Share

Chapitre 97

Author: Léo
last update Last Updated: 2026-02-07 22:07:55

Le matin Chantelle poussa la lourde porte de la maison de Stéphane.

Dans le hall, une silhouette se détacha de l’ombre. Stéphane. Il était adossé au chambranle du salon, déjà habillé pour la journée, mais il portait la nuit sur son visage. Des cernes profonds soulignaient son regard, fixé sur elle. Il l’avait attendue.

Dans la salle à manger adjacente, Théronie disposait des couverts en silence, lançant vers eux des regards furtifs et inquiets.

Chantelle détourna les yeux. Elle voulait monter,
Continue to read this book for free
Scan code to download App
Locked Chapter

Latest chapter

  • Cent nuits au bandeau noir    Chapitre 117

    Chantelle prit une inspiration. Ses mains étaient moites, mais sa voix ne trembla pas.– Apparemment, cher père, tu n'étais pas au courant ou tu fais semblant comme toujours. Elle le regarda droit dans les yeux.– Ferme Ta bouche si tu n'as rien d'important à dire. Tu es fier de la situation actuelle de ta sœur et tu veux envenimer les ?– Envenimer ? Les femmes venimeuses sont devant toi tout les jours. Ta femme préférée et ta fille préférée m'ont tendu un piège. Le but : m'éloigner du groupe Wilkerson, et accessoirement me faire pourrir en prison pour vol de documents confidentiels.Gérard ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit.– Ça a marché à merveille, au début, continua Chantelle, la voix plus dure. Collen m'a crue coupable. La police a fouillé mon appartement. J'ai été humiliée, accusée, traînée dans la boue. Et toi ?Elle planta ses yeux dans les siens.– Toi, tu étais au courant que j'avais démissionné ? Que je ne travaillais plus chez Wilkerson ?Gérard détourna le reg

  • Cent nuits au bandeau noir    Chapitre 116

    Collen rentra chez lui à l'aube, le corps brisé, l'esprit en cendres.Il n'avait pas dormi. Les aveux de Marco Sallé résonnaient encore dans sa tête, en boucle, implacables. Il n'avait pas eu besoin de le torturer. L'homme avait parlé dès qu'il avait compris qui était en face de lui, et dans quel pétrin il s'était fourré.« Ces deux femmes, monsieur. La mère et la fille. Elles m'ont contacté pour me recommander du travail chez vous. Dernièrement elle n'ont dit de déposer un dossier chez une certaine Chantelle, et faire en sorte qu'il soit découvert. Payer : cinq mille euros, moitié à la livraison, moitié après. »« Et vous avez accepté ? »« C'est du travail propre, monsieur. Pas de violence, pas de sang. Juste poser un papier. Je ne savais pas que c'était pour piéger quelqu'un d'innocent. »« Innocent ? »« La petite, là. Chantelle. Elle est venue me voir avec un homme. Ils m'ont proposé le triple pour avouer. J'ai accepté. Mais vous savez quoi, monsieur ? »Marco avait levé les yeux

  • Cent nuits au bandeau noir    Chapitre 115

    Collen franchit la porte du restaurant, silhouette sombre et élégante découpée contre la lumière dorée du hall. Il se dirigea droit vers leur table, chaque pas mesuré, le visage composé aux traits du respect et de la contrition parfaite.Il s'arrêta devant Gérard, inclina légèrement la tête.– Monsieur Gérard. Toutes mes excuses pour ce retard impardonnable.Gérard se leva à moitié, lui serra la main avec chaleur.– Mais non, mais non, monsieur Wilkerson. Les hommes importants ont des emplois du temps chargés, nous comprenons parfaitement.Collen se tourna vers Rhonda, même inclinaison, même courtoisie.– Madame Rhonda. J'espère que l'attente n'a pas été trop pénible.– Pas du tout, Collen. Rhonda lui offrit son sourire le plus bienveillant. Nous savions que vous viendriez.Puis son regard se posa sur Mégane. Sa voix se fit plus douce, presque intime.– Mégane.Elle rougit sous son fond de teint. Ses doigts cessèrent de tripoter la nappe.– Je suis sincèrement désolé de vous avoir fai

  • Cent nuits au bandeau noir    Chapitre 114

    Collen rentra du bureau bien avant l'heure. Il n'avait pas besoin de finir sa journée. Plus rien ne le retenait là-bas.Celle qui donnait du sens à ses journées, qui réchauffait les matins gris avec son café et son sourire discret, celle pour qui il trouvait des prétextes pour prolonger les heures au bureau… elle n'était plus là.Il poussa la porte de son appartement et resta figé sur le seuil. Le silence l'accueillit, épais, oppressant. Il jeta sa veste sur le canapé. Elle glissa et tomba par terre. Il ne la ramassa pas.Ses pas résonnèrent sur le parquet. Il fit les cent pas, encore et encore, du salon à la baie vitrée, de la baie vitrée au bar. Il attrapa une bouteille de whisky, se servit une première rasade. Puis une deuxième. Puis il cessa de compter.L'alcool brûlait sa gorge, mais n'éteignait rien. Les questions tournaient en boucle dans sa tête, un carrousel de doutes et de regrets.Pourquoi cet homme a-t-il dit ces mots devant moi ?Pourquoi Mégane et Chantelle n'ont pas do

  • Cent nuits au bandeau noir    Chapitre 113

    Collen conduisait vers Wilkerson sans vraiment voir la route. Les mots de l’inconnu résonnaient en boucle : « Cette garce de Chantelle doit disparaître. » Et le visage pétrifié de Mégane. Et l’apparition troublante de Chantelle. Les questions le dévoraient.Dans son bureau, il arpentait la moquette comme un fauve lorsque Chantelle entra. Il se figea, son regard sombre s’accrochant au sien.– Alors ? lança-t-il, la voix rauque. Ton appel urgent... C’était pour ça ? Pour ce petit théâtre ?Chantelle soutint son regard sans flancher, mais une immense fatigue l’habitait.– Je t’ai montré la vérité en train de se passer. Tu voulais des preuves vivantes ? En voilà.– La vérité ? ricana-t-il, s’approchant. Qui était cet homme, Chantelle ? Dis-le moi. Qui est-ce et comment tu le connais ? Parce que moi, je vois deux options. Il compta sur ses doigts, un geste sec. Un : c’est un acteur que tu as payé pour piéger Mégane devant moi. Deux : c’est vraiment son contact, et dans ce cas, explique-moi

  • Cent nuits au bandeau noir    Chapitre 112

    Au restaurant, Chantelle était dissimulée derrière un grand paravent décoratif près de l’entrée des cuisines, sentait son cœur battre à un rythme désordonné contre ses côtes. Elle avait choisi cette place après être entrée par la porte de service, une faveur discrète négociée par Stéphane avec le gérant, un ancien obligé des Segarra. De là, elle avait une vue parfaite sur la table 14, une petite table ronde près de la baie vitrée.Elle n’eut pas à attendre longtemps. À 11h58 pile, la silhouette impeccable et nerveuse de Mégane fit son entrée par la porte principale. Elle portait de grandes lunettes de soleil, qu’elle ne retira pas tout de suite, balayant la salle d’un regard furtif. Elle se dirigea droit vers la table 14 et s’assit, tournant le dos à la majeure partie de la salle.Deux minutes plus tard, l’homme, Marco Sallé, apparut. Il avait changé de vêtements, arborant un blouson propre et une casquette basse, mais sa démarche restait reconnaissable. Il se glissa sur la chaise en

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status