LOGINCHAPITRE 47 : LA CONFRONTATION NATHAN-GABRIELNathanJe n'aurais jamais pensé me retrouver un jour assis en face de Gabriel Mercier, dans ce même café où nous complotons contre son père, à boire un whisky comme si nous étions de vieux amis. La vie est pleine de surprises, et celle-ci est l'une des plus étranges que j'aie jamais vécues.Gabriel est arrivé en retard, essoufflé, le manteau trempé par la pluie. Il s'est excusé, a commandé un café noir, s'est assis en face de moi. Depuis, nous nous regardons en chiens de faïence, sans savoir par où commencer. Élise n'est pas là. Elle est restée à la clinique, pour une urgence de dernière minute. C'est la première fois que nous nous retrouvons seuls, lui et moi, depuis son retour.— Merci d'être venu, dit-il enfin.— Élise m'a demandé de te transmettre des documents. Des analyses de sang, des protocoles d'essais cliniques. J'ai passé la nuit à les éplucher.— Et alors ?— Alors c'est pire que ce qu'on imaginait. Les médicaments testés dans
CHAPITRE 46 : LA FILATUREVictor Lemoine---Je suis assis dans ma voiture, garée en face de la clinique Mercier, et je les regarde.Gabriel et Élise sortent ensemble par la porte de service, comme tous les soirs depuis trois semaines. Ils font attention, je dois leur reconnaître ça. Ils ne se tiennent pas la main, ne s'embrassent pas, ne laissent rien paraître de leur relation. Mais moi, je sais. J'ai l'œil pour ce genre de choses. Un regard qui s'attarde, un frôlement de doigts, une manière de marcher à la même cadence. Ils sont amants, et ils complotent contre Armand.C'est mon boulot de le savoir. Armand me paie pour ça. Me paie pour les suivre, les observer, lui rapporter leurs faits et gestes. Depuis que Gabriel est revenu, mon patron se méfie. Il ne croit pas à cette histoire de fils repenti. Il m'a demandé de vérifier.Je les suis depuis le début. Je les ai vus se retrouver dans ce petit hôtel minable de la vieille ville. Je les ai vus échanger des documents, des clés USB, des
CHAPITRE 46 : LA FILATUREVictor LemoineJe suis assis dans ma voiture, garée en face de la clinique Mercier, et je les regarde.Gabriel et Élise sortent ensemble par la porte de service, comme tous les soirs depuis trois semaines. Ils font attention, je dois leur reconnaître ça. Ils ne se tiennent pas la main, ne s'embrassent pas, ne laissent rien paraître de leur relation. Mais moi, je sais. J'ai l'œil pour ce genre de choses. Un regard qui s'attarde, un frôlement de doigts, une manière de marcher à la même cadence. Ils sont amants, et ils complotent contre Armand.C'est mon boulot de le savoir. Armand me paie pour ça. Me paie pour les suivre, les observer, lui rapporter leurs faits et gestes. Depuis que Gabriel est revenu, mon patron se méfie. Il ne croit pas à cette histoire de fils repenti. Il m'a demandé de vérifier.Je les suis depuis le début. Je les ai vus se retrouver dans ce petit hôtel minable de la vieille ville. Je les ai vus échanger des documents, des clés USB, des reg
CHAPITRE 45 : VICTOR LEMOINE ENTRE EN SCÈNEGabrielLa nuit est tombée sur Genève, une nuit sans lune, sans étoiles, comme si le ciel lui-même voulait se faire complice des crimes qui se trament dans l'ombre. Je suis assis dans un café lugubre, dans un quartier que les touristes ne visitent jamais, loin des palaces et des boutiques de luxe. Ici, les rues sont étroites, les réverbères sont cassés, les façades sont couvertes de tags. C'est le Genève des bas-fonds, celui que mon père connaît bien, celui où il recrute ses hommes de main.Je ne suis pas venu seul. À quelques tables de la mienne, dissimulé derrière un journal, Nathan sirote un café tiède. Il est là en renfort, au cas où les choses tourneraient mal. Claire aurait voulu être là aussi, mais je l'en ai dissuadée. Victor Lemoine est dangereux, trop dangereux pour qu'elle prenne le risque de l'approcher. Nathan, lui, a insisté pour m'accompagner. Depuis notre conversation chez Élise, quelque chose a changé entre nous. Il n'est pl
CHAPITRE 44 : LE PREMIER INDICEÉliseLa clinique Mercier est un bâtiment de verre et d'acier, posé sur les rives du lac Léman comme un diamant noir. Tout y est froid, impersonnel, aseptisé. Les couloirs sont immenses, les murs sont blancs, les portes sont automatiques. On se croirait dans un vaisseau spatial plutôt que dans un établissement de soins. Mais derrière cette façade étincelante, je le sais, se cachent des horreurs que personne ne soupçonne.Cela fait maintenant trois jours que j'ai pris mes fonctions de directrice du pôle cardiologie. Trois jours que je souris à des collègues qui me regardent avec méfiance, que je serre des mains moites, que je participe à des réunions interminables où l'on parle de rentabilité, de parts de marché, de stratégie commerciale. Trois jours que je joue la comédie du médecin dévoué, ravi de rejoindre les rangs de la prestigieuse clinique Mercier.Mais aujourd'hui, pour la première fois, je suis seule dans mon bureau. Seule, avec un accès complet
CHAPITRE 43 : LA CHAMBRE D'HÔTELÉliseLa porte de la chambre d'hôtel se referme derrière nous, et le monde extérieur cesse d'exister.Gabriel m'attendait dans le hall du palace, assis dans un fauteuil de velours, un journal déplié sur les genoux. Il ne lisait pas, évidemment. Il guettait mon retour, le visage tendu, les doigts crispés sur le papier. Quand il m'a vue franchir les portes tournantes, il s'est levé d'un bond, a traversé le hall en quelques enjambées, m'a prise dans ses bras sans se soucier des regards indiscrets.— Alors ? a-t-il demandé, le souffle court.— Pas ici. Allons dans un endroit plus discret.Il a compris immédiatement. Nous avons quitté le palace, marché jusqu'à un petit hôtel discret dans une rue perpendiculaire au lac. Il avait réservé une chambre à l'avance, au cas où. Une chambre simple, presque austère, avec un lit à une place, une fenêtre donnant sur une cour intérieure, un papier peint défraîchi. Rien à voir avec le luxe tapageur du palace. Mais c'est







