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Chapitre 192

Author: Léo
last update publish date: 2026-05-23 00:01:51

Stéphane monta jusqu'au quinzième étage, le visage toujours impassible, mais l'esprit agité. La rencontre entre Edmond et Sophie au septième étage ne lui disait rien qui vaille. Cet homme rôdait partout, se mêlait de tout, parlait à tout le monde. Il fallait faire quelque chose.

Il se dirigea vers le bureau d'Éléonore et frappa doucement à la porte.

– Entrez, répondit la voix de sa tante.

Il poussa la porte et ent
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    L’anniversaire d’Owen s’ouvrit sous un soleil presque insolent.Le jardin avait été dressé avec un raffinement mesuré : longues tables légères, nappes claires, bouquets simples, jeux pour enfants installés plus loin, personnel discret, invités éparpillés entre deux pelouses et la terrasse. Tout semblait doux, familier, presque innocent.C’était précisément ce qu’il fallait.Owen courait déjà d’un groupe à l’autre avec l’énergie éclatante des enfants autour desquels les adultes acceptent de sourire même quand ils se détestent. Sa joie rendait la suite plus dure, mais aussi plus nécessaire. On ne sacrifierait pas la fête à la violence. On interromprait la violence par la vérité.Chantelle était venue.Pas facilement. Pas longtemps, avait-elle dit. Hélène l’accompagnait comme une présence respirable. Théronie, elle, semblait avoir décidé de surveiller l’univers entier à partir de la terrasse. Clarisse restait mobile, attentive à to

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    L’anniversaire d’Owen fut d’abord une idée venue presque par hasard.Puis Collen comprit que ce serait le cadre parfait.Owen était l’un de ces enfants autour desquels les adultes acceptent encore de se réunir sans méfiance immédiate. Une fête familiale élargie, légèrement mondaine sans être officielle, suffisait à faire venir Julia, à la mettre en confiance, à lui faire croire qu’elle pouvait encore jouer avec la scène publique — mais cette fois dans un décor choisi par d’autres.Quand il exposa l’idée à Stéphane et Clarisse, tous deux restèrent silencieux quelques secondes.Ils étaient dans le bureau de Stéphane. Tard. La maison dormait à moitié. On entendait parfois les pas feutrés de Théronie à l’étage, comme si elle vérifiait encore que chacun n’était pas en train de s’effondrer en silence.— Owen ? répéta Clarisse.— Oui.— Tu veux piéger Julia à un anniversaire d’enfant.— Je veux lui offrir le

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    Le lendemain, Collen revint.Cette fois, il avait appelé avant. Non par politesse seulement. Par crainte presque superstitieuse que le simple fait d’apparaître trop brutalement ne fasse reculer Stéphane sur la décision de la veille.Clarisse lui ouvrit encore. Elle portait une chemise large qui n’était pas la sienne — ou plutôt, qui n’était pas celle qu’elle portait d’ordinaire. Une chemise de la maison. Quelque chose, dans ce détail infime, le frappa plus qu’il ne l’aurait cru.Elle devina ce qu’il avait vu.— Ne commence pas à lire des romans dans les tissus, dit-elle.— Trop tard.— Mauvaise habitude.Il entra. Stéphane l’attendait déjà dans le bureau, ordinateur allumé, deux dossiers ouverts, un carnet de notes au milieu.— Assieds-toi, dit-il.Collen obéit.L’atmosphère n’avait rien d’amical, mais rien de rejetant non plus. C’était pire et mieux à la fois : une alliance technique entre gens qui ne peuvent plus se permettre le luxe de se détester inutilement.Stéphane fit glisser

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    Il fallut à Collen plus de courage pour aller voir Stéphane que pour affronter n’importe quel conseil d’administration.Peut-être parce qu’un conseil ne vous regarde jamais comme quelqu’un qui a déjà blessé les siens.Il arriva chez Stéphane en fin de soirée, sans prévenir d’abord, puis resta une minute entière devant la porte avant d’appuyer enfin sur la sonnette. La pluie avait recommencé, fine et froide. Il avait les mains dans les poches, non pour se protéger du vent, mais pour empêcher son corps de trahir davantage ce qu’il venait faire.Ce fut Clarisse qui ouvrit.Elle le regarda une seconde sans parler. Pas d’hostilité franche. Pas de chaleur non plus. Juste cette prudence devenue naturelle autour de lui.— Il est là ? demanda Collen.— Oui.— Je peux entrer ?Elle hésita à peine.— Oui.La maison sentait le café tardif et le calme forcé. Quelque part plus loin, une porte se referma. Stéphane sortit du bureau en remontant ses manches, l’air de quelqu’un qu’on a interrompu au mi

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