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Chapitre 2 suite 2

ผู้เขียน: Les plumes de Jenn ink
last update วันที่เผยแพร่: 2026-01-29 03:34:48

L’information tombe quelques jours plus tard. Le médecin légiste a identifié le corps de Mélisande Dubois grâce aux empreintes dentaires. Sa mort remonterait à quelques mois, voire au jour de sa disparition. L’enquête prend une toute autre direction. Rémi et les autres sont innocentés, car il a relevé de nombreuses fractures et écrasements des os qui ne sembleraient pas être l’œuvre d’un humain. Il s’agirait plutôt d’une attaque animale, reste à définir lequel. J’ai décidé d’acheter le journal pour en savoir plus.

L’article en première page révèle les témoignages de plusieurs éleveurs qui ont retrouvé dans leurs pâturages les carcasses de leur bétail démembré. Le propriétaire de l’écurie Démotan a recensé plusieurs attaques : cinq chevaux présentaient des blessures impressionnantes au niveau de la croupe, du jarret, des flancs, et même de l’épaule, ce qui a entraîné leur abattage, et deux ont même été égorgés dans leur boxe. La presse parle de « bête sauvage » pour l’instant et la possibilité qu’un félin se soit échappé d’un cirque semble l’hypothèse la plus probable. Le journaliste termine sa chronique avec des disparitions de jeunes adultes et fait le rapprochement avec la mort tragique de Mélisande Dubois.

Quelques jours plus tard le corps d’un adolescent disparu est retrouvé atrocement mutilé. Cette histoire me rappelle curieusement la légende du Gévaudan.

À cela viennent s’ajouter des sensations étranges de déjà-vu. Mes mains fourmillent dès que je m’énerve. Et lorsque je frôle un objet du bout des doigts ceux-ci me brûlent et je vois des choses. Je me pose un tas de questions.

J’ai cours de Maths, je n’ai pas eu le temps de faire mes exercices, trop préoccupée par ce qu’il se passe ici. Je crains le pire avec M. Crepaud car il contrôle toujours notre travail. Je sors mon cahier, espérant qu’il ne verra rien, mais il avance jusqu’à moi et constate que les pages sont vides. Quand il me demande de me justifier, je reste silencieuse mais il me menace d’en parler à ma mère. Alors je me défends en lui expliquant que je n’ai pas compris les exercices et que je comptais justement lui en parler, mais au lieu de le satisfaire, il se déchaîne :

— Pas une seule de vos excuses n’est acceptable ! Vous me prenez pour un imbécile ! Au lieu de minauder devant vos camarades, vous feriez mieux de vous mettre au travail. Ce n’est pas comme cela qu’on réussit dans la vie ! Il faut de la persévérance, et vous n’en avez pas ! Votre carnet de correspondance, que je mette un mot pour vos parents !

Ses paroles résonnent. Ma vue se trouble et son visage devient flou, l’espace de quelques secondes, mon cœur s’accélère, mon flux sanguin provoque un sifflement dans mes oreilles. Tout ce que je fais est dicté par mon instinct, je le fixe droit dans les yeux, et tout à coup il n’est plus maître de ses gestes et retourne s’asseoir sans prendre mon carnet. Puis mon esprit se relâche et tout redevient normal.

Toute la journée je me sens déconnectée. Ma vie m’échappe et je ne maîtrise plus rien. Je ne sais plus qui je suis et j’ai l’impression qu’on me cache la vérité, c’est impossible autrement.

Le surlendemain, un dénommé Paul De Loucastan, journaliste d’investigation à Paris, prend rendez-vous avec moi au Pub du Gévaudan. Il est intéressé par les faits survenus récemment ainsi que par la découverte du corps de Mélisande. Il a l’intention d’écrire un article sur moi et veut me rencontrer au plus vite.

Le pub du Gévaudan est le bar le plus branché du coin et aussi le seul de cette ville. Les jeunes s’y retrouvent pour la bonne musique qu’il diffuse et pour jouer à des jeux vidéo une partie de la nuit. J’y suis allée pour la première fois avec Clara.

Avec toutes ces disparitions dans la région, ma mère a bien changé. Elle préfère me savoir accompagnée à chacune de mes sorties et m’encourage même à partir avec les garçons plutôt que seule. Elle me laisse aller avec Thomas qui me sert d’alibi pour rencontrer le journaliste. Loucastan m’a promis de rétablir la vérité. C’est pour ça que j’ai accepté de le rencontrer mais je dois quand même rester sur mes gardes.

J’ai déjà entendu parler de lui à Paris, il se plaît à écrire sur des sujets à scandale et prend toujours la défense des plus vulnérables ; mais je ne sais pas de quoi il a l’air. L’homme qui vient d’entrer pourrait bien être lui, car il porte des vêtements de marque et paraît en grande discussion, le portable collé à l’oreille. Il a passé la trentaine. Grand, plutôt musclé, de type méditerranéen, il ne correspond pas vraiment à l’image que je m’en faisais. Avec le nom qu’il porte, je voyais un maigrichon, plutôt blanc-bec. Il ne m’a jamais vue pourtant il raccroche son téléphone et s'approche de moi sans hésiter.

— Bonjour ! Éléonore Lavallée ? Je suis Paul De Loucastan ! dit-il, sûr de lui.

Il me tend sa main. Surprise par la chaleur qu’il dégage, je m’attarde sur son visage aux traits réguliers. Je m’aperçois qu’il me fixe aussi. Il a de grands yeux noisette avec de longs cils et le teint mat. Sa barbe de quelques jours lui donne un air plutôt décontracté.

— Enchantée ! J’ai vaguement entendu parler de vous, débité-je, impressionnée.

— Je suis connu jusqu’ici ? s’étonne-t-il.

— Non, en fait je suis Parisienne aussi.

— Ceci explique cela ! J’enquête depuis quelques mois sur les faits qui se sont déroulés dans votre région, et l’article d’un confrère m’a conduit jusqu’à vous. Je serais curieux d’entendre comment vous avez su où se trouvait le corps de cette jeune fille ? Les gendarmes n’avaient aucune piste concrète !

— Vous avez lu la presse ? Alors vous savez !

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