MasukPendant cinq ans, Gisèle Leblanc a été l’épouse de Maxime Bellamy en apparence seulement, présente, mais jamais vraiment vue. Tout bascule le jour où elle découvre qu’elle est enceinte… et qu’elle le voit sourire à une autre femme comme il ne l’a jamais fait avec elle. C’est ce jour-là qu’elle décide de partir. « Je veux divorcer. » Maxime refuse. Non pas par amour, mais parce qu’il est persuadé qu’elle ne partira pas. Il a tort. Car la femme qu’il a toujours tenue pour acquise s’en est déjà allée. Et pour la première fois, c’est lui qui doit la suivre. Mais certaines décisions ne laissent aucune seconde chance.
Lihat lebih banyakPoint de vue de Gisèle
Mes mains tremblaient tandis que je fixais le rapport médical.
Cinq semaines d'enceinte.
Un bébé. Celui de Maxime.
Mon cœur se serra entre joie et tristesse. Pour la première fois depuis cinq ans, j'osai croire que cet enfant pourrait enfin toucher Maxime et sauver notre mariage.
Mariée à Maxime Bellamy depuis cinq ans, je restais pourtant une épouse invisible. Notre mariage n’avait jamais été rendu public. Aux yeux du monde, Maxime demeurait ce brillant milliardaire célibataire qui avait bâti son empire avant trente ans.
Nous vivions sous le même toit, mais dans deux chambres et deux vies séparées.
À partir de notre troisième année de mariage, Maxime et moi avions convenu que les 10 et 20 de chaque mois seraient consacrés à notre devoir conjugal, uniquement pour donner le change à la famille Bellamy.
Dire que nous faisions l'amour aurait été un mensonge. Ce n'était qu'une transaction silencieuse. Les lumières restaient presque toujours éteintes. Il m'embrassait la nuque, me caressait les seins, puis me pénétrait. Jamais il ne m'embrassait sur les lèvres, comme si ce simple geste lui était impossible. Parfois, au moment de l'orgasme, il murmurait le nom de « Béa », sans se rendre compte de la douleur qui me serrait le cœur.
Il repartait toujours avant l'aube, me laissant seule avec l'illusion que cela suffisait. Après tout, je l'aimais depuis toujours.
Je serrai le rapport contre ma poitrine avant de poser doucement la main sur mon ventre encore plat.
Peut-être que, cette fois, tout serait différent.
« Bonjour ma petite », murmurai-je.
« Madame Leblanc ? »
Je levai les yeux. Une infirmière me souriait patiemment.
« Excusez-moi, oui. Merci. »
Je rangeai le document dans mon sac, remis mon manteau en place et me dirigeai vers la sortie.
C’est alors que je m’arrêtai.
Maxime se tenait à une vingtaine de mètres devant moi, aussi beau que jamais.
Il parlait à une femme à ses côtés, et je reconnus immédiatement Béatrice Thomas, son premier amour.
Elle était toujours aussi magnifique, le genre de femme qui attirait tous les regards masculins dès qu’elle apparaissait. À côté d’elle se tenait un petit garçon, quatre ans, peut-être cinq, aux boucles brunes et aux joues roses. Il tenait sa main d’un côté et celle de Maxime de l’autre.
Tous les trois se tenaient ensemble dans ce couloir, comme une famille parfaite.
Le garçon dit quelque chose et tira sur la manche de Maxime. Et Maxime, mon mari froid et inaccessible, baissa les yeux vers lui et lui sourit sincèrement.
Je ne l’avais jamais vu sourire ainsi, encore moins à moi.
Mes doigts se crispèrent dans mes paumes. J’eus la nausée.
Maxime et Béatrice. Leur histoire n’était un secret pour personne. Avant notre mariage, elle était celle qu’il devait épouser.
Pour Maxime, j’étais celle qui lui avait volé sa vie et pris la place de Béatrice à ses côtés, une opportuniste apparue au bon moment qui avait profité de l’influence de sa grand-mère pour obtenir ce qui lui revenait.
En réalité, j’avais connu Maxime avant Béatrice. Mais lui ne se souvenait pas de moi.
« Gisèle Leblanc ? »
Je m’apprêtais à partir, mais sa voix m’arrêta.
« Oh mon Dieu ! Gisèle ! C’est vraiment toi ? »
Elle s’approcha déjà, les bras ouverts, un large sourire aux lèvres.
Je lui rendis son sourire.
« Bonjour. Oui, c’est moi. »
« Incroyable ! On ne s’est pas vues depuis la remise des diplômes ! »
Elle me prit brièvement dans ses bras, avec une chaleur sincère. Cela ne fit qu’aggraver la situation.
« Et voici Maxime », dit-elle en le désignant du doigt. « Mon… mon copain. »
Mon mari se tenait à deux mètres de là, sans prononcer un seul mot.
« Nous sommes ici pour la visite médicale de Théo », poursuivit-elle en montrant le garçon. « Et toi ? Qu’est-ce qui t’amène ? »
« Euh… »
Je n’eus pas le temps d’en dire plus que Théo se jeta soudain sur les jambes de Maxime.
« Papa, je suis fatigué ! Porte-moi ! »
Le mot résonna comme un coup de massue.
Avais-je mal entendu ? Papa ?
Maxime le rattrapa sans hésiter et le souleva avec aisance.
« Tu peux me faire un bisou ? » demanda Théo en lui caressant le visage de ses deux petites mains.
Maxime sourit, le prit dans ses bras et l’embrassa sur la joue.
Le bonheur dans leurs yeux me brisa le cœur.
La gorge nouée, je gagnai l’ascenseur sans un mot.
Je n’allais pas annoncer ma grossesse à Maxime. Ce n’était pas nécessaire. Après tout, il ne voulait peut-être pas de cet enfant.
Une fois au volant, les larmes coulèrent enfin.
L’immense demeure des Bellamy, à Lyon, se dressait derrière des grilles en fer et des jardins impeccablement entretenus.
Virginie Laurent, la grand-mère de Maxime, y vivait depuis quarante ans. C’était elle qui avait arrangé notre mariage. Elle voulait un héritier pour l’empire Bellamy, alors Maxime et moi avions convenu de nous retrouver deux fois par mois.
Inès, la gouvernante, ouvrit la porte avant même que j’aie fini de sonner.
« Bonjour, Gisèle. Tu viens voir Madame Laurent ? Elle est au jardin. »
Virginie arrosait une rangée de lys blancs lorsque je la trouvai.
Elle portait une robe en lin gris pâle, et ses cheveux blancs étaient relevés. Malgré son âge, elle avait l’air d’une femme qui avait toujours su comment les choses finiraient.
Elle se retourna avant même que je puisse parler, comme si elle avait entendu mes pas sur le gravier et savait déjà pourquoi j’étais venue.
« Oh, te voilà ! », dit-elle d’un ton léger.
Le jardin était silencieux. Au-delà des haies, un oiseau chantait. Je joignis les mains et m’obligeai à respirer.
« Mamie », dis-je doucement, « je veux demander le divorce à Maxime. »
Point de vue de GisèleNous étions assis dans la voiture en silence, et les questions du journaliste continuaient de me peser, rendant la situation déjà inconfortable entre Maxime et moi encore plus difficile. Je ne cessais de penser à Théo, surtout après avoir entendu le journaliste demander si Maxime allait maintenant réclamer sa garde complète. Honnêtement, en tant que mère, cette question me préoccupait beaucoup. Avec qui Théo était-il maintenant ? Était-il avec une nounou ou quelqu'un de la famille de Béatrice ? Est-ce qu'il allait bien sans sa mère, surtout après l'avoir vue être emmenée par la police ? Quels que soient mes sentiments envers Béatrice, Théo restait un enfant et il n'avait rien à voir avec les actes de sa mère. Je ne pouvais donc pas m'empêcher de me demander s'il comprenait ce qui était en train de se passer ou s'il était simplement effrayé parce que la personne sur laquelle il comptait le plus venait soudainement de disparaître.Soudain, mon téléphone vibra dan
Point de vue de GisèleJ'eus tellement de mal à croire ce que Camille venait de m'annoncer que, pendant quelques secondes, je restai complètement immobile avec mon téléphone contre mon oreille. Mon cœur battait rapidement et une sensation étrange parcourait tout mon corps, comme si je n'arrivais plus à sentir correctement mes jambes.Béatrice avait été arrêtée.La personne que j'avais accusée depuis le début, celle que personne ne semblait vouloir croire entièrement responsable de tout ce qui était arrivé à ma famille, se trouvait maintenant entre les mains de la police.« Camille... tu es sûre ? »« Oui, Gisèle. Je viens de voir les informations et j'ai aussi reçu la confirmation. Les policiers l'ont arrêtée chez elle tôt ce matin. »Je fermai les yeux quelques secondes, incapable de répondre.« Elle a vraiment été arrêtée ? »« Oui. »« Pour l'affaire de maman ? »« D'après ce que j'ai compris, elle a été placée en garde à vue dans le cadre de l'enquête. Ton avocat devrait pouvoir t
Point de vue de MaximeJe me réveillai avec un mal de tête si violent que je dus fermer les yeux pendant quelques secondes avant même d'essayer de comprendre où je me trouvais. Ma bouche était sèche et mon esprit semblait complètement embrumé. Je regardai autour de moi, essayant de reconnaître la pièce, mais quelque chose dans cette chambre me semblait immédiatement étrange.Puis je tournai la tête vers la droite.Béatrice dormait profondément à côté de moi.Je restai immobile pendant plusieurs secondes, incapable de comprendre ce que je voyais. Mon regard descendit lentement vers le drap qui nous couvrait et, lorsque je compris que ni elle ni moi ne portions de vêtements sous les couvertures, mon cœur se mit à battre beaucoup plus vite.Je me redressai brusquement.« Béatrice ! Qu'est-ce qui s'est passé ?! »Ma voix la réveilla immédiatement. Je repoussai le drap et cherchai précipitamment mon pantalon, qui gisait au sol avec le reste de mes vêtements. Mes gestes étaient désordonnés,
POV de GisèleLe médecin passa près d'une heure à examiner maman avant de sortir de l'unité de soins intensifs pour me donner des nouvelles. Pendant tout ce temps, je restai assise sur une chaise dans la salle d'attente, incapable de rester réellement calme. Mes doigts se crispaient régulièrement autour de mon téléphone, et toutes les quelques minutes, je finissais par me lever pour m'approcher de la petite fenêtre de l'unité. Les stores pliants couvraient presque entièrement la vitre, mais il y avait un petit espace entre deux lamelles qui me permettait d'apercevoir une partie de la chambre. Chaque fois que je regardais à travers cette ouverture, j'espérais voir le moindre mouvement de maman.Je savais parfaitement que j'étais une femme indépendante. J'avais toujours été capable de gérer mes problèmes seule, de prendre des décisions difficiles et de continuer à avancer même lorsque personne ne venait m'aider. Pourtant, assise dans ce couloir d'hôpital, je ressentais quelque chose de
Point de vue de Gisèle Après ma visite à l’hôpital hier, j’étais rentrée tôt pour me reposer. Maxime n’était toujours pas rentré dans la nuit. Le lendemain matin, je passai par un cabinet d’avocats pour faire rédiger l’acte de divorce. De retour à Montfleury, je posai mon sac sur la table de l’
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