LOGINLa Proie du Milliardaire « 90 jours dans mon lit. Ton nom sur mon contrat. Et je sauve ta sœur. » Naomi n'a plus rien qu'une boutique en ruine et une petite sœur condamnée. Alors quand Adrian Kessler, l'homme le plus dangereux de la ville, pose ses conditions, elle n'a pas le choix. Elle signe. Elle devient sa femme. Sa possession. Son obsession. Il jure la protéger de tout. Mais chaque nuit passée dans ses bras la rapproche du piège qu'il a lui-même tissé. Car Adrian ne l'a pas choisie par hasard. Il la connaît depuis l'enfance. Et il attend ce moment depuis toujours. Quand la vérité éclate, Naomi n'a que deux options : fuir l'homme qui a orchestré sa ruine... ou l'aimer jusqu'à se perdre. Et si le véritable danger n'était pas Adrian mais sa propre mère ?
View MoreChapitre 1 — La lettre qui brise tout
Naomi
Je tiens la lettre entre mes doigts, et mes mains tremblent tellement que le papier menace de se déchirer. La sueur perle sur mon front malgré la chaleur douce de ce matin à Porto-Novo. Dehors, les vendeuses du marché interpellent déjà les passants, les klaxons des zémidjans déchirent l'air, la vie grouille comme chaque jour. Mais moi, je suis figée.
La lettre est officielle. Tamponnée. Signée par un notaire que je ne connais pas.
Mise en demeure de saisie immobilière pour dette non honorée : 47 231 000 francs CFA.
Quarante-sept millions. Quarante-sept millions de francs que je n'ai jamais empruntés. Que je n'ai jamais vus. Que je ne dois pas.
Je relis la ligne trois fois. Quatre fois. Mon cerveau refuse de comprendre. Mon nom est bien écrit noir sur blanc. Naomi Adjovi, propriétaire du fonds de commerce Fleur de Vie, sise à Porto-Novo. Mon adresse. Mon numéro de registre. Tout est exact.
Je m'assois lentement sur le tabouret derrière le comptoir, les jambes coupées. Autour de moi, mes fleurs embaument. Les roses rouges que j'ai reçues hier. Les lys blancs qui commencent à peine à s'ouvrir. Les tournesols que Léa adore. Mon petit royaume. Mon seul bien. Mon unique héritage de maman.
— Naomi ?
La voix de Léa me fait sursauter. Ma petite sœur apparaît dans l'encadrement de la porte arrière, ses tresses attachées en couronne, son uniforme d'école encore froissé. Elle tient son cartable contre sa poitrine comme un bouclier.
— Tu es toute pâle. Qu'est-ce qu'il y a ?
Je fourre la lettre dans la poche de mon tablier. Trop vite. Elle le remarque. Elle remarque toujours tout.
— Rien, ma chérie. Des papiers ennuyeux. Tu as mangé ?
— Naomi.
Sa voix est ferme. À quatorze ans, Léa a déjà compris que le monde n'est pas tendre. Elle a appris à lire mes silences, mes faux sourires, mes mains qui se crispent. Elle a grandi trop vite, ma petite sœur. La maladie l'a forcée à mûrir avant l'heure.
— Ce n'est rien, je te dis. Va à l'école. Tu vas être en retard.
Elle hésite. Ses yeux noirs me sondent. Puis elle hoche la tête, ajuste son cartable et disparaît dans la ruelle.
Je reste seule. La lettre me brûle la poche.
Je la sors de nouveau. Je cherche une explication. Un nom. Une signature. Au bas de la page, en petits caractères : Créancier : M. S. Valmont, représenté par le cabinet Kessler & Associés.
Valmont. Kessler. Ces noms ne me disent rien. Je n'ai jamais emprunté un centime à quiconque. Je n'ai jamais signé de papier. Mon ex, Éric, a peut-être fait quelque chose dans mon dos. Cet homme était un poison. Un joueur. Un menteur. Il est parti il y a huit mois en me laissant des dettes que j'ai mis des mois à rembourser. Mais ça... ça, c'est autre chose. C'est un gouffre.
Quarante-sept millions.
Je ferme les yeux. Léa a besoin d'une opération cardiaque. Trente millions. Les médecins ont été clairs : sans cette intervention, son cœur lâchera avant ses quinze ans. Je travaille jour et nuit pour économiser. Je vends des fleurs, des compositions, des bouquets de mariage. Je fais des heures supplémentaires chez les particuliers. Je me prive de tout. Et malgré ça, je n'ai réuni que quatre millions en un an.
Quatre millions sur trente.
Et maintenant, on me réclame quarante-sept millions.
Je ris. Un rire amer, brisé, qui résonne dans le silence de la boutique. C'est absurde. C'est une erreur. C'est un cauchemar.
La clochette de la porte tinte.
Je relève la tête, prête à accueillir un client avec mon sourire de circonstance. Mais l'homme qui se tient dans l'encadrement n'est pas un client.
Il est grand. Très grand. Ses épaules remplissent presque toute la porte. Il porte un costume noir, coupé sur mesure, d'une élégance qui n'a rien à faire dans ma petite boutique de quartier. Sa chemise est blanche, impeccable. Pas de cravate. Ses cheveux sont bruns, coupés court, ses mâchoires ciselées comme du marbre. Et ses yeux...
Ses yeux sont gris. D'un gris d'orage. D'un gris qui vous transperce et vous vide de toute pensée.
Il me regarde. Longuement. Sans un mot. Comme s'il me reconnaissait. Comme s'il m'attendait.
Un frisson me parcourt la nuque. Pas de peur. Quelque chose de plus étrange. De plus profond. Un écho. Une sensation de déjà-vu.
— Bonjour, dis-je, la voix moins assurée que je ne le voudrais. Je peux vous aider ?
Il ne répond pas tout de suite. Il avance d'un pas. Puis d'un autre. Ses chaussures claquent sur le carrelage usé. Il s'arrête devant le comptoir. Il est si proche que je sens son parfum. Boisé. Cher. Envahissant.
— Naomi Adjovi, dit-il enfin.
Ce n'est pas une question. C'est une constatation. Il connaît mon nom. Bien sûr qu'il le connaît. C'est écrit sur la lettre. Mais sa voix... sa voix me fait l'effet d'un coup au ventre. Grave. Contrôlée. Dangereuse.
— Qui êtes-vous ? je demande.
Il incline légèrement la tête. Un sourire étire à peine le coin de ses lèvres. Un sourire qui ne monte pas jusqu'aux yeux.
— Adrian Kessler.
Kessler. Le nom de la lettre. Cabinet Kessler & Associés. Mon sang se glace.
— C'est vous qui m'avez envoyé ça ? je demande en sortant la lettre de ma poche.
Il jette un coup d'œil au papier. Puis son regard revient sur moi. Calme. Impassible.
— C'est moi qui ai racheté votre dette.
— Je n'ai pas de dette ! J'ai jamais emprunté cet argent ! C'est une erreur ! C'est...
— Ce n'est pas une erreur.
Sa voix claque. Froide. Définitive. Je m'arrête net.
— Votre ex-compagnon, Éric Dossou, a signé ces papiers en votre nom. Il a utilisé votre registre de commerce, votre signature, votre identité. Il a emprunté quarante-sept millions à une société qui m'appartient. Il n'a jamais remboursé. Et il a disparu. Vous êtes la seule garante restante.
Je secoue la tête. Non. Non, non, non.
— Je ne savais pas. Je n'ai rien signé. Je...
— La loi ne s'intéresse pas à ce que vous saviez. La loi s'intéresse à ce qui est écrit.
Il sort une liasse de papiers de la poche intérieure de sa veste. Il les pose sur le comptoir. Je reconnais ma signature. Imitée. Mais crédible. Terriblement crédible.
— Vous avez soixante jours pour payer, dit-il. Sinon, la boutique est saisie. Et vous perdez tout.
Tout. Ma boutique. Mon gagne-pain. Le seul endroit où je me sens chez moi. Le seul endroit où Léa vient m'aider le mercredi après-midi. Le seul endroit où maman a travaillé avant de mourir.
Ma gorge se serre. Je refuse de pleurer devant cet homme. Je refuse de lui donner cette satisfaction.
— Je n'ai pas quarante-sept millions, dis-je, la voix rauque. Vous le savez. Vous avez vu mes comptes. Vous savez que je n'ai rien.
— Je sais.
— Alors pourquoi venir ? Pour m'humilier ? Pour me regarder m'effondrer ?
Il ne répond pas. Il me fixe. Ses yeux gris semblent lire en moi comme dans un livre ouvert. Je détourne le regard.
— J'ai une proposition, dit-il.
Je relève la tête. Méfiante.
— Une proposition ?
— Votre sœur a besoin d'une opération. Trente millions. Je peux la payer.
Mon cœur s'arrête. Comment sait-il pour Léa ? Comment sait-il pour l'opération ? Personne n'est au courant. Personne, à part le médecin et moi.
— Comment...
— Je sais tout de vous, Naomi. Absolument tout.
Un silence. Lourd. Terrible. Il me connaît. Il me connaît depuis... depuis quand ? Qui est cet homme ? Pourquoi me regarde-t-il comme s'il me devait quelque chose ? Comme s'il m'en voulait ? Comme s'il m'aimait ?
— Qu'est-ce que vous voulez ? je demande, la voix brisée.
Il se penche légèrement vers moi. Son visage est si proche que je pourrais compter ses cils. Il sent le bois de santal et la menthe froide.
— Quatre-vingt-dix jours, dit-il. Vous venez vivre chez moi. Vous dormez dans mon lit. Vous portez mon nom. Vous êtes à moi. Corps et âme. Et en échange...
Il marque une pause. Il veut que je comprenne. Il veut que je mesure.
— En échange, j'efface toutes vos dettes. Je paie l'opération de votre sœur. Je vous protège de tout. Absolument tout.
Je le fixe. Incrédule. Horrifiée. Et pourtant... pourtant, une petite voix au fond de moi murmure quelque chose que je refuse d'entendre.
— Vous êtes fou, je souffle.
— Non. Je suis patient.
Il se redresse. Il ajuste ses manchettes. Il me regarde une dernière fois. Et dans ce regard, je vois quelque chose qui me terrifie. Quelque chose de familier. Quelque chose que je ne m'explique pas.
— Réfléchissez, Naomi. Mais pas trop longtemps. Léa n'a pas quatre-vingt-dix jours.
Il se retourne. Il marche vers la porte. Il pose la main sur la poignée.
— Attendez !
Il s'arrête. Il ne se retourne pas.
— Pourquoi moi ? Pourquoi moi ?
Un silence. Puis, sans se retourner, d'une voix si basse que je dois tendre l'oreille pour l'entendre :
— Parce que tu m'appartiens depuis toujours. Tu ne le sais pas encore.
La porte se referme. La clochette tinte. Il est parti.
Je reste seule. Tremblante. Le souffle court. Les larmes que j'ai retenues roulent enfin sur mes joues.
Qui est cet homme ? Pourquoi me connaît-il ? Pourquoi veut-il me posséder ?
Et pourquoi, malgré la peur, malgré la colère, malgré tout... mon corps entier brûle-t-il encore de son parfum ?
Je regarde la lettre. Les quarante-sept millions. Léa. L'opération. Les quatre-vingt-dix jours.
Et je comprends, avec une clarté glaciale, que ma vie vient de basculer.
Que je le veuille ou non.
Qu'il m'attende ou non.
Adrian Kessler est entré dans ma vie comme on entre en guerre.
Et je ne suis pas sûre d'en sortir vivante.
Chapitre 10 — La mèreNaomiLe lendemain matin, je descends petit-déjeuner avec une boule au ventre.Je n'ai pas dormi. J'ai passé la nuit à revoir les carnets. Les photos. Les mots. Je vous aime depuis toujours. Pour toujours. Je les ai lus. Tous. Chaque page. Chaque ligne. Chaque aveu.Je connais Adrian Kessler maintenant. Je connais son enfance. Sa solitude. Sa mère cruelle. Son père absent. Sa souffrance. Je connais tout. Et malgré moi... malgré tout... je le comprends.Mais je ne lui pardonne pas.Je ne peux pas.La salle à manger est silencieuse. Adrian est là. Il boit son café. Il lit son journal. Il lève les yeux quand j'entre.— Vous avez lu les carnets.— Oui.— Tous ?— Tous.— Et ?— Et je ne sais plus quoi penser.Il hoche la tête. Il ne sourit pas. Il ne triomphe pas. Il attend.— Je ne vous pardonne pas, je dis. Je ne vous pardonnerai jamais.— Je sais.— Mais je... je ne peux pas vous haïr non plus. Et ça me rend folle.— Je sais.— Arrêtez de dire je sais !Ma voix cl
Chapitre 9 — Le manoir aux mille secretsNaomiLéa est stable.Les médecins disent qu'elle va se rétablir. Qu'elle pourra rentrer dans deux semaines. Qu'elle vivra. Vraiment. Longtemps. Normalement.Je devrais être soulagée. Je devrais être heureuse. Et je le suis. Quelque part. Au fond de moi. Mais il y a autre chose. Une ombre. Une inquiétude. Une peur que je n'arrive pas à nommer.Parce que maintenant, il n'y a plus d'excuse.Léa est sauvée. L'opération est payée. Le contrat est signé. Et je dois rentrer au manoir. Avec lui. Pour quatre-vingt-sept jours. Quatre-vingt-sept jours qui me séparent encore de ma liberté.Karl vient me chercher à l'hôpital à dix-huit heures. Léa dort. Je l'embrasse sur le front. Je lui murmure que je reviendrai demain. Elle sourit dans son sommeil. Elle ne sait pas. Elle ne sait pas ce que je fais pour elle. Elle ne saura jamais.La berline noire m'attend devant l'entrée. Karl ouvre la portière. Je monte. Je regarde l'hôpital s'éloigner. Les lumières. Les
Chapitre 8 — Le réveilNaomiLe soleil se lève sur Cotonou.Je n'ai pas dormi. Pas une seconde. J'ai passé la nuit dans un fauteuil, à côté du lit de Léa. Les machines ont bipé. Les infirmières sont passées. Le temps a avancé. Lentement. Doucement. Chaque minute m'a semblé une heure. Chaque heure m'a semblé une vie.À six heures, on vient chercher Léa. On la roule vers le bloc opératoire. Je marche à côté d'elle. Je tiens sa main. Sa petite main. Froide. Fragile. Elle ouvre les yeux. Un instant. Un sourire faible.— Naomi...— Je suis là, ma chérie. Je suis là.— J'ai peur.— N'aie pas peur. Tout va bien se passer. Je te le promets.— Tu me le jures ?— Je te le jure. Sur la tête de maman.Elle hoche la tête. Elle ferme les yeux. Les portes du bloc se ferment. On me demande d'attendre. J'attends. Dans le couloir. Sur une chaise en plastique. Les mains croisées. Les yeux fixés sur la porte.Adrian est là. Il est arrivé à l'aube. Il est assis à quelques mètres. Silencieux. Immobile. Il
Chapitre 7 — Le prix du silenceNaomiL'hôpital sent l'antiseptique et la peur.Je connais cette odeur. Je la connais trop bien. J'ai passé des nuits ici. Des nuits à regarder Léa dormir. Des nuits à prier. Des nuits à pleurer.Ce soir, je suis dans sa chambre. Elle dort. Les machines bipent. Les perfusions coulent. Son visage est pâle. Ses lèvres sont sèches. Mais elle est vivante. Elle est là. Elle est encore là.Je tiens sa main. Sa petite main. Fine. Fragile. Je la serre. Je la caresse. Je la protège. Comme je l'ai toujours fait. Comme je le ferai toujours.Adrian est dans le couloir. Il attend. Il n'entre pas. Il ne veut pas troubler ce moment. Ce moment entre sœurs. Ce moment sacré.Je regarde Léa. Je lui parle. Doucement. À voix basse. Pour qu'elle m'entende. Même dans son sommeil. Même dans ses rêves.— Tu vas t'en sortir, ma chérie. Tu vas vivre. Tu vas grandir. Tu vas être heureuse. Je te le promets. Je te le jure. Sur la tête de maman. Sur ma vie. Sur tout.Une larme roule






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