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CHAPITRE 87 – Les explications de Serena (fin)

作者: L'encre
last update 公開日: 2026-06-04 14:12:57

Ses mains s’allongèrent, ses doigts se recourbèrent, des griffes nacrées percèrent le bout de ses ongles. Ses épaules roulèrent en arrière, sa colonne se courba légèrement, et une fourrure d’un gris argenté, presque blanc, se mit à pousser sur ses bras, sur son cou, sur son visage. Ses traits s’affinèrent, s’étirèrent, sans jamais perdre leur beauté. Son nez se retroussa, ses oreilles s’allongèrent en pointes élégantes, et quand elle rouvrit les yeux, ils étaient jaunes – d’un jaune pâle, trans
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  • Crocs Et Résilience   CHAPITRE 161 – Le retour au calme

    — Parce que je te connais. Parce que je te vois. Pas le loup. Pas l’héritier. Pas le futur Alpha. Toi. Kael. Celui qui m’a sauvé la vie sur le parking de l’hôpital sans même savoir qui j’étais. Celui qui a passé des nuits entières devant ma porte pour me protéger. Celui qui m’a tenu la main dans le verger et qui m’a promis de reconstruire ce monde avec moi. Tu n’es pas un monstre. Tu n’as jamais été un monstre. Tu es un homme, avec ses forces et ses faiblesses, ses lumières et ses ombres. Et je t’accepte tout entier. Avec tes ombres. Avec tes ténèbres. Avec tout.Elle marqua une pause, et sa voix se fit plus douce encore.— Je n’ai pas peur de toi, Kael. J’ai peur pour toi. Peur de ce que cette guerre va faire de toi. Peur de ce que tu vas devoir sacrifier pour nous protéger. Peur que tu te perdes en chemin, que tu oublies qui tu es vraiment. Mais de toi, non. De toi, je n’aurai jamais peur.Kael ferma les yeux, et un sanglot silencieux secoua ses épaules. Il ne pleurait pas comme un

  • Crocs Et Résilience   CHAPITRE 160 – Le retour au calme

    Ils montèrent l’escalier en colimaçon, traversèrent le couloir obscur, et Lyra le guida jusqu’à sa chambre. Ce n’était pas la première fois qu’elle entrait dans cette pièce – elle y avait passé la nuit de la pleine lune, assise sur une chaise, à veiller sur son sommeil agité. Mais ce soir, les rôles étaient inversés. C’était lui le blessé. Lui qui avait besoin d’être soigné, protégé, ramené du côté des vivants.Elle referma la porte derrière eux, alluma une bougie sur la table de chevet, et l’aida à s’asseoir sur le bord du lit. Il obéit sans un mot, comme un enfant docile, le regard fixé sur le sol. La couverture avait glissé de ses épaules, et il était là, nu, couvert de sang séché et de poussière, les mains posées sur les genoux, les doigts encore agités de tremblements convulsifs.Lyra s’agenouilla devant lui, trempa un linge dans la bassine d’eau propre qu’une servante avait laissée près de la cheminée, et entreprit de nettoyer le sang sur son visage. Elle le fit avec des gestes

  • Crocs Et Résilience   CHAPITRE 159 – Le retour au calme

    Il ferma les yeux, et une larme coula sur sa joue, roulant jusqu’à la main de Lyra.— Tu dis ça maintenant, murmura-t-il, mais tu ne pourras jamais oublier ce que tu as vu. Chaque fois que tu me regarderas, tu verras cette image. Tu verras le loup. Le monstre.— Ce que je vois, c’est le garçon qui m’a sauvée. Le garçon qui veille devant ma porte la nuit. Le garçon qui m’a promis de reconstruire cette meute avec moi, de la rendre meilleure, plus juste. Tu n’es pas un monstre, Kael. Tu es un guerrier. Un protecteur. Un ami. Et je ne te laisserai pas t’éloigner de moi. Pas ce soir. Pas après ce qui s’est passé.Elle prit son visage entre ses mains, l’obligeant à la regarder, et elle répéta, plus fort :— Je n’ai pas peur de toi, Kael. Je n’aurai plus jamais peur de toi. Tu m’entends ?Il rouvrit les yeux, et dans ses prunelles dorées, il y avait une lueur fragile, vacillante, comme une flamme qui lutte contre le vent. Mais elle était là. Elle était toujours là.— Je t’entends, murmura-t-

  • Crocs Et Résilience   CHAPITRE 158 – Kael la défend

    Et ce qu’elle avait vu dans ses yeux à ce moment-là, cette lueur féroce, presque joyeuse, cette flamme qui dansait au fond de ses prunelles comme une promesse de mort – cela l’avait terrifiée.— Tu as peur de moi, dit Kael d’une voix plate, sans timbre, comme s’il constatait un fait. Tu as peur de moi, et tu as raison. Tu devrais avoir peur. Je suis un monstre, Lyra. Je te l’ai toujours dit. Ce soir, tu l’as vu.— Non, souffla-t-elle, mais sa voix sonnait faux, même à ses propres oreilles.— Ne mens pas. Je t’en prie, ne mens pas. Pas à moi. Pas après ça.Il baissa les yeux, regarda ses mains – ces mains qui, quelques instants plus tôt, étaient des pattes armées de griffes, ces mains qui avaient déchiré la gorge d’une créature vivante. Il les retourna, les examina comme si elles appartenaient à quelqu’un d’autre, comme s’il ne les reconnaissait plus.— Quand j’ai vu cette louve foncer sur toi, reprit-il d’une voix sourde, quelque chose s’est brisé en moi. Quelque chose que j’avais tou

  • Crocs Et Résilience   CHAPITRE 157 – Kael la défend

    Pas Kael. Pas le garçon qui lui apportait du thé le matin, qui veillait devant sa porte la nuit, qui lui avait tenu la main dans le verger et promis de changer le monde. Non. Le loup. La bête. Le prédateur. Ses yeux dorés n’étaient plus chauds ni tendres. Ils brillaient d’un éclat jaune, féroce, presque dément. Ses crocs étaient encore rouges du sang de l’ennemie, sa fourrure hérissée, ses muscles bandés comme des câbles d’acier. Il haletait, et de sa gorge montait un grondement continu, sourd, qui n’avait rien d’humain.Il fit un pas vers elle.Lyra recula.Ce n’était pas volontaire. Ce n’était pas réfléchi. C’était un réflexe, un instinct plus ancien que la raison, plus profond que l’amour, plus fort que la confiance. La peur. La peur pure, viscérale, primitive. La peur que tout être humain ressent face à un prédateur qui vient de tuer. Kael venait de sauver sa vie. Kael venait d’abattre la louve noire qui allait la dévorer. Et pourtant, en le voyant s’avancer vers elle, couvert de

  • Crocs Et Résilience   CHAPITRE 156 – Kael la défend

    La louve noire n’était pas partie.Lyra le comprit trop tard. Elle reculait vers la lisière, oui, elle se fondait dans l’ombre des arbres, oui, mais ce n’était pas une fuite. C’était une feinte. Un repli tactique. La ruse d’un prédateur qui a compris que sa proie était plus coriace que prévu et qui choisit de porter l’estocade autrement. Tapie dans l’obscurité, l’œil valide luisant de haine et de douleur, la bête attendait son heure. Et quand elle vit Lyra baisser sa garde, quand elle vit la jeune fille se tourner vers Kael, quand elle vit leurs doigts s’effleurer et leurs regards se croiser, elle bondit.Ce fut si rapide que personne ne put réagir. Une masse noire jaillit de la forêt, silencieuse comme un cauchemar, les crocs tendus vers la gorge de Lyra. Elle ne hurla pas. Elle n’eut pas le temps. Elle n’eut que le temps de voir la gueule immense s’ouvrir devant elle, de sentir le souffle brûlant de la bête sur son visage, et de penser, avec une lucidité étrange : C’est la fin. C’es

  • Crocs Et Résilience   CHAPITRE 13 – L’annonce

    Les mots sortaient sans qu’elle les contrôle, ridicules, enfantins, pathétiques. Elle les hurlait comme une petite fille perdue dans un supermarché, comme si hurler pouvait changer quoi que ce soit, comme si ses parents pouvaient l’entendre et venir la chercher et la prendre dans leurs bras et lui

  • Crocs Et Résilience   CHAPITRE 12 – L’annonce

    Le hurlement ne vint pas tout de suite.Il resta bloqué quelque part entre sa poitrine et sa gorge, coincé comme un animal pris au piège qui refuse de sortir. Lyra demeura immobile, les yeux grands ouverts sur ce plafond blanc qui n’en finissait pas, ce plafond qui ressemblait à un ciel vide, un ci

  • Crocs Et Résilience   CHAPITRE 11 – L’hôpital (fin)

    Sa mère. Elara. La femme au tablier à fraises, au sourire fatigué, aux mains douces qui lui préparaient du chocolat chaud le matin. Celle qui fredonnait des chansons des années quatre-vingt en faisant la cuisine, qui riait aux blagues nulles de son père, qui s’endormait sur le canapé devant le Mono

  • Crocs Et Résilience   CHAPITRE 10 – L’hôpital

    Le mot était à peine audible, un souffle rauque plus qu’une parole. Mais le médecin hocha la tête, posa sa tablette sur la table de chevet, et lui versa un verre d’eau d’une carafe en plastique. Il le lui tendit sans un mot. Lyra but par petites gorgées, la main gauche tremblante, renversant un peu

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