LOGINBruceBruce observait la scène à travers les fentes des volets du bureau. À l’intérieur, John était visiblement agacé par les deux hommes assis en face de lui. Bruce n’aurait voulu être à la place d’aucun d’entre eux. L’un était le directeur de l’usine, l’autre, le directeur financier. Tous deux semblaient extrêmement mal à l’aise.Ils se trouvaient dans l’une des entreprises du groupe Walker, une cimenterie dont les résultats étaient en deçà des attentes. John avait pour habitude d’effectuer des visites inopinées et aléatoires dans les entreprises du groupe, sans préavis. Il avait appris cela du vieux Walker : ne jamais s’éloigner trop des affaires. Où qu’il aille, il emmenait une équipe d’audit et passait les différents services au crible.C’est pourquoi toutes les entreprises et toutes les unités vivaient dans une vigilance constante et personne ne savait quand le « requin des affaires » ferait son apparition.Mais cette visite s’éternisait plus que d’habitude. En temps normal,
Elle comprenait désormais pourquoi John lui avait reproché de s’être vendue.— Papa, comment as-tu pu accepter ça ?Peter restait silencieux, n’osant pas la regarder dans les yeux.Elizabeth referma le contrat et se leva. La révolte lui brûlait la gorge, mais elle refusait de pleurer ici.Elle attendait une explication de la part de son père, mais c’est Helen qui prit la parole, avec une douceur inhabituelle.— Elizabeth, nous n’avons pensé qu’à ton bien.— Mon bien… ou le vôtre ? — rétorqua-t-elle avec amertume. — On dirait que vous avez été très bien récompensés.Elle se retourna pour sortir, mais, en traversant le salon, elle jeta un regard vers l’endroit où se trouvait autrefois le piano de sa mère, qu’elle aimait tant jouer. Elle retourna dans le bureau.— Où est mon piano ?Peter resta silencieux.— Il ne s’accordait pas avec la nouvelle décoration, alors nous l’avons mis au garde-meuble — répondit Helen froidement.Elizabeth n’arrivait pas à croire que le piano de sa mère se tr
La maison du père d’Elizabeth n’était pas un manoir, mais elle se distinguait néanmoins comme l’une des plus imposantes de ce quartier chic en plein essor.James, attentif, resta à ses côtés tandis qu’elle gravissait les marches de l’entrée. Elle sonna fermement à la porte. Quelques secondes plus tard, une femme de ménage ouvrit la porte, surprise de la voir. — Madame Elizabeth… quelle surprise ! — dit-elle en lui laissant le passage.— Bonjour, Dolores, répondit-elle avec un léger sourire en entrant.La maison avait changé. Son ancien piano droit avait disparu. La décoration, autrefois discrète et sophistiquée, avait été remplacée par des éléments d’une ostentation exagérée.Il ne fallut pas longtemps pour que sa belle-mère apparaisse en haut de l’escalier, descendant avec un sourire aux lèvres. Après tout, Elizabeth était désormais Mme Walker.— Elizabeth, quelle surprise ! — s’exclama-t-elle, affichant une joie forcée. — Je ne m’attendais pas à te voir si tôt.— Où est papa ? —
Ce qu’elle ignorait, c’est que John était resté tard au bureau, essayant de se changer les idées. Il s’était plongé dans les rapports et les tableaux, comme si les chiffres pouvaient faire taire les sentiments qui le tourmentaient. C’est pourquoi il avait reporté sa frustration sur Bruce, rejetant tous les bilans et fixant des objectifs de plus en plus exigeants.Bruce, quant à lui, trouvait absurdes les propositions de son patron. Lorsqu’il tenta de discuter, il fut immédiatement interrompu :— Fais simplement ce que je te dis, dit John d’un ton sec.— Oui, monsieur », répondit Bruce d’une voix las.Il était déjà habitué aux moments de brusquerie de la part de John, mais ces derniers temps, la mauvaise humeur de son patron était devenue insupportable. Il était brusque avec tout le monde ; rien n’était jamais assez bien. Même les meilleurs rapports n’échappaient pas à ses critiques sévères, ce qui mettait l’équipe à vif.John et Bruce entretenaient autrefois de bonnes relations pro
— Tu as apporté ce que je t’ai demandé ? demanda John d’une voix ferme.— Oui, monsieur. — Bruce ouvrit la mallette en cuir et en sortit une boîte contenant un nouveau téléphone portable et une carte de crédit.John regarda l’appareil et la carte d’un air autoritaire, puis lui fit signe de les remettre à Elizabeth— À partir de maintenant, tu utiliseras ce portable. Il contient déjà tous les contacts dont tu as besoin, et personne d’autre que ceux-là. Ne t’inquiète pas, tes fichiers multimédias ont été conservés. Et, en tant qu’épouse, je te donne une carte de crédit sans limite. Tu peux dépenser comme tu le souhaites. Son sourire était froid et calculé.Bruce se tourna vers Elizabeth avec un embarras manifeste. Elle ne prit que le téléphone portable, refusant la carte. — Il n’est pas nécessaire de me donner une carte », dit-elle avec fermeté et une certaine fierté.John esquissa un sourire cynique. Elle était douée, il ne pouvait le nier ; elle jouait à la perfection le rôle de la
Elizabeth ne savait pas combien de temps elle était restée là, en prière silencieuse. Quand elle sortit de la chambre, la maison était plongée dans un silence complet ; il n’y avait aucun signe de John et elle n’osa pas le chercher. Elle décida d’explorer la maison. Le manoir était vraiment immense ; peut-être l’avaient-ils construit dans l’espoir d’y accueillir une grande famille… ou peut-être que sa taille ne servait qu’à renforcer le pouvoir de ceux qui y habitaient.Elle retourna dans le salon, qui donnait sur une grande terrasse et, au-delà, un vaste jardin.La pelouse était impeccablement tondue, et des fleurs s’étalaient de tous côtés dans des compositions soigneusement étudiées. Au fond se trouvaient un court de tennis et une piscine à débordement, digne d’une couverture de magazine. L’endroit était éblouissant, mais il ne la touchait pas. Elle préférait une maison simple, avec des câlins sincères et des rires spontanés. Un vrai foyer, pas un palais silencieux.Alors qu’e







