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TU L’AS DIT TOI-MÊME

last update Tanggal publikasi: 2026-08-15 00:25:55

POINT DE VUE D’ANIKA

« Quoi ! »

Il parla comme s’il n’arrivait pas à croire ce que je disais, ce qui, pour être juste, était tout à fait compréhensible. Il n’avait probablement jamais imaginé, même dans ses rêves les plus fous, que j’insisterais un jour pour un divorce.

Malheureusement pour lui, je n’étais plus la personne que j’étais avant… maintenant, je m’en fichais de lui.

Simon me fixait comme si je venais d’annoncer que le ciel était vert, comme si j’avais fait une déclaration absurde.

Il pensait probablement que j’étais folle.

D’ailleurs, j’étais l’Anika qui l’aimait tellement que c’en était pathétique.

La même fille qui le suivait partout comme un chiot malade.

La même fille qui l’avait supplié de l’épouser.

La même fille qui avait toléré chaque insulte, chaque humiliation, chaque nuit tardive qu’il n’expliquait jamais.

Cette même fille lui demandait maintenant le divorce.

Je pouvais pratiquement voir l’incrédulité tourner dans sa tête.

Je regardai son visage attentivement.

J’observais simplement.

Parce que je savais exactement ce qu’il attendait.

Il attendait que je me rétracte.

Que je rie et dise que je plaisantais.

Que je m’excuse.

Que je dise que j’étais irrationnelle.

J’étais censée supplier son pardon comme toujours.

Mais je ne le fis pas.

Au lieu de cela, je restai simplement là, les bras croisés, le fixant droit dans les yeux comme si je venais d’énoncer un fait aussi simple que la météo.

« Tu ne peux pas être sérieuse, Anika », dit-il.

Je sifflai avant de pouvoir m’en empêcher.

« Je suis mortellement sérieuse, Simon. Je ne peux plus continuer comme ça avec toi. »

La pièce devint silencieuse.

Quelque chose de sombre passa sur son visage.

Il s’avança soudainement vers moi et saisit mes deux bras.

Fort.

Ses doigts s’enfoncèrent douloureusement dans ma peau.

J’avais l’impression qu’il aurait aussi bien pu écumer de la bouche.

« De quoi est-ce que tu parles même, Anika ? » exigea-t-il. « Tu es ma femme. »

Mes bras palpitaient sous son emprise.

Je me débattis contre lui.

« Lâche-moi, Simon, tu me fais mal. »

Il ne le fit pas.

Alors je tirai mes bras en arrière aussi fort que je le pus jusqu’à ce qu’ils se libèrent.

Ma peau brûlait là où ses doigts avaient été. Je la massai tendrement.

« Qu’est-ce qui ne va pas chez toi ? » demandai-je.

Il se mit à faire les cent pas dans la pièce comme un animal pris au piège.

« Tu es sérieusement en train de faire une crise là », murmura-t-il. « C’est à cause de quelque chose d’aussi trivial que tu fais ça ? »

Pendant une seconde, je crus avoir mal entendu.

Trivial.

Le mot n’arrêtait pas de se répéter dans ma tête comme une mélodie cruelle qui me hanterait probablement pour l’éternité.

Je ricanai, les yeux en feu.

Je me désignai moi-même.

« J’ai perdu notre enfant, Simon », dis-je, ma voix tremblant d’incrédulité. « J’ai fait une putain de fausse couche et tu appelles ça trivial ? »

Le silence qui suivit fut lourd.

Je pensais qu’il ressentirait au moins un peu de remords, même s’il était faux. Mais il n’y avait ni tristesse, ni culpabilité, rien.

Il avait juste l’air… irrité.

Puis soudain il saisit mes deux mains.

« Si c’est à propos du bébé, tu n’as pas à t’inquiéter », dit-il calmement, « on pourra toujours en faire d’autres. »

Avant même que je puisse digérer les mots, il se pencha en avant et pressa ses lèvres contre les miennes.

Mon corps se figea.

J’essayai de bouger, mais c’était comme si mon corps refusait de coopérer. Une multitude de sentiments me traversaient en même temps.

Du dégoût.

De la colère.

Tout explosa d’un coup.

J’essayai de le repousser, mais il m’embrassa encore plus profondément, comme s’il pensait que je jouais à un jeu stupide.

Comme si je faisais la difficile.

Mes dents s’enfoncèrent dans sa lèvre sans prévenir.

Il se recula brusquement.

Sa main alla à sa bouche.

Il s’essuya la lèvre avec l’index et me foudroya du regard.

« Toi… »

Avant même qu’il puisse finir sa phrase, ma main bougea.

La gifle résonna bruyamment dans la pièce.

Sa tête bascula sur le côté.

Pendant un instant, aucun de nous ne bougea.

Je pouvais entendre ses oreilles tinter.

Les miennes aussi.

« Pourquoi tu m’as mis une putain de gifle ? » exigea-t-il.

Ma poitrine se soulevait et mes yeux brûlaient de larmes non versées.

« Tu me dégoûtes », dis-je.

Mes mots étaient tranchants, et je les pensais.

La haine dans ma voix me surprit même moi.

Simon me fixait comme s’il ne reconnaissait plus la femme qui se tenait devant lui.

« Tu te fiches même que notre fils ne soit plus là », continuai-je. « À quel point peux-tu être éhonté ? »

Il croisa les bras comme si rien de tout cela n’avait d’importance.

« Je veux juste passer du temps avec ma femme », dit-il. « Je ne vois pas le problème. »

Je ris amèrement.

« Tu es ridicule. Tu ne me veux même pas. Va voir Bree. »

Au moment où le nom sortit de ma bouche, il s’arrêta.

Il me lança un sourire narquois comme s’il avait compris quelque chose, une pièce manquante du puzzle.

« Alors c’est de ça qu’il s’agit, tu es jalouse de Bree ? »

Je ne répondis pas.

« C’est ta petite sœur, Anika, ne sois pas puérile. »

Toujours le silence.

Il pensait réellement que j’étais jalouse de ma petite sœur.

Il pouvait faire ce qu’il voulait, à ce stade je m’en fichais. Je ne voulais plus rien avoir à faire avec lui, le fait que j’aie demandé le divorce aurait dû être assez clair.

Il me sourit en coin.

« Tu l’as dit toi-même… ne viens pas chialer après. »

Puis il saisit ses clés et sortit directement par la porte.

Je ne l’arrêtai pas, je restai simplement là à le regarder partir.

La maison retomba dans le silence.

Je restai longtemps debout à fixer la porte.

J’attendais de ressentir la déception, mais ce sentiment de vide s’installa de nouveau dans ma poitrine.

Plus tard dans la nuit, j’étais allongée dans mon lit à fixer le plafond quand mon téléphone vibra.

Une fois.

Je l’ignorai.

Deux fois.

Trois fois.

Je fronçai les sourcils et l’attrapai.

Un message de Bree.

Bien sûr.

Mon estomac se noua en l’ouvrant.

La première image se chargea lentement.

Puis la deuxième.

Puis la troisième.

Mon souffle se coupa.

Bree était à moitié nue dans le lit.

Ses cheveux ébouriffés contre l’oreiller.

Les draps couvrant à peine son corps.

Et à côté d’elle…

Simon.

Mon mari.

Dormant paisiblement comme si rien dans le monde n’allait de travers.

Ce n’était pas ça le problème, cependant. C’était ce suçon rouge et brillant qui reposait sur son cou, visible, me fixant.

Mes doigts commencèrent à trembler.

Un autre message apparut sous les photos.

Bree : Devine où est ton mari ce soir ?

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