LOGINJe m'approche, lentement, mes hanches roulant sous le tissu de la robe, mes talons claquant sur le sol, mes seins oscillant à chaque pas. Je m'arrête devant son bureau, et je me penche, mes seins effleurant le bois verni, mon décolleté s'offrant à son regard. Je sens son regard sur ma peau comme une caresse physique. — Tu as vu Isabela aujourd'hui, dis-je. Ce n'est pas une question. C'est une accusation. — Oui. — Elle te touche. Elle te parle. Elle te rit à l'oreille. — C'est une ancienne collègue. — C'est une femme qui te désire. Il ne nie pas. Il ne peut pas nier. Il sait que je l'ai vue, que j'ai vu ses regards, ses touches, ses sourires. Il sait que je ne suis pas stupide. Il se lève, contourne le bureau, s'arrête devant moi. Son regard noir me transperce, mais je ne recule pas. Je le défie. Je so
Ximena Elle arrive à l'université comme une tempête. Isabela. Je la vois dès le premier instant, dès qu'elle franchit les portes de l'amphithéâtre, et quelque chose se glace dans mes veines. Elle est grande, brune, élégante, avec des yeux noirs qui lancent des éclairs et un sourire qui promet des merveilles. Ses cheveux tombent en cascade sur ses épaules, soyeux, parfaits, et sa démarche a la grâce nonchalante de celles qui savent qu'elles sont belles et qu'on les regarde. Isabela. Une ancienne assistante de don Serrano, désormais professeure invitée. Elle a été annoncée la semaine dernière, mais je n'y avais pas prêté attention. Une professeure invitée, parmi tant d'autres. Une conférence, quelques cours, rien de plus. Je n'aurais jamais imaginé... Elle le connaît depuis des années. Je le vois à la façon dont elle s'approche de lui après le cours, à la façon dont elle pose sa main sur son bras, à la façon dont elle se penche vers lui pour lui murmurer quelque chose à l'or
Quelque chose se retourne en moi. Pas de la pitié , non, ce mot est trop petit, trop condescendant pour ce qui circule dans mes veines en cet instant. C'est plus proche de cette sensation quand on tient quelque chose de fragile et qu'on comprend que la seule façon de ne pas le briser est de le serrer plus fort, pas moins. Je m'assois, le drap glissant sur ma peau encore moite. Mes jambes tremblent encore mais je plie les genoux sous moi et je tends la main vers lui. Mes doigts trouvent les siens , ses doigts calleux, ceux qui réparent les moteurs et forgent le métal, qui tremblent maintenant comme ceux d'un enfant devant quelque chose de plus grand que lui. — Viens, murmure-je, et je tire doucement. Il se laisse guider. C'est ça qui me défait , la façon dont il cède, la façon dont ce corps musclé, cette peau brune et chaude, ces mains qui pourraient soulever une enclume se laissent mener par ma main faible. Il s'allonge sur le dos, et le matelas grince sous son poids. Ses cheveu
Quelque chose se serre dans ma poitrine. Pas de la douleur , quelque chose de plus dense, de plus lourd, qui s'installe derrière mon sternum comme une pierre chaude. Je me redresse, m'appuyant sur mon propre coude, et nos visages sont maintenant à la même hauteur. Je peux voir les cils de ses yeux, la cicatrice fine au coin de sa mâchoire, la façon dont ses lèvres sont légèrement entrouvertes. — Continue. — Eres todo lo que siempre quise. Tout ce que j'ai toujours voulu. Todo. Cada parte de ti. Chaque partie de toi. Cada respiración. Chaque respiration. Ma main part d'elle-même, se pose sur sa joue. Sa barbe courte gratte ma paume. Il ferme les yeux une seconde, et quand il les rouvre, ils sont brillants , pas de larmes, pas tout à fait, mais cette lueur vitreuse qui précède le débordement. — No te vayas nunca, dit-il. Ne pars jamais.
Je gémis contre elle. Le son , grave, humide, presque animal , se propage dans ma chair. Ma langue tourne autour de son clitoris, pas directement dessus, autour, traçant des cercles lents qui me font trembler des cuisses. Mes mains tiennent ses hanches ouvertes, fermes mais douces, et je ne bouge pas vite. Je ne bouge pas vite du tout. Chaque coup de langue est une promesse. Chaque baiser est un serment. Chaque gémissement qui monte de ma gorge et vibre contre sa chair est un mot que je ne sais pas dire en français. — No te vayas nunca, murmuro-je contre elle, ma bouche pleine d'elle, ma voix déformée par le désir et par les larmes que je retiens. Ne pars jamais. Je ne comprends pas. Pas les mots. Mais mes mains trouvent mes cheveux, et mes doigts s'enfoncent dans mes mèches noires, et je murmure mon nom encore et encore, comme une réponse, comme un serment que je ne sais pas non plus formuler autrement.
Je murmure ça contre sa clavicule, là où je viens de poser mes lèvres. Un baiser sec, presque chaste. Puis un autre, un centimètre plus bas. Et un autre. Et un autre. Chaque baiser est une phrase, chaque contact de mes lèvres un mot que je n'arrive pas à dire autrement. Je défais sa jupe. Le bouton d'abord , mes doigts luttent, tremblent, et j'ai un sourire nerveux, presque gêné, qui me serre le cœur. Puis la fermeture éclair. Puis le tissu qui glisse sur ses cuisses. Je reste un moment immobile, à genoux, regardant ses jambes. Mes mains reposent sur ses genoux, immobiles aussi. Mon souffle s'est accéléré , je vois mon torse se soulever rapidement, les muscles de mon abdomen se contracter. — Alejandro … Mon prénom dans sa bouche. Je lève les yeux. Il y a quelque chose de brisé dans mon regard, quelque chose de trop grand pour mon visage. — No tengas miedo, me susurro. N'aie pas peur.







