LOGINPoint de vue Eden :
Je me réveille dans les bras de Tayler. Je ne sais pas ce qui m’a pris d’accepter qu’il dorme avec moi, mais c’est la première nuit où je dors autant depuis longtemps. Malgré moi, je me sens rassurée contre lui. Je me dégage doucement, regarde l’heure sur mon téléphone : 7h30. Cours dans trente minutes… et le bus est déjà passé. Je secoue Tayler par l’épaule. — Tayler, debout ! On va être en retard. Il murmure des mots incompréhensibles, attrape mon oreiller et le pose sur sa tête. Je pars me doucher rapidement. Une fois sortie, je m’habille d’une robe fluide noire. Heureusement, la baby-sitter s’occupe de Lilou le matin, sinon nous serions encore plus en retard. Quand je retourne chercher mon sac, Tayler est encore dans mon lit. Il nous reste cinq minutes pour partir. Je tente de le secouer… il grogne. Je file dans la salle de bain et reviens avec un verre d’eau que je lui verse dessus. Surpris, il sursaute et me fixe avec des yeux si noirs que j’ai l’impression qu’il pourrait lancer des éclairs. — McKraft ? — Oui ? dis-je innocemment. — Cours. Je n’hésite pas et m’élance dans tout l’étage, dévalant les escaliers à toute vitesse. Ses pas résonnent derrière moi. Dans le jardin, je cherche un point élevé où il ne pourra pas m’atteindre. Agile comme je suis, je grimpe à un arbre en un instant, perchée tout en haut. Tayler me regarde bouche bée. — Si tu veux arriver au lycée à l’heure, il va falloir redescendre, Spider Monkey. Je soupire et commence à descendre. À peine posée sur le sol, il me prend par la taille et me bascule sur son épaule. — Lâche-moi, Lewis ! Attends… NON PAS LA PISCINE ! Avant que je ne puisse réagir, je suis projetée dedans. Tayler rit aux éclats. — Tayler ! tu vas mourir ! — Allez, calme-toi, poupée. Une fois calmée, il tend son bras. — Allez, viens, McKraft. Je ne vais pas te manger. Je le tire vers moi… et il tombe à l’eau de la façon la plus ridicule qui soit. Je ne peux m’empêcher de rire, et à ma grande surprise, lui aussi. Nous sortons de la piscine, trempés. Je file sous la douche pour profiter de l’eau chaude, mais Tayler frappe à la porte. — Eden, grouille ! Il est déjà 8h ! — Quoi ?! 8h ?! On est super en retard ! — Dépêche-toi, sinon je pars sans toi, et tu devras trouver quelqu’un d’autre pour te conduire. Je sors de la salle de bain, serviette sur la tête, vêtue uniquement de mes sous-vêtements. Tayler me fixe, mais je l’ignore et file m’habiller. Un t-shirt blanc et un jean, rien de plus simple. Je le retrouve dans le couloir. — Tayler, grouille-toi, on va être en retard. Il attrape ses clés. Sur le chemin, j’ai le temps de me maquiller, coiffer mes cheveux et lacer mes converses. Puis, il finit par poser la question qui tue : — Tu veux parler de ce qui s’est passé hier soir ? On m’a toujours appris à répondre par une autre question ou à attaquer. Je choisis la première option. — Et toi, tu veux en parler ? — Euh… oui. J’aimerais savoir ce qui t’a mise dans cet état. — Tu n’as pas besoin de le savoir. — Si ! J’ai besoin de le savoir. On va vivre ensemble pendant deux mois, et je ne sais pas comment gérer ça avec toi. Un coup tu es distante, enfermée dans ta chambre, et le moment d’après tu parles à tout le monde, tu rigoles… Il marque une pause, puis reprend : — Tu es super mystérieuse… Comment as-tu arrêté mon coup ? Comment as-tu plaqué Britney ? Comment as-tu grimpé dans cet arbre ? Une personne ordinaire ne pourrait pas faire ça. — Ce n’est pas mon cas, alors… Qu’est-ce que j’ai de la chance ! D’ailleurs, tu ne t’es jamais excusé. — Pourquoi ? — D’avoir tenté de me frapper. — Oui, tu as raison… Pardonne-moi alors. — Tu es excusé… et puis, un coup de plus ne m’aurait pas fait de mal. — Un coup de plus ?! Comment ça ?! Et tu n’as toujours pas répondu à mes questions… Nous arrivons au lycée avec une demi-heure de retard. Je descends de la voiture sans répondre à sa question et me précipite au secrétariat. Tayler me rattrape et saisit mon bras. — Eden, réponds-moi, s’il te plaît. Je tends un billet de retard et passe devant lui, lui mimant un simple « désolée ». Point de vue Tayler : Je ne sais pas qui est vraiment cette fille. Tout ce que je sais, c’est que j’ai envie de la connaître, de tout savoir sur elle. Je n’ai jamais aussi bien dormi de ma vie. L’avoir à mes côtés m’a rendu… fou, dans le bon sens du terme. Ce matin, je ne me suis jamais autant amusé à courir après quelqu’un. Quand elle m’a attiré à elle dans la piscine, je n’ai pas pu m’empêcher de rire. Si quelqu’un d’autre l’avait fait, je crois que je lui aurais éclaté la mâchoire. Mais pas elle… cette fille est exceptionnelle. Elle m’intrigue tellement. Tous ces secrets enfouis en elle me mettent hors de moi, mais en même temps, c’est ce qui la rend fascinante. Tout à l’heure, lorsqu’elle est sortie à moitié nue de la salle de bain… je n’ai pas pu m’empêcher de penser que c’était la chose la plus magnifique que j’ai jamais vue. Je me pose mille questions sur elle. Et ça me rend fou qu’elle refuse d’y répondre. Elle passe à côté de moi, un faible « désolé » échappant de ses lèvres. Je la regarde regagner notre salle de classe. Je choisis de ne pas la suivre. Il faut que je la sorte de ma tête. Je prends mon téléphone et envoie un message à mes potes pour qu’ils me rejoignent à la cafétéria. Je commande nos boissons puis retourne à notre table. Jason me tape l’épaule et s’assoit à côté de moi. Mike et Arthur ne tardent pas à nous rejoindre. Ces trois-là, ce sont mes potes depuis que nous sommes gamins. Nous avons littéralement grandi ensemble. Toutes mes conneries, je les ai faites avec eux. Arthur sort son ordinateur et commence à pianoter dessus, comme à son habitude. — Salut mec, t’es encore en vie ? Ça fait longtemps qu’on t’a pas vu. — Ça se passe bien avec ta « colocataire » ? demande Mike, mimant des guillemets avec ses doigts. Depuis que je leur ai dit que j’habitais avec Eden, ils sont persuadés que je vais finir par tomber amoureux d’elle. Mais ça n’arrivera jamais. — Oui, ça se passe bien… elle est juste un peu distante parfois. — Et évidemment, tu voudrais qu’elle ne le soit pas du tout. — Ouais… Attend, quoi ? Arrête de t’imaginer des choses, toi. Je lui donne un coup de coude. — Mais avoue que tu aimerais bien. — Je n’avoue rien du tout. — Mais si, c’est ça. Le pire, c’est qu’il a raison. Mais ça, je ne le lui dirai jamais. Mike est un bourreau des cœurs, et s’il apprend que j’apprécie Eden, il va essayer de la séduire juste pour m’emmerder. Arthur, qui n’a pas parlé depuis le début, me regarde avec de grands yeux, son visage devenant livide. — Ça va, mec ? — Ils attaquent le lycée. Rien qu’à son expression, je comprends où il veut en venir… et surtout qui sont « ils ». Il tourne son ordinateur vers moi. Ce que je vois ne me plaît pas du tout. L’alerte intrusion retentit dans tout le lycée. Je me lève et pars en courant vers mon cours. Il faut absolument que je trouve Eden. Si jamais ils lui font du mal… je ne me le pardonnerai jamais.Point de vue Eden :Je me réveille dans les bras de Tayler. Je ne sais pas ce qui m’a pris d’accepter qu’il dorme avec moi, mais c’est la première nuit où je dors autant depuis longtemps.Malgré moi, je me sens rassurée contre lui. Je me dégage doucement, regarde l’heure sur mon téléphone : 7h30. Cours dans trente minutes… et le bus est déjà passé.Je secoue Tayler par l’épaule.— Tayler, debout ! On va être en retard.Il murmure des mots incompréhensibles, attrape mon oreiller et le pose sur sa tête.Je pars me doucher rapidement. Une fois sortie, je m’habille d’une robe fluide noire. Heureusement, la baby-sitter s’occupe de Lilou le matin, sinon nous serions encore plus en retard.Quand je retourne chercher mon sac, Tayler est encore dans mon lit. Il nous reste cinq minutes pour partir.Je tente de le secouer… il grogne. Je file dans la salle de bain et reviens avec un verre d’eau que je lui verse dessus. Surpris, il sursaute et me fixe avec des yeux si noirs que j’ai l’impression q
Je reste là, assise en boule à côté de ma bibliothèque, le regard perdu dans le soleil qui se couche derrière les collines.Tayler me rappelle quelqu’un… une vieille connaissance. Ce n’est pas sa faute, pourtant je n’arrive pas à le regarder dans les yeux à cause de ce qu’il s’est passé. Il lui ressemble trop. Cela fait trois jours que je reste enfermée dans ma chambre. Je ne sors que pour aller en cours ou pour accéder à la salle de bain. Je ne mange presque plus.On frappe à ma porte. Je n’y réponds pas.— Eden, c’est Lucie… Tu peux m’ouvrir ? Il faut que je te parle.Je reste immobile, silencieuse.— Allez, ma puce, s’il te plaît… Laisse-moi te dire au revoir. Je pars dans cinq minutes.Cinq minutes… tout est allé si vite. Séparée d’elle pendant deux mois… mon cœur se serre.Je prends mon courage à deux mains et ouvre la porte. Je la serre contre moi.— Tu vas me manquer, tata.— Moi aussi, ma puce… Allez, il faut que j’y aille.Je la laisse partir à contre‑cœur, l’accompagne jusq
Point de vue Eden :J’embrasse ma tante avant de partir pour le lycée.La route me semble plus courte qu’hier, mais mon esprit est en ébullition. Deux personnes que je ne connais absolument pas vont bientôt habiter… ou plutôt squatter chez moi pendant deux mois.Un frisson parcourt mon dos. J’ai toujours été seule, à l’écart, enfermée dans ma bulle, rêvant d’une vie meilleure que celle que je mène aujourd’hui. Et maintenant, tout va changer.Trop de questions me traversent l’esprit : et si je faisais un cauchemar alors qu’ils sont là ? Comment vont-ils réagir ? Que deviendrai-je s’ils découvrent mes secrets enfouis depuis si longtemps ?Je sens la panique monter. Ma cage thoracique brûle, et l’air peine à remplir mes poumons. Il ne faut pas que je craque ici, pas maintenant.Le bus arrive pile à temps. Je cours presque pour monter, respire à pleins poumons et commence à retrouver un semblant de calme.La sonnerie retentit. Je me précipite en classe et me dirige vers mon professeur de
Alors je décide de tout lui dire : ma rencontre avec Monsieur Bad Boy dans le bureau du directeur, mon retour sous la pluie, sans oublier mon altercation assez mouvementée avec Britney.— C’est vrai que cette journée sort de l’ordinaire, dit-elle en riant. Bon allez… repose-toi bien. Essaye de faire de beaux rêves.La façon dont elle a employé le mot essaye me fait doucement sourire.Je me réveille en sursaut, couverte de sueur. Comme à ma merveilleuse habitude.J’ai mal à la gorge. J’ai sûrement dû crier plus que d’habitude cette nuit à cause de ce cauchemar.Je regarde mon téléphone : quatre heures du matin. Il me reste donc deux heures à dormir, mais je sais pertinemment que je ne me rendormirai pas.J’enfile une brassière de sport et un short, puis je sors dehors. Un petit footing à quatre heures du matin ne devrait pas me faire de mal.Je mets mes écouteurs et laisse la musique me guider.Je traverse les champs et les petits sentiers, laissant l’air pur remplir mes poumons. Cela
Le cours de français avec Madame Dubreuil se déroule lentement, dans le calme le plus total.Pourtant, tout au long du cours, j’entends plusieurs discussions d’élèves qui semblent tourner autour de moi.— Tu as vu la nouvelle ? C’est la première qui tient tête à Tayler, tu te rends compte ? chuchote une petite rousse assise au premier rang à sa voisine.— J’suis sûr que j’arrive à mettre la nouvelle dans mon lit ! annonce un blond avec une cicatrice sur l’arcade. J’apprendrai plus tard qu’il s’appelle Kevin.Je me contente d’ignorer ces conversations et de me concentrer sur le paysage que je dessine sur mon cahier.********Le reste de la matinée se passe plutôt bien. J’ai fait la connaissance de Candice. Elle est assez gentille et très forte en maths. Elle m’a proposé de manger avec elle ce midi, ce que j’ai évidemment accepté.Au self, nous nous installons à une table près des fenêtres. Candice est vraiment très jolie. Elle a de beaux cheveux bruns qui tombent en cascade sur ses épa
— Eden ! Eden, réveille-toi bon sang !Le cri de ma tante me tire de mon sommeil. Je me redresse en sursaut, le cœur battant à tout rompre, comme chaque matin. Je lève mes yeux fatigués vers Lucie. Elle m'observe, l’expression neutre, mais je devine l'inquiétude qui pointe derrière son regard.— Tu as encore fait cet horrible cauchemar... murmure-t-elle.— Oui... Mais je n'ai toujours pas envie d'en parler, tranchai-je en m'extirpant du lit.Je me dirige vers la salle de bain sans attendre de réponse. Sous la douche, l'eau chaude qui ruisselle sur ma peau agit comme un rempart. Elle m'aide à oublier. Oublier mon passé, ce que j'ai vécu, ces souvenirs qui me hantent. Pour ne pas sombrer, je me répète mon identité comme un mantra : je m’appelle Eden McKraft, j’ai dix-sept ans. Mon père est mort, ma mère aussi. C’est pour cela que je vis avec ma tante. Ils me manquent à en crever.Je reste là jusqu'à ce que l'eau devienne glaciale. Une fois séchée, j’opte pour un pantalon blanc ajusté et







