elle me tend un balai. Un balai usé. Un balai sale. Un balai de rien.

— Les écuries sont par là. Tu commences maintenant.

Je prends le balai. Je vais aux écuries.

Les écuries sont immenses. Des chevaux partout. Des chevaux noirs. Des chevaux blancs. Des chevaux bruns. Ils sont beaux. Grands. Forts. Ils me regardent. Ils ne me jugent pas. Ils ne me crachent pas dessus. Ils ne me volent pas mes vêtements. Ils ne me frappent pas. Ils ne me violent pas.

Je commence à nettoyer. Le foin. La paille. La merde. Je nettoie tout. Je frotte. Je gratte. Je sue. Je saigne. Je nettoie.

Je pense à ma mère. Elle me disait : "Luna, le travail n'est jamais humiliant. Ce qui est humiliant, c'est de baisser les bras."

Je ne baisse pas les bras. Je nettoie. Je nettoie. Je nettoie.

Les heures passent. Le soleil se couche. La nuit tombe. Je m'endors dans l'écurie. Sur la paille. Avec les chevaux. Le froid me mord. La faim me tenaille. La soif me brûle.

Je rêve de ma mère. Elle me sourit. Elle me dit : "Tiens bon, ma fille. Tiens bon."

Je me réveille. Le soleil se lève. Je me lève. Je reprends le balai.

C'est ma nouvelle vie. Une vie de servante. Une vie de rien. Une vie de merde.

Mais je ne suis pas rien.

Je suis Luna.

Et je vais survivre.

Luna

Les servantes du château sont pires que les alpha. Elles sont pires que Séraphine. Elles sont pires que tout ce que j'ai connu. Elles sont pires que la mort. Elles sont pires que l'enfer.

Elles s'appellent Mira, Hilda et Jane. Mira est la chef. Grande. Blonde. Méchante. Des yeux bleus. Des lèvres fines. Des mains qui frappent. Hilda est la suiveuse. Courte. Brune. Stupide. Des yeux vides. Des lèvres épaisses. Des mains qui retiennent. Jane est la silencieuse. Mince. Rousse. Cruelle. Des yeux froids. Des lèvres pincées. Des mains qui déshabillent.

Elles m'attendent devant l'écurie. Elles me regardent. Elles sourient. Pas un sourire gentil. Un sourire mauvais. Un sourire qui promet. Un sourire qui menace.

— C'est ça ? demande Mira. C'est ça l'oméga sans loup ?

Elle s'approche. Elle me tourne autour. Elle me renifle. Elle me juge.

— Elle pue.

Hilda rit. Un rire bête. Un rire méchant. Jane ne dit rien. Elle me regarde. Ses yeux sont froids. Ses yeux sont morts.

— Enlève tes vêtements, dit Mira.

Je la regarde. Je ne bouge pas. Je ne tremble pas. Je ne pleure pas.

— Quoi ?

— Tu m'as entendue. Enlève tes vêtements. Tu es une servante. Les servantes ne portent pas de haillons.

Je regarde mes vêtements. Ils sont déchirés. Ils sont sales. Ils sont usés. Mais ils sont à moi. Ils sont tout ce que j'ai. Ils sont ma dignité. Ils sont ma force.

— Non.

Mira s'approche. Elle me gifle. Fort. Très fort. Ma tête tourne. Ma joue brûle. Mon nez saigne. Le sang coule. Le goût du sang envahit ma bouche.

— Tu n'as pas le droit de dire non. Tu es une rien. Une poubelle. Une oméga sans loup.

Elle me frappe encore. Une fois. Deux fois. Trois fois. Hilda me retient. Ses mains sont fortes. Ses ongles s'enfoncent dans ma peau. Jane me déshabille. Ses mains sont rapides. Ses mains sont cruelles. Elles me volent mes vêtements. Elles me laissent nue. Elles rient. Elles rient. Elles rient.

— Voilà. C'est mieux.

Elles partent. Elles emportent mes vêtements. Elles emportent ma dignité. Elles emportent mon espoir.

Je reste seule. Nue. Dans l'écurie. Le froid me mord la peau. La honte me brûle le cœur. La haine me ronge l'âme.

Je m'enroule dans la paille. Je ferme les yeux. Je pense à ma mère. Elle me disait : "Luna, la honte n'est pas dans la nudité. La honte est dans la méchanceté."

Je ne suis pas méchante. Elles sont méchantes. Elles sont faibles. Elles ont besoin d'écraser les autres pour se sentir fortes. Elles ont besoin de briser les autres pour se sentir entières. Elles ont besoin de voler les autres pour se sentir riches.

Je ne suis pas comme elles. Je ne serai jamais comme elles.

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