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Chapitre 108

Author: Léo
last update Last Updated: 2026-02-12 16:39:51

Le petit groupe se dirigea vers la salle de surveillance dans un silence tendu.

Collen, les bras croisés, observait d’un air renfrogné. Mégane se tenait près de lui, une main posée sur son avant-bras dans un geste qu’elle voulait rassurant mais qui paraissait soudain pesante, possessive. Chantelle, toujours d’une pâleur de cire, fixait l’écran principal comme si elle y cherchait son salut, son souffle court. Stéphane, quant à lui, ne quittait pas des yeux les réactions de Collen, guettant le mo
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  • Cent nuits au bandeau noir    Chapitre 109

    Les portes du hall du groupe Wilkerson se refermèrent sur le dos de Chantelle comme une condamnation. Chaque pas vers la voiture de Stéphane était lourdStéphane alluma le moteur. Il était épuisé et voulait prendre un peu de l'air avant de démarrer. Il regarda Chantelle qui avait l'air hagard et le regard ailleurs.Chantelle fixa la voiture anonyme devant eux, incapable de détacher son esprit de la scène qui venait de se jouer.— Il n’a jamais eu confiance en moi, tu sais ? Jamais, murmura-t-elle, la voix brisée. L’affaire Reynolds… c’était exactement la même chose. Des accusations lancées à la légère, un regard qui juge avant de chercher à comprendre. Dès que les choses se compliquent, dès qu’un problème surgit, son premier réflexe est de me pointer du doigt. Stéphane serra le volant, ses jointures blanchissant. La rage qu’il contenait pour elle se mêlait à une profonde exaspération.— Arrête, Chantelle. Arrête de gaspiller ta peine, ton énergie, pour lui. Il n’en vaut pas la peine.

  • Cent nuits au bandeau noir    Chapitre 108

    Le petit groupe se dirigea vers la salle de surveillance dans un silence tendu.Collen, les bras croisés, observait d’un air renfrogné. Mégane se tenait près de lui, une main posée sur son avant-bras dans un geste qu’elle voulait rassurant mais qui paraissait soudain pesante, possessive. Chantelle, toujours d’une pâleur de cire, fixait l’écran principal comme si elle y cherchait son salut, son souffle court. Stéphane, quant à lui, ne quittait pas des yeux les réactions de Collen, guettant le moindre signe de doute, la moindre faille dans sa certitude.— Nous sommes à la date et à l’heure présumées des faits, annonça l’agent d’une voix neutre.L’écran, divisé en plusieurs cadres, déroula des images en noir et blanc d’une froideur clinique. Le couloir du dernier étage, l’entrée du bureau de Collen. — Là, vous voyez, commenta l’agent. 09h03. Mademoiselle Chantelle entre dans votre bureau. Elle n’est pas seule. Puis Monsieur Segarra arrive.Les images muettes montraient une scène tendue

  • Cent nuits au bandeau noir    Chapitre 107

    Le trajet jusqu’au groupe Wilkerson s’était fait dans un silence pesant. Chantelle, les traits lavés mais le visage encore fragile, serrait les poings sur ses genoux, fixant le paysage urbain qui défilait sans le voir. Stéphane conduisait, la mâchoire crispée sur un mutisme déterminé, prêt à affronter l’orage qu’il sentait monter.Dans l’ascenseur, Chantelle baissait les yeux, terriblement timide, comme si la honte et l’accusation pesaient déjà physiquement sur ses épaules. Stéphane posa une main ferme et brève sur son bras.— Respire. Tu n’as rien à te reprocher.Les mots étaient simples, mais dans le tintement métallique de la cabine, ils sonnaient comme une promesse. Elle hocha imperceptiblement la tête, incapable de parler.Devant la porte de Collen, Chantelle, d’une main qui tremblait malgré ses efforts, frappa trois coups secs.La voix de Collen, coupante et autoritaire, répondit presque aussitôt, comme s’il les attendait.— Entrez.Ils poussèrent la lourde porte. Collen était d

  • Cent nuits au bandeau noir    Chapitre 106

    Assise sur le canapé, les mains serrées autour d’une tasse de thé froid, Chantelle lui raconta tout, d’une voix hachée, entrecoupée de sanglots étouffés. L’arrivée de Collen et Mégane avec les policiers, le mandat, les insultes de sa sœur, la fouille… et la découverte du dossier, là, sur son propre bureau.— Je ne l’ai pas pris, Stéphane. Je te le jure sur la vie de ma grand-mère. Je ne l’ai jamais touché après le lui avoir rendu hier soir. Je ne sais pas comment il est arrivé là !Stéphane écoutait, le visage de plus en plus sombre. La logique de l’affaire lui échappait. Voler un dossier pour le rapporter chez soi, c’était absurde. Surtout pour Chantelle.— Voler un dossier pour le rapporter chez soi, le laisser à la vue de tous… C’est insensé, murmura-t-il, plus pour lui-même que pour elle. C’est un piège. Mais un piège qui suppose d’avoir eu accès à ton appartement. Quelqu'un est entré ici.C’est à ce moment, épuisée, vidée par l’aveu, que Chantelle se rappela un détail furtif, ins

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    Les policiers, professionnels et impassibles, début leur fouille méthodique dans le silence tendu de l’appartement. Mégane arpentait l’espace restreint comme une reine inspectant un taudis, lançant des commentaires acides sur la décoration « bon marché » ou la taille du placard, qu’elle qualifia de « niche à chien ».— On se demande vraiment ce que Stéphane trouve à toi, à part un passe-temps de sauvetage douteux, lança-t-elle à voix basse mais distincte, tandis qu’un policier ouvrait un tiroir de la commode.Chantelle, adossée au mur du couloir, les bras croisés sur son peignoir comme une ultime protection, ne répondait plus. Elle fixait Collen, qui restait près de la porte, les yeux rivés sur le sol, refusant tout contact. Chaque seconde qui passait était une torture.Le sergent responsable, un homme nommé Lavigne, se concentra sur le petit bureau en bois clair acheté d’occasion par Chantelle. Il en sortit plusieurs chemises cartonnées, des liasses de factures personnelles, des rele

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    Quand Robin Segarra rentra chez lui en fin de journée, il était méconnaissable. Les épaules voûtées, le regard absent, il avait l’air d’un homme vaincu. Sa femme, Hélène, le vit entrer dans le salon et en resta immobile de surprise. Elle ne l’avait jamais vu ainsi, aussi totalement abattu.— Robin ? Mon Dieu, qu’est-ce qui t’arrive ?Il s’effondra dans un fauteuil, le visage dans ses mains un instant, avant de tout lui raconter d’une voix morne. L’appel furieux de Collen, les accusations de vol, la rupture du contrat, les indemnités payées… et le fait que tout cela avait été déclenché par Stéphane, pour cette femme, Chantelle.— Il a fait ça ? Il a risqué notre partenariat, notre réputation, pour une secrétaire ? s’exclama Hélène, passant de l’inquiétude à une colère froide et précise. Et il a payé pour qu’elle parte ? Où a-t-il pris cet argent ?— De ses fonds propres, sans doute. De ces « activités » qu’il n’a jamais vraiment cessé, murmura Robin.C’en était trop pour Hélène. Elle s

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