LOGINLe soir.Le dîner est terminé. Le petit est couché. Nous sommes dans le salon. Les portraits sont là. Sur le mur. Les parents de Valerio. Son père. Sa mère. Sévères. Élégants. Disparus. Et à côté, les miens. Ma mère. Mon père. Ma sœur. Vivants. Présents. Aimants.La famille. Les deux familles. Réunies. Pour toujours.Valerio se tient devant les portraits. Il regarde son père. Longuement. Intensément. Il ne dit rien. Il n'a pas besoin de mots. Son père sait. Là où il est. Il sait. Il est fier. Il est en paix.Je m'approche. Je glisse ma main dans la sienne. Il la serre. Il ne se retourne pas. Il continue de regarder.— Tu crois qu'ils sont fiers ?— Ils sont fiers.— Tu crois qu'ils nous voient ?— Ils nous voient.— Tu crois qu'ils nous aiment ?— Ils nous aiment.Il se retourne. Il me regarde. Ses yeux. Noirs. Profonds. Tendres. Les mêmes yeux qu'au premier jour. Les mêmes y
Il m'embrasse. Un baiser long. Profond. Un baiser qui dit tout. Qui dit l'amour. Qui dit la nuit. Qui dit nous.— Je t'aime.— Je t'aime.— Pour toujours.— Pour toujours.Je ferme les yeux. Je pose ma tête sur sa poitrine. J'écoute son cœur. Il bat. Pour moi. Pour nous. Pour toujours.Et je m'endors. Dans ses bras. Dans la nuit. Dans l'amour.Et le mot "esclave" danse dans ma tête. Non plus comme une chaîne. Non plus comme une plume. Comme une promesse. Une promesse que je me suis faite à moi-même. Une promesse que je lui ai faite à lui. Une promesse que nous nous sommes faite à nous.Pour toujours.XimenaLe soleil entre par les volets entrouverts. Une lumière dorée, estivale, qui glisse sur les draps blancs et vient mourir sur le parquet ciré. Je suis allongée dans le lit de la hacienda, celui que nous partageons depuis des années. Les murs sont épais, les fenêtres hautes, et le si
XimenaLa villa est silencieuse. Les domestiques sont partis. Les lumières sont éteintes. Les rideaux sont tirés. La lune brille à travers les vitres. Une lumière pâle. Argentée. Qui glisse sur le sol. Sur les draps. Sur nos peaux.Nous sommes dans la chambre. La grande chambre. Le lit immense. Les draps blancs. Les bougies. Des dizaines de bougies. Qui brûlent. Qui dansent. Qui éclairent. Qui réchauffent. Qui transforment la nuit en cathédrale. En temple. En sanctuaire.Valerio est debout. Devant la fenêtre. Il regarde les collines. Les vignes. Les cyprès. La nuit. Il ne dit rien. Il attend. Il respire. Ses épaules se soulèvent. Lentement. Profondément. Il est nu. Nu comme au premier jour. Nu comme toujours. Sa peau. Ses muscles. Ses cicatrices. Celles de la balle. Celles de la vie. Celles de l'amour.Je suis assise sur le lit. Je le regarde. Je le dévore des yeux. Je le connais par cœur. Chaque centimètre. Chaque courbe. Chaque relief.
Je prends une inspiration. Je ferme les yeux. Je les rouvre. Je le regarde. Droit dans les yeux. — Premièrement. Tu ne me mens jamais. Jamais. Même pour me protéger. Même pour me faire plaisir. Même pour rien. Jamais. — Jamais. — Deuxièmement. Tu me dis tout. Tout ce que tu penses. Tout ce que tu ressens. Tout ce que tu caches. Tout. — Tout. — Troisièmement. Tu me laisses être moi. Sans juger. Sans contrôler. Sans posséder. Je suis à toi. Mais je suis à moi aussi. Toujours. — Toujours. — Quatrièmement. Tu m'aimes. Même quand je suis insupportable. Même quand je suis têtue. Même quand je suis folle. Même quand je te déteste. — Même quand tu me détestes. — Cinquièmement. Tu me fais rire. Tous les jours. Même les jours sombres. Même les jours de pluie. Même les jours où tout va mal. — Tous les jours. — Sixiè
Ximena L'Italie. Je n'y suis jamais allée. Je n'ai jamais vu la Toscane. Les collines. Les cyprès. Les vignes. Les villages perchés. Les routes sinueuses. Les couleurs. L'ocre. Le vert. Le doré. Tout ce que les peintres ont essayé de capturer. Tout ce que les poètes ont essayé de décrire. Tout ce que je découvre. Maintenant. Avec lui. Nous sommes arrivés hier. Un vol privé. Un petit aéroport. Une voiture de location. Une route qui serpente. Des paysages à couper le souffle. Une villa. Immense. Ancienne. En pierre. Avec des volets verts et des géraniums aux fenêtres. Un jardin. Des oliviers. Des cyprès. Une piscine. Une vue. La vue. Sur les collines. Sur les vignes. Sur le ciel. Valerio m'a dit que c'était un cadeau. Un cadeau pour mon diplôme. Un cadeau pour nous. Un cadeau pour notre nouvelle vie. J'ai ri. J'ai pleuré. Je l'ai embrassé. Je l'ai remercié. Il a haussé les épaules. Il a dit que ce n'était rien
Le soir.Nous dînons dans un petit restaurant. Pas le Ritz. Pas le luxe. Un petit restaurant italien. Une trattoria. Des tables en bois. Des nappes à carreaux. Des bougies. De la musique douce. Des rires. Des conversations. Des vies.Valentina lève son verre.— À Ximena. À la femme la plus forte, la plus belle, la plus intelligente que je connaisse. À ma sœur. À mon amie. À mon modèle.— À Ximena.Nous trinquons. Le vin est rouge. Chaud. Un peu âpre. Il glisse dans ma gorge. Il réchauffe mon ventre. Il colore mes joues.Diego lève son verre.— À Ximena. Et à Serrano. À leur bonheur. À leur amour. À leur avenir. Et à moi. Parce que sans moi, ils seraient morts. Tous les deux. Et je mérite une médaille. Ou au moins un verre.— Diego !— Quoi ? C'est vrai.Il rit. Nous rions. Valerio rit. Un vrai rire. Un rire profond. Un rire qui secoue ses épaules. Un rire qui illumine son visage. Il r







